La déferlante blanche l’avalanche

Le 4 mars 2007, dans le val d’Estrèche, dans les Alpes, une avalanche en aérosol dévale un des versants. Ce type d’avalanche est particulièrement dangereux : l’air et la neige se mélangent, formant un nuage dont la vitesse peut atteindre 350 km/h. Pour comprendre ce phénomène, il faut imaginer la neige comme un tapis de billes. Une seule bille instable commence à dévaler puis entraîne toutes les autres avec elle. Ce phénomène vient percuter le sol enneigé et provoque de nouveau un glissement des couches neigeuses. Cela peut être provoqué par un facteur anthropique (un skieur par exemple) ou par des convergences naturelles (le soleil qui modifie la température des couches nivales, le vent...). La puissance de l’avalanche peut provoquer une série de risques : le nuage peut arracher des arbres ou des bouts de rochers, les déplaçant vers le bas de la vallée où les infrastructures et les hommes deviennent vulnérables. Souvent, les autorités publiques choisissent de déclencher volontairement les avalanches en ayant auparavant sécurisé le lieu.

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Avalanche dans le val d’Estrèche © Anena

Les avalanches font partie de la vie des montagnards. Aujourd’hui, avec le développement des sports d’hiver, la fréquentation des régions montagneuses a fortement augmenté. L’avalanche est un risque qui concerne un nombre croissant de personnes, notamment les vacanciers. Elles peuvent être très meurtrières, comme celle survenue le 10 février 1970 à Val-d’Isère, tuant 39 personnes. Suite à cette catastrophe, un inventaire cartographique des zones exposées aux avalanches a été entrepris. Depuis 1900, 80 000 événements d’avalanche sur 5 000 sites ont été recensés et, sur les dix dernières années, en moyenne 30 personnes par an en sont mortes.

La neige accumulée sur un versant forme une couche hétérogène dont l’équilibre est plus ou moins précaire. Cet équilibre dépend de multiples facteurs tels que la qualité de la neige, la pente, la nature du sol, la végétation. Lorsque cet équilibre est rompu (chutes de neige fraîche abondante, passage d’un skieur…), une masse de neige plus ou moins importante se met en mouvement sous l’effet de son propre poids : c’est une avalanche.
On distingue trois grands types d’avalanche : les avalanches « en aérosol », les avalanches « coulantes » (ou « denses ») et les avalanches « mixtes ». L’avalanche en aérosol prend la forme d’un nuage d’air et de neige (comme sur la photo) qui dévale la pente à une vitesse de 100 à 350 km/h. Elle est spectaculaire, elle peut parfois traverser la vallée pour remonter sur le versant opposé, et peut être très destructrice par l’onde de pression qu’elle produit.
Cependant, ce type d’avalanche, qui se déclenche généralement après d’abondantes chutes de neige fraîche et sèche, reste peu fréquent en France. Les plus observées sur notre territoire sont les avalanches coulantes. Elles sont formées par de la neige humide et dense qui descend dans un couloir ou sur un versant à une vitesse généralement inférieure à 100 km/h. Le troisième type d’avalanche, l’avalanche mixte, comporte à la fois un phénomène d’aérosol important et un écoulement de type avalanche coulante.

Prévention et protection

Afin de réduire le nombre de victimes, des mesures de prévention et de protection ont été mises en place. Météo-France édite quotidiennement, durant l’hiver, un bulletin d’estimation du risque d’avalanche (BRA) qui donne, à l’échelle d’un massif, des indications sur l’état du manteau neigeux en fonction de l’altitude, de l’exposition et du relief. Par ailleurs, une échelle de risque à cinq niveaux (de faible à très fort) est employée dans tous les pays de l’Arc alpin. Chaque station détermine son niveau de risque en fonction du BRA et des conditions locales. La panoplie des moyens de prévention est variée, depuis la protection active consistant à réduire sinon à empêcher la survenance de l’événement (filets, râteliers, plantations, claies…) jusqu’à la protection passive (ouvrage de déviation, de freinage, renforcement de structure), en passant par la défense temporaire : déclenchement artificiel d’avalanche, fermeture de pistes, de remontées, de routes, évacuation temporaire…
Pour leur part, les amateurs de ski hors-piste, grâce à un équipement adapté (appareil de recherche de victimes d’avalanche, pelle et sonde) et à un comportement prudent (passage d’un seul skieur à la fois dans les zones de risque) éviteront de mettre en danger leur vie et celle des autres.

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