Quand la terre souille la mer Fuite d’une raffinerie

En mars 2008, plusieurs centaines de tonnes d’hydrocarbures se sont déversées dans l’estuaire de la Loire suite à une rupture de canalisation de chargement pour pétrolier. Une cellule de protection est mise en place en urgence par la préfecture, composée d’experts de nombreuses institutions. Un chantier de dépollution des rives commence. La plus grande pollution est observée sur l’interface terre-mer. Les oiseaux qui logent sur le littoral ont été souillés, la Ligue pour la protection des oiseaux lance une opération de nettoyage. La pêche professionnelle et de loisirs est interdite, le ramassage de coquillages également. Il faudra attendre un mois pour voir cette interdiction levée. La conchyliculture est aussi touchée, tout comme l’économie agricole pastorale, puisque les prés littoraux ont été pollués. C’est bien tout un système économique et environnemental qui se voit perturbé par ces nappes de fioul lourd. Plusieurs mois seront nécessaires pour dépolluer.

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Pollution par hydrocarbures dans l’estuaire de la Loire © A. Le Magueresse, Ifremer

Le 16 mars 2008, au cours du chargement d’un pétrolier, une canalisation corrodée de la raffinerie de Donges, en Loire- Atlantique, provoque le déversement de près de 180 tonnes de fioul lourd dans l’estuaire de la Loire. Cet accident n’est pas détecté immédiatement mais le signalement de traînées d’hydrocarbures sur le fleuve provoque aussitôt le déclenchement de l’alerte et en moins de trente minutes, son origine est identifiée et la fuite stoppée.

Il ressort de reconnaissances aériennes et terrestres, que près de 500 tonnes de fioul lourd se sont répandues sur le site de la raffinerie et une partie, estimée à 180 tonnes, s’est déversée dans la Loire. La nappe s’est progressivement dispersée dans l’estuaire, en fonction des courants de marée et du vent. La commune de Paimboeuf est particulièrement touchée ainsi que les prairies humides bordées de roselières, situées à l’intérieur du périmètre d’un site « Natura 2000 ». Le littoral non plus n’est pas épargné puisque des galettes d’hydrocarbure se sont échouées également sur les plages sur près de 200 km, atteignant même l’Île d’Oléron deux semaines plus tard.

Des opérations de récupération en mer et dans l’estuaire sont organisées rapidement. Le navire récupérateur Argonaute, affrété par la Marine nationale, intervient à l’embouchure de la Loire avec un chalut. Deux chalutiers collectent des boulettes dans l’estuaire et plusieurs barrages antipollution sont mis en place, notamment pour protéger les étiers (canaux servant à conduire l’eau de mer dans les marais salants). Une intervention dans un estuaire n’est pas sans poser de difficultés compte tenu des eaux peu profondes et des forts courants qui le caractérisent.

Trois mois de travail de dépollution

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Pollution par hydrocarbures dans l’estuaire de la Loire © A. Le Magueresse, Ifremer
Le 16 mars 2008, au cours du chargement d’un pétrolier, une canalisation corrodée de la raffinerie de Donges, en Loire-Atlantique, provoque le déversement de près de 180 tonnes de fioul lourd dans l’estuaire de la Loire. La faune et la flore sont durement touchées. Les opérations de nettoyage dureront 3 mois.

De son côté, l’exploitant de la raffinerie mobilise rapidement jusqu’à 750 personnes par jour, équipées de matériels de protection, sur les chantiers de dépollution des berges. Les employés communaux et du conseil général, les sapeurs-pompiers et les formations militaires de la Sécurité civile sont à pied d’oeuvre. Les opérations de nettoyage vont durer jusqu’au mois de juin. À l’intérieur de la raffinerie, une aire de stockage et de prétraitement des déchets est aménagée sur deux hectares. Des cellules séparées sont créées pour accueillir et trier les matériaux récupérés. Chaque type de déchet est alors dirigé vers une filière de traitement particulière en fonction de sa nature et de son degré de contamination. Au final, les 180 tonnes d’hydrocarbures déversées dans la Loire auront été à l’origine de plus de 5 000 tonnes de polluant et matériaux pollués à traiter.

Le 17 mars, un arrêté préfectoral interdit la pêche maritime professionnelle et de loisir ainsi que les activités de cultures marines et la commercialisation des produits aquacoles. Des prélèvements réguliers sont effectués pour identifier une éventuelle contamination de l’eau et des coquillages. L’ensemble de ces interdictions est définitivement levé un mois plus tard. Il est à noter que les oiseaux seront également touchés par cette catastrophe. Les espèces concernées sont principalement des fous de Bassan, mais également des guillemots et des pingouins.

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