Un barrage rempli d’eau pour circonscrire l’inondation

Ces structures gonflables représentent une innovation majeure en termes de prévention et de gestion des risques nés des inondations. Le principe est simple : combattre le facteur déclencheur par lui-même, autrement dit, utiliser l’eau pour endiguer les crues et les inondations. Ces « boudins » sont tout simplement des boyaux de plus de 1 m de circonférence, gonflés avec l’eau du cours d’eau qui a débordé. Ils sont faciles à transporter (avant leur gonflement) et demandent moins de deux heures d’installation. Pour mettre en place 200 m de « barrière », seulement quatre agents suffisent. De plus, ils sont stables, ont une bonne résistance aux courants et ils s’adaptent aux formes du terrain puisqu’ils sont remplis d’eau. Ces barrages représentent un atout non négligeable pour à la fois protéger des zones de crues menaçantes et maintenir le trop-plein d’eau en l’emprisonnant, ou, au contraire, pour entourer une zone déjà inondée que l’on veut assécher (grâce au pompage).

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Des barrages anti-inondation © SC

Grâce aux enseignements tirés des retours d’expérience des différentes crues de ces dernières années, la direction de la Sécurité civile a élaboré un procédé qui utilise l’eau de l’inondation pour endiguer la crue d’un cours d’eau. Aussi, en 2008 elle a acquis plusieurs kilomètres de barrage anti-inondation.

Ce matériel est constitué de deux tubes souples et parallèles divisés en sections de 100 ou 200 m raccordées par des jonctions et obstruées à chaque extrémité par des terminaux en aluminium. Une fois déployés, les tubes de chaque section sont remplis simultanément avec l’eau de la rivière ou du fleuve qui menace de déborder. Ils constituent alors un barrage d’un diamètre de 1,25 m qui permet de retenir une hauteur d’eau de 1 m et qui exerce au sol une pression de 2,5 tonnes par mètre linéaire.

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Des barrages anti-inondation © SC

Si le barrage peut être employé à titre préventif lorsque l’inondation est annoncée, il peut également être utilisé à titre curatif. Dans ce dernier cas, le dispositif est déployé dans le milieu inondé, puis l’eau qui se trouve à l’intérieur du barrage est pompée et rejetée à l’extérieur. Il est ainsi possible de protéger des zones sensibles (comprenant des bâtiments administratifs, des activités économiques et stratégiques) même lorsqu’elles ont déjà été envahies par l’eau.

Des matériels toujours prêts pour répondre aux catastrophes

Cet équipement fait partie des matériels de la réserve nationale stockés et utilisés par les formations militaires de la Sécurité civile et les quatre établissements de soutien opérationnel et logistique répartis sur le territoire français. Ces matériels sont destinés au secours et à la protection des personnes et des biens en cas de catastrophe naturelle ou technologique, en complément des moyens des collectivités territoriales. Ils concernent notamment la production et l’adduction d’eau potable, la dépollution, le sauvetage et le déblaiement (lors de séismes), la production d’énergie et d’éclairage extérieur, les équipements de protection contre les menaces nucléaires, radiologiques, biologiques, chimiques et explosives (NRBCE), l’hébergement d’urgence, la restauration, le pompage et la lutte contre les inondations...

Concernant les inondations, outre les barrages, les établissements de soutien opérationnel et logistique disposent de plateformes et de passerelles modulaires flottantes permettant de désenclaver les zones isolées par l’eau et surtout de puissants moyens de pompage atteignant une capacité totale de 52 000 m3/ h. Ces moyens ont été massivement utilisés en Charente-Maritime et en Vendée au mois de mars 2010 pour faire face aux conséquences de la tempête Xynthia.

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