Paris perdu, la crue de 1910 Crue de la seine à Paris, passage d’habitants à Javel

Cette photo a été prise en 1910, lors de la crue de la Seine à Paris.À cause d’intenses épisodes pluvieux dans la moitié nord de la France, de fin janvier à mi-mars 1910, les débits des cours d’eau augmentent dangereusement, les rivières sortent de leur lit majeur, la Seine se gonfle et provoque des inondations inhabituelles. Le quartier populaire de Javel a été inondé en moins de six heures à en croire les témoignages d’époque. Cette rapidité s’explique par sa position géographique à la sortie d’un méandre de la Seine, ce qui accélère le débit de l’eau, encore plus en période de crue. Les pouvoirs publics n’étaient pas préparés à une telle crue.

Cette photographie illustre bien la difficulté de porter assistance aux personnes. Face aux effets de ce sinistre, les habitants, solidaires, constituent les principaux moyens de secours. Ici quelques individus, en barque, prennent l’initiative de venir évacuer les sinistrés.

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Portfolio : Crue de la Seine, Paris. Passage des habitants à Javel
Source de l’image : www.seineenpartage.fr

En janvier 1910, la Seine connaît une crue d’une intensité exceptionnelle. L’eau envahit Paris et sa région. Si la capitale en célèbre cette année le centenaire, c’est avant tout pour alerter le public sur les conséquences désastreuses qu’une nouvelle crue pourrait engendrer et la nécessité, pour tous, entreprises, institutions publiques et particuliers de s’y préparer.

La Seine, un fleuve calme, s’écoule mollement au rythme de 250 m3 par seconde à Paris. Mais, en janvier 1910, sous l’effet de longs épisodes de pluie, elle se réveille et gonfle en quelques jours pour atteindre un débit d’environ 2 500 m3 par seconde. La hauteur d’eau atteinte au pont d’Austerlitz, au pic de la crue est de 8,82 m alors qu’elle n’est que de 1 m en temps normal.

Paris compte alors 2,8 millions d’habitants et l’agglomération rassemble un peu plus de 4 millions de personnes. Beaucoup de foyers parisiens se chauffent au gaz. C’est aussi le gaz qui alimente les réverbères éclairant les rues. Les transports en commun sont assurés par les tramways et six lignes de métro fonctionnent déjà tandis que plusieurs autres sont en cours de construction. Paris est donc un gigantesque chantier où se poursuit également le programme d’assainissement lancé quelques décennies plutôt. Pour ce qui concerne les moyens de communication, le téléphone est très peu répandu, il est surtout utilisé par les administrations.

Des trombes d’eau s’abattent sur l’Europe

Cette année 1910 débute par un temps plutôt sec, mais du 18 au 21 janvier, des trombes d’eau s’abattent sur l’Europe et la moitié nord de la France. On relève alors des records de hauteur de pluie sur tout le bassin de la Seine et de ses affluents. Après une accalmie, un deuxième épisode donne des pluies de moindre intensité quoique soutenues. Les rivières se mettent à gonfler, les eaux convergent lentement mais inexorablement vers la capitale. Dès le 20 janvier, les catastrophes s’enchaînent, d’abord en amont de Paris puis dans la ville. L’eau emprunte tous les chemins possibles : égouts, tranchées de chantier, tunnels... Le 21 janvier à 22 h 53 très précisément, les pendules s’arrêtent, privées de leur source d’énergie : l’usine d’air comprimé située quai de la Gare est inondée. Pour la même raison, les ascenseurs ne fonctionnent plus. Progressivement, la plupart des usines produisant du gaz situées en proche banlieue sont inondées. Il en va de même pour les quelques usines de production d’électricité. L’eau envahit aussi la plupart des tubes pneumatiques reliant les bureaux de poste et rend impossibles les communications par télégraphe.

Elle continue de monter pour atteindre sa hauteur maximale, plus de 8 m, le 29 janvier. Puis la décrue s’amorce, quoique bien lentement, la Seine ne regagnant son lit que le 15 mars, soit à peu près deux mois après en être sortie. Treize arrondissements ont été touchés au moins en partie par les inondations, soit par débordement de surface soit via le réseau d’assainissement et la remontée de la nappe d’eau. La crue de 1910 a été qualifiée de centennale parce que, statistiquement, elle a une chance sur cent de se reproduire chaque année. Ceci n’empêche nullement qu’elle se produise deux ou plusieurs fois par siècle ou au contraire pas du tout pendant un siècle. De fait, les experts n’ont qu’une seule certitude, c’est qu’elle se reproduira un jour.

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