Quand le feu grimpe les étages ! Comment ça marche ?

En France, les incendies domestiques se déclarent au rythme d’un départ de feu toutes les deux minutes !

Ils affectent tous les types d’habitations, y compris les tours et barres d’immeubles, très répandues dans les zones urbaines et périurbaines. Focus sur les spécificités de ce type de bâtiment en cas d’incendie.

Un immeuble en feu

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Les photos montrent l’évolution d’un incendie en façade. Avant d’être maîtrisé, le feu s’est propagé sur cinq étages, en progressant sous les dalles d’isolation ! En effet, les incendies concernant ce type de construction peuvent aussi bien se développer à l’extérieur qu’à l’intérieur de bâtiment.

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L’échelle pivotante © BSPP

La progression de l’incendie à l’extérieur : le feu de façade
Les incendies de tours et de barres d’immeubles se caractérisent par le risque de feu de façade (1). Ces feux sont particulièrement dangereux lorsque la façade de l’immeuble est exposée au vent (2) et qu’il existe un risque de reflux des flammes et des fumées à l’intérieur des appartements. Dans le cadre des nouvelles normes environnementales, l’isolation de bâtiments (3) est au cœur des préoc- cupations actuelles car les matériaux utilisés s’avèrent parfois être combus- tibles. Les feux de façade sont égale- ment favorisés par les balcons encombrés d’objets (4) qui peuvent s’enflammer lorsqu’ils sont atteints par les flammes provenant de l’étage inférieur.

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(4) - © R. Dosne

À l’intérieur : empêcher la propagation du feu et préserver les installations de sécurité incendie
Si le danger peut venir de l’extérieur, il peut aussi venir de l’intérieur du bâtiment. Par exemple, la propagation des flammes et de la fumée est significativement accélérée lorsque les portes sont laissées ouvertes (5) ou sont détériorées. Il est donc absolument nécessaire de fermer les portes entre le ou les appartements incendiés et le couloir ainsi qu’entre le couloir et l’escalier. L’escalier devient la seule issue de secours fiable car il est encloisonné, donc à l’abri des fumées. En outre, il ne faut jamais prendre l’ascenseur qui risquerait d’être bloqué par le feu entre les étages ! Par ailleurs, il est très important de préserver les installations de sécurité incendie. Dans chaque immeuble d’une hauteur inférieure à 50 mètres, on trouve une « colonne sèche » (6, 7). C’est une canalisation desservant les étages et les sous-sols du bâtiment à partir de chaque cage d’escalier. Elle est équipée de prises permettant de la raccorder aux lances incendie. En cas de sinistre, ce dispositif de lutte contre l’incendie est approvisionné en eau par les véhicules des sapeurs-pompiers. La colonne sèche assure ainsi l’approvisionnement des soldats du feu intervenant dans les étages de l’immeuble.

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(5) - © R. Dosne
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(7) - © R. Dosne
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(8) - © R. Dosne

Cependant, elles sont parfois dégradées par l’introduction d’objets ou le vol de vannes et de raccords (6). En outre, par souci d’esthétisme, la copropriété dissimule parfois la prise de raccordement (7), empêchant les pompiers de la localiser rapidement et d’y raccorder les lances incendie.

Dans certains immeubles, des installations bloquent l’accès au toit et empêchent l’ouverture du dôme de désenfumage (8). Cela entrave l’évacuation des fumées et des gaz chauds en cas d’incendie et favorise leur accumulation dans la partie haute de l’immeuble. Or ce phénomène peut engendrer un embrasement généralisé éclair (cf. Le feu dans tous ses éclats).

Faciliter l’accès et le travail des sapeurs-pompiers

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(9) - © R. Dosne
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(10) - © R. Dosne


Le stationnement sauvage au pied de l’immeuble (9) peut empêcher les véhicules de secours de s’approcher de la façade du bâtiment et de déployer les échelles pivotantes, souvent appelées « grandes échelles ». En effet, pour attaquer les incendies d’immeubles (surtout en cas de feu de façade), les sapeurs-pompiers utilisent, dans la mesure du possible, des échelles pivotantes automatiques (10). Lorsque les couloirs et les escaliers sont impraticables, les échelles permettent le sauvetage et l’évacuation des occupants ainsi que l’acheminement des sapeurs-pompiers et de matériels. Cependant, leur utilisation est restreinte aux étages inférieurs car leur extension est souvent limitée à une hauteur de 28 mètres.

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