Le brasier de l’Adriatique Un incident sur l’eau

Construit en 2001 au chantier naval de Flensbourg en Allemagne, le cargo turc Und Adriyatik est un navire roulier de 193 mètres.
Un roulier est un navire de transport de marchandises. On les dénomme aussi « Ro-Ro », de l’anglais roll on, roll off, « roule dedans, roule dehors », en référence à leur mode de chargement par roulage ; des véhicules chargent et déchargent le bateau au moyen d’une rampe d’accès.
Le 6 février 2008, l’Und Adriyatik a été victime d’un incendie au large de la Croatie, à la limite des eaux territoriales. Grâce à l’intervention d’un navire présent dans les parages, les vingt deux membres d’équipage et les neuf passagers s’en sont sortis indemnes.
L’intensité du feu n’a pas permis aux équipes de secours de monter à bord. Ce sont donc les avions bombardiers d’eau qui sont intervenus en premier pour tenter de diminuer l’intensité de l’incendie et éviter l’explosion du navire.

L’incendie reste la fortune de mer que les marins redoutent le plus. En effet, lorsque les premières actions de lutte sont inexistantes ou inefficaces, la propagation du sinistre est irrémédiable et très rapide. Les incendies de navire sont spectaculaires par leur ampleur et nécessitent des moyens lourds d’intervention pour espérer maîtriser le sinistre et éviter la perte totale du navire.
Cependant, le nombre d’incendies majeurs à bord des navires reste faible, grâce à des normes constructives de prévention et de lutte contre les incendies d’une part, et par la formation et la réactivité des équipages d’autre part.
Parti d’Istanbul, le cargo Und Adriyatik transporte environ deux cents camions et remorques, entreposés sur ses quatre ponts-garages, ainsi que 9 tonnes de produit dangereux dont la nature n’est pas précisée par le communiqué du ministère croate de la Mer. L’équipage se compose de vingt-deux membres et neuf passagers sont également présents à bord. Au large de la Croatie le 6 février 2008, le cargo est à moins de trois heures de navigation de Trieste (Italie), son port de destination, lorsqu’à 5 h 30 l’alarme se déclenche pour un incendie au pont principal.

JPEG - 101.5 ko
© AFP

D’abord, sauver les passagers et l’équipage…


Malgré l’heure matinale, l’ensemble de l’équipage et des passagers se regroupe rapidement au point de rassemblement. L’équipage prend les premières mesures contre l’incendie mais ces dernières restent inefficaces compte tenu de l’évolution dramatique du sinistre. Vers 6 h, le commandant transmet un message de détresse aux autorités maritimes croates et décide peu après de faire évacuer le navire.
Cependant, la propagation rapide de l’incendie et l’importante fumée dégagée à travers les différents ponts et coursives du navire barrent l’accès vers les canots de sauvetage. La seule solution pour le personnel est alors de se replier vers la proue du navire et de sauter à la mer. Les membres d’équipage et les passagers se rassemblent dans l’eau autour d’un unique radeau de six places. Ils sont secourus vers 7 h par le ferry Ikarus palace qui s’est dérouté pour leur porter assistance. Il faut rappeler que le temps de survie d’un homme à la mer dans une eau à 20 °C est d’environ trois heures, de trente minutes pour une eau à 15 °C et seulement de quelques minutes pour une eau à 10 °C.
Si les conditions de mer n’avaient pas été favorables et si le ferry n’était pas arrivé aussi rapidement, le bilan de ce sinistre aurait été, sans nul doute, tragique.

…puis sauvegarder le navire si possible !


L’Und Adriyatik continue à brûler et à dériver vers les côtes croates pendant deux jours. L’ampleur du sinistre rend impossible toute approche du navire. Pour éviter son explosion, son naufrage et une pollution maritime, les autorités croates dépêchent des avions bombardiers d’eau et des bateaux-pompe qui sont dotés de moyens de pompage et de lutte contre les incendies (comme la mousse carbonique par exemple). Le 8 février, les secours peuvent enfin monter à bord et éteindre définitivement l’incendie. Le navire peut alors être remorqué pour le port de Trieste. Miraculeusement, les soutes à combustible, qui contiennent les hydrocarbures destinées au moteur du navire, sont restées intactes et la pollution maritime, tant redoutée, n’a pas eu lieu.

Télécharger ci-dessus le document joint du portfolio complet.