Le passage du cyclone Dumile sur l’île de la Réunion

Jeudi 3 janvier 2013, le cyclone tropical Dumile est passé à 90 km de la côte ouest de l’île de la Réunion. Des rafales de 180 km/h ont soufflé sur les hauteurs du chef-lieu de l’île, Saint-Denis. En effet, le bassin sud-ouest de l’océan Indien connaît, en raison de ses eaux chaudes (supérieures à 26° C) la formation de neuf tempêtes tropicales en moyenne par an. La moitié de ces tempêtes se transforment en cyclones, principalement au cours de la période australe s’étalant d’octobre à mai.

La Réunion n’avait pas été touchée par un cyclone depuis Gamède qui avait atteint l’île en février 2007, causant deux décès. Cette fois-ci, le cyclone Dumile a fait une seule victime. Il est cependant à signaler que Dumile avait une faible intensité par rapport à celle de Gamède. Ce bilan positif est dû à la combinaison efficace, d’une part, de la surveillance météorologique, et d’autre part, du système d’alerte.

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© DR

Une surveillance météo performante

Météo France gère un des six centres météorologiques régionaux spécialisés dans les cyclones tropicaux, situé à la Réunion. La mission première de ce centre est de détecter les phénomènes cycloniques le plus tôt possible, de prévoir leur trajectoire et leur intensité jusqu’à leur dissipation. Toutes les six heures, des bulletins sont diffusés à tous les centres météorologiques de la région, des usagers maritimes et des compagnies aériennes. Les images satellitaires, en particulier le satellite géostationnaire Météosat 7, assurent 95 % du suivi de ces phénomènes.
Deux radars météo installés sur l’île complètent le dispositif et assurent un suivi plus précis des cyclones lorsque ceux-ci se situent à moins de 400 km des côtes. Par ailleurs, des ballons sondes et des bouées dérivantes permettent à Météo France de mesurer la force des vents et des courants marins.
Le système de modélisation numérique Aladin, prévoyant l’évolution des phénomènes, permet à la Réunion d’obtenir des résultats qui seront ensuite analysés par les experts prévisionnistes.

Un système d’alerte adapté aux différents types de dangers

La préfecture de région de la Réunion se fonde sur les prévisions de Météo France pour déclencher le plan Orsec Cyclone (Organisation de la réponse de sécurité civile) mis en place au début des années 1980. Ce plan comprend quatre degrés avec des consignes officielles.

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Réunion de crise à la préfecture
© Préfecture de la Réunion/SRCI/Michael Masseaux


Le premier niveau, la préalerte, est activé deux ou trois jours avant le phénomène. Il indique une menace potentielle dans les jours à venir (plus de 24 heures). Concernant Dumile, la préfecture l’a déclenché le lundi 31 janvier à 13 h. Cette préalerte recommande notamment à la population de ne pas entreprendre de longues randonnées en montagne, ni de sorties en mer et préconise la vérification des réserves alimentaires, en eau, piles pour radio et lampes, médicaments, etc.
Le second niveau, l’alerte orange, représente un danger dans les 24 heures. Celle-ci a été déclenchée le mercredi 2 janvier à 10 h en raison du risque de rafales maximales de vent supérieures à 150 km/h. Tous les établissements scolaires et les crèches ferment mais l’activité économique continue, la population doit également se préparer à une évacuation éventuelle.
Le troisième niveau, l’alerte rouge, correspondant à un danger imminent a été annoncée par le préfet jeudi 3 janvier à 5 h et est entrée en vigueur à 10 h. Elle a confirmé la menace cyclonique. La population a eu pour consigne de rester confinée. Les deux aéroports ainsi que le port de commerce de la pointe des Galets ont été fermés.
La phase de sauvegarde signifie que si la menace cyclonique est écartée, des dangers subsistent. Cette phase peut être assortie de l’interdiction de circuler sur certaines routes et précise notamment de vérifier la qualité de l’eau potable.

Bilan humain après le passage du cyclone Dumile

L’anticipation du phénomène, la connaissance et le respect par la population des consignes de sécurité ont contribué à ce que Dumile provoque un nombre limité de décès (une personne par électrocution).
La préfecture de la Réunion a indiqué que quatorze personnes dont un pompier avaient été légèrement blessées. Trois cents personnes ont également été accueillies, à titre préventif, dans des centres d’hébergement ouverts par vingt-quatre communes.

Bilan matériel

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Travaux de dégagement du réseau routier
© Préfecture de la Réunion/SRCI/Michael Masseaux

Jusqu’à 125 000 foyers ont été privés d’électricité, principalement dans l’Ouest et le Sud de l’île. L’eau est devenue impropre à la consommation dans 45 000 foyers à la suite des crues. Le réseau routier a été peu touché mais des petits éboulis et des petits tronçons d’arbres devront être retirés pour que les routes soient à nouveau praticables.
Enfin, au sud de l’île, deux radiers – passages bétonnés permettant aux véhicules de traverser à gué la rivière – ont été emportés par les eaux et devront être reconstruits.

Date : jeudi 4 avril 2013

Auteur(s)

  • Fabrice Mouret
    Direction générale de la Sécurité civile et de la gestion des crises Sous-direction de la planification et de la gestion des crises Bureau de (...)

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