Soutenir et coordonner les acteurs du secours Une compétence

Par Jean Benet, sous-directeur des sapeurs-pompiers et des acteurs du secours

La sous-direction des sapeurs-pompiers et des acteurs du secours (SDSPAS) garantit la cohérence entre les différentes entités qui composent la Sécurité civile. Formation, doctrine opérationnelle, politique sociale, volontariat… elle intervient dans tous ces secteurs pour promouvoir un modèle d’organisation performant.

« L’État est garant de la cohérence de la sécurité civile au plan national. Il en définit la doctrine et coordonne ses moyens ».
L’article premier de la loi de modernisation de la Sécurité civile définit de manière claire et concise, les missions de la quarantaine de fonctionnaires de la sous-direction des sapeurs-pompiers et des acteurs du secours (SDSPAS), à la direction de la Sécurité civile.

L’histoire de la Sécurité civile, et en particulier celle de ses premiers acteurs, les sapeurs-pompiers, trouve sa source dans l’engagement de citoyens volontaires au service de la protection de leur commune. Malgré la départementalisation de 1996, les 8 000 centres de secours armés par 200 000 sapeurs-pompiers volontaires restent le socle de notre organisation nationale, comme l’a dernièrement rappelé la commission « Ambition volontariat » présidée par Luc Ferry.

Le socle de l’organisation : les sapeurs-pompiers

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© A. Jimenez, SC

L’originalité du modèle français réside dans l’articulation entre un cadre, garant de l’égalité et de la solidarité entre les citoyens et les territoires, et l’initiative locale, ressort fondamental de l’engagement individuel au sein des services d’incendie et de secours ou chez les acteurs associatifs.

La SDSPAS a pour mission principale d’assurer cette articulation en application du principe de subsidiarité. Elle agit là et seulement là, où le niveau local n’est plus en capacité d’apporter une réponse efficace.

À ce titre, elle a en charge le cadre juridique national et européen dans lequel les acteurs locaux remplissent leurs missions. Le référentiel commun aux services départementaux d’incendie et de secours et au service d’aide médicale urgente (Sdis-Samu) sur le secours à la personne a ainsi permis de moderniser le partenariat entre ces deux services publics pour apporter à nos concitoyens les secours d’urgence les mieux adaptés à leur détresse.

La sous-direction fait évoluer le statut des sapeurs-pompiers professionnels. Elle a notamment engagé une réforme ambitieuse des emplois supérieurs des Sdis pour une meilleure cohérence avec les enjeux d’un management moderne. La SDSPAS organise chaque année le recrutement des officiers de sapeurs-pompiers, y compris les « képis rouges » (c’est-à-dire les 10 000 sapeurs-pompiers médecins et infirmiers du service de santé et de secours médical). Elle assure également la tutelle de l’École nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers.

La politique de soutien au volontariat, qui constitue 80 % des ressources humaines des Sdis, guide l’action quotidienne des agents de la SDSPAS. Il s’agit d’offrir aux acteurs locaux la « trousse à outils » qui leur permettra de recruter, de former et d’équiper les sapeurs-pompiers volontaires et les bénévoles des associations agrées de sécurité civile.

En outre, c’est au travers de plus de 1 500 indicateurs nationaux, zonaux, régionaux et départementaux mis à jour annuellement, que la sous-direction remplit sa mission d’information et d’éclairage des maires, des conseillers généraux et de la représentation nationale.

La coordination, maître-mot des secours

La sous-direction élabore par ailleurs des référentiels nationaux sur la formation, les techniques opérationnelles, les matériels et équipements ainsi que les systèmes d’information et de transmission afin que l’ensemble des acteurs soient à tout moment, en situation d’interopérer entre eux.Ainsi, la sécurité et l’efficacité des sapeurs-pompiers du Nord de l’hexagone, lorsqu’ils interviennent pour appuyer l’action de leurs camarades du Sud confrontés aux feux de forêts, impose une culture opérationnelle, des protocoles et des outils partagés et connus de tous.

La SDSPAS ne commande pas, au sens militaire du terme, les 250 000 sapeurs-pompiers et les bénévoles des associations de sécurité civile. Elle oriente, guide et accompagne leurs actions locales pour garantir la cohérence de la sécurité civile au niveau national. Ses agents appliquent finalement, un mode de gouvernance très « européen », fondé sur le principe de subsidiarité.