Les sauveteurs de l’extrême Le Grimp

Contrairement aux combustibles fossiles, le vent est une source d’énergie inépuisable. Afin de respecter les engagements du protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la France et l’Union européenne se dotent de programmes ambitieux de construction de parcs éoliens. Le principe d’une éolienne est simple : le vent fait tourner une hélice qui entraîne un alternateur produisant l’électricité. Une éolienne se compose de différents éléments en partie visibles sur ce document : un mât en acier d’une hauteur comprise entre 60 et 100 mètres (afin de bénéficier du vent le plus fort et le plus régulier possible), à l’intérieur duquel se trouvent l’échelle d’accès et les câbles électriques de raccordement au réseau ; la nacelle, située tout en haut, comporte toute l’installation de production d’électricité, les systèmes de frein et d’orientation de l’éolienne et tous les équipements automatisés de l’ensemble des fonctions de l’éolienne ; le rotor, constitué de trois pales en matériaux composites d’une longueur de 30 à 45 mètres. Les champs d’éoliennes scandent désormais notre paysage, suscitant des polémiques, créant de nouveaux métiers et obligeant même les sapeurs-pompiers à s’entraîner pour des exercices, acrobatiques, de sauvetage.

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© Sdis 29

Parmi les missions de sauvetage réalisées par les sapeurs-pompiers, quelques-unes revêtent un caractère peu commun et nécessitent l’emploi de techniques et de savoir-faire particuliers. Ces actions délicates ne peuvent être conduites que par des personnels qualifiés et spécialement formés pour ces activités hors normes. Ces sapeurs-pompiers composent le Groupe de reconnaissance et d’intervention en milieu périlleux (Grimp). Le Grimp est aussi engagé pour le sauvetage d’animaux.

Créé il y a dix ans, le Grimp est une jeune spécialité dont l’objectif est d’intervenir dans les milieux naturels et artificiels où les moyens traditionnels des sapeurs-pompiers sont inadaptés, insuffisants ou dont l’emploi s’avère dangereux en raison de la hauteur ou de la profondeur et des risques divers liés au cheminement, par exemple : chute d’une falaise, malaise en haut d’une grue, victime blessée dans un lieu difficilement accessible tel un grenier... Les techniques employées dans le secours en milieu périlleux s’inspirent largement de celles utilisées dans les domaines de la spéléologie et de l’alpinisme.

Un sauvetage dans le vent

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© Sdis 29

L’image montre un exercice réalisé sur une éolienne. Un technicien est blessé et bloqué par un incendie dans le mât, il est impossible d’intervenir en entrant dans l’éolienne : les sauveteurs du Grimp doivent atteindre la victime par les airs, à 80 m de hauteur... Pour déposer les sauveteurs et parfois évacuer la victime, un hélicoptère de la Sécurité civile est appelé en renfort, comme pour la moitié des interventions du Grimp. Il se place en vol stationnaire à quelques mètres au-dessus de l’éolienne dont les pales ont, bien sûr, été stoppées. L’hélitreuillage peut commencer. La victime, munie d’un harnais, est extirpée de la nacelle. La même opération peut être effectuée avec un brancard attaché par une corde antirotation, en prenant bien soin des éventuels effets du souffle de l’hélicoptère qui peut provoquer de grandes vibrations au sommet du mât et faire trembler plus fortement le capot de la nacelle. Il faut en effet se rappeler que pour être efficaces, les éoliennes sont placées dans des endroits très exposés au vent, ce qui accroît le danger de l’intervention et nécessite une parfaite maîtrise de la part du pilote d’hélicoptère.

D’autre part, quand il s’agit d’extraire une victime coincée dans la nacelle, les pales creuses de certaines éoliennes peuvent rendre plus difficile l’évolution des sauveteurs. En effet, ils doivent rester vigilants à ne pas glisser dans les pales creuses, ce qui rendrait la mission de sauvetage encore plus périlleuse.

Une unité Grimp se compose de quatre sauveteurs et d’un conseiller technique ou d’un chef d’unité. Ce dernier, dont la présence est obligatoire sur le lieu de l’intervention, est responsable de la mission.

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