La tempête Klaus Vigilance rouge sur le Sud-Ouest

Au mois de janvier 2009, des vents d’une vitesse comprise entre 130 et 150 km/h ont dévasté la forêt des Landes. Le bilan de cette tempête est conséquent tant au point de vue humain que matériel. Douze personnes sont décédées directement (chutes d’arbres) ou indirectement (manque de chauffage pour des personnes âgées et intoxications au monoxyde de carbone). Plus d’un million de foyers ont été privés d’électricité et la forêt landaise est détruite à près de 60 % selon les estimations.

Les dégâts ont donc été très importants sur les biens comme sur la forêt. Sur la photo, on voit au premier plan un arbre brisé (16 % des arbres détruits sont des « volis » ou arbres brisés) et, au second plan, des arbres déracinés (68 % des arbres détruits sont des « chablis » ou arbres déracinés). Les arbres, tombés sur la maison, l’ont gravement endommagée aussi bien au niveau de la toiture que des murs de coffrage, affaissés par le poids des arbres. Pour l’instant on ne peut encore estimer le montant total des dégâts.

La forêt landaise est vulnérable aux tempêtes car elle est essentiellement constituée de pins maritimes qui se cassent facilement à cause de leur structure linéaire. Il faudra attendre au moins trois décennies pour ne plus voir les traces de cette tempête sur la forêt.

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La tempête Klaus sur le Sud-Ouest - © L. Gauzère

Pour la première fois depuis la mise en place du dispositif de « vigilance météorologique » en 2001, Météo-France a placé en vigilance rouge (vents forts) sept puis neuf départements du Sud-Ouest, dès le 23 janvier 2009. La tempête Klaus a balayé l’ensemble de la région dans la nuit du 23 janvier puis pendant toute la journée du 24.

Les rafales ont fréquemment et largement dépassé 130 km/h dans l’intérieur des terres, approché 170 km/h sur les côtes atlantiques (161 km/h à Bordeaux) et dépassé 190 km/h sur le littoral méditerranéen de l’Aude et des Pyrénées orientales. Cette tempête exceptionnelle, comparable à bien des égards à celles de 1999, dénommées Lothar et Martin, est pourtant unique : en effet, Klaus seul a causé plus de dommages à la forêt landaise que les deux événements de 1999 réunis sur la moitié du territoire national.

Le massif des Landes, un des plus grands d’Europe, est particulièrement touché. Une première évaluation évoque près de 60 % de destruction. Les causes de l’importance de ces dégâts sont multiples. On peut citer : des vents très violents, un sol gorgé d’eau où les racines des arbres n’ont pu trouver prise, la densification des parcelles qui ne favorise pas le développement des racines et qui donne des arbres moins trapus et enfin des parcelles qui, pourtant reboisées après les passages de Lothar et Martin, n’étaient pas, moins de 10 ans après, revenues à leur état antérieur.

Le pin maritime possède un système racinaire plus profond qu’un hêtre par exemple, lui assurant une certaine résistance à l’arrachage, en revanche, le fait qu’il garde ses aiguilles en hiver, offre une prise au vent bien plus grande que l’absence de feuillage chez le hêtre en cette saison. Enfin, quelle que soit l’espèce, aucun arbre ne résiste à des vents dépassant 150 km/h !

Quand plus d’un arbre sur deux est touché

L’Inventaire forestier national a estimé les dommages sur treize départements à 42,5 millions de m3 de bois dont 37,5 millions de m3 de pin maritime, soit cinq fois la récolte annuelle moyenne. L’Aquitaine concentre 88 % de la superficie forestière affectée. Celle-ci est à 87 % de statut privé, les conséquences économiques sur la filière bois sont donc considérables. Il faudra attendre un inventaire détaillé pour connaître les débouchés économiques possibles tout en prenant en compte la proportion importante (16 %) de bois brisé peu utilisable comme bois d’œuvre. Enfin, au-delà des conséquences économiques, le bilan est lourd : 12 personnes ont été tuées. Au total, la tempête a fait 419 victimes dont 350 indirectes (intoxication au monoxyde de carbone). Sur un plan matériel, 1 772 200 personnes ont été privées d’électricité, 350 000 de téléphone, plus d’1 million de téléphone portable et 146 000 personnes d’alimentation en eau potable. Au plus fort de l’événement, près de 9 500 personnels ont été engagés (sapeurs-pompiers, unités de Sécurité civile, militaires) auxquels s’ajoutent 11 000 intervenants des opérateurs publics et privés.

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