Le cyclone Catarina Une spirale infernale

Cette photographie satellitale montre le cyclone Catarina au large du Brésil. Elle a été prise le 26 mars 2004 au sud-est du pays, non loin de la ville de Curitaba, une « cité verte » expérimentale vivant essentiellement des activités de logistique et touristiques. Cette vue permet d’identifier clairement un cyclone, phénomène extrêmement rare dans cette région de l’océan Atlantique car les conditions nécessaires (masse d’eau chaude au moins à 26 °C sur une épaisseur minimale de 50 mètres et en contact avec une formation nuageuse instable) sont très peu souvent réunies ici.

Cette photographie permet d’observer aussi l’amplitude du phénomène. Certes, l’œil est particulièrement bien distinct, mais il est aussi possible de voir les vents périphériques qui ont dû balayer la côte en faisant des dégâts matériels nombreux.

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Une spirale infernale - © Nasa

La prévision cyclonique consiste à détecter la formation des phénomènes, prévoir leur trajectoire, leur intensité. Depuis la fin des années 1970, une surveillance de l’atmosphère est assurée par le Système mondial d’observation de la Veille météorologique mondiale. Il comprend plusieurs satellites autour de l’équateur en orbite géostationnaire à une altitude d’environ 36 000 km (Meteosat, GOES) et d’autres satellites (Noaa) en orbite quasi polaire à environ 850 km. Les données recueillies sont liées aux caractéristiques des capteurs embarqués, en général dans le domaine du visible et de l’infrarouge moyen.

Ainsi les caractéristiques physiques, pression (en hectopascals) et vent, qui servent à classer les ouragans selon l’échelle de Saffir-Simpson, de la classe 1 (pression > 980 hPa et vent < 150 km/h) à la classe 5 (pression < 920 hPa et vent > 250 km/h), sont le plus fréquemment estimées d’après la forme des nuages apparaissant sur les images satellitales.
La structure générale d’un ouragan est caractérisée par une énorme masse nuageuse pouvant s’étendre sur un rayon de 500 à 1 000 km. Elle est organisée en bandes spiralées convergeant en un anneau central compact et étroit. Au cœur de cet anneau se trouve la partie centrale de la perturbation appelée « œil de l’ouragan ». Il a en général un diamètre de 30 à 50 km. Le vent y est faible, la mer énorme et désordonnée, la pression minimale. Cette faible pression provoque une montée du niveau de la mer, jusqu’à 7 m de surélévation.

Un œil cerné d’un mur de nuages

La violence de l’ouragan est maximale dans le « mur » de nuages qui encercle l’œil. Cette zone très dangereuse peut s’étendre sur un rayon de 150 km. Elle se caractérise par des nuages à forte extension verticale (les cumulonimbus) dont les sommets atteignent 12 à 15 km d’altitude. Ce mur de nuages produit les effets les plus dévastateurs : les vents les plus forts (jusqu’à 300 km/h en Guadeloupe) se situent sur le côté droit, le déplacement vers la gauche du phénomène contribue à la circulation cyclonique et les précipitations sont souvent torrentielles (jusqu’à plus de 1 500 mm en 24 heures observés à la Réunion). La bande de nuages spiralée peut engendrer des précipitations jusqu’à 1 000 km du centre, distance à laquelle la houle cyclonique est encore observable. Les cyclones tropicaux, suivant qu’ils se trouvent dans l’hémisphère nord ou sud, ont un sens de rotation différent. La trajectoire globale des ouragans ou cyclones est en forme de parabole. Initialement d’est en ouest dans la zone tropicale, elle peut varier brutalement lors de l’entrée dans les eaux des régions tempérées. L’imagerie satellitale a révolutionné la prévision cyclonique et permet de pallier le manque d’observations dans les zones océaniques. L’Organisation météorologique mondiale coordonne la veille cyclonique au plan international. Elle a désigné dans chaque bassin océanique un centre météorologique régional spécialisé (CMRS). Ces centres sont chargés de détecter les phénomènes et de prévoir leur évolution. Dès qu’un CMRS identifie un cyclone, il diffuse toutes les six heures (trois heures à l’approche des zones habitées) un bulletin à tous les centres météorologiques de la région concernée. À cette prévision, sont associées des mesures de prévention et de sensibilisation des populations aux risques encourus et aux attitudes à adopter afin de réduire les effets du cyclone.

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