L’explosion d’AZF Un accident technologique au coeur de la ville

Le 21 septembre 2001, entre 20 et 120 tonnes d’un stock de 300 tonnes de nitrates d’ammonium (engrais chimiques) explosent dans l’usine AZF causant la mort de 30 personnes et un peu plus de 90 blessés. Cette catastrophe industrielle a endommagé un grand nombre d’infrastructures sur un rayon de 4 km au sud de l’agglomération toulousaine pour un coût estimé à 2 milliards d’euros.

Les bâtiments que l’on voit sur la photo sont les installations d’AZF qui se sont écroulées sous l’effet de l’explosion. Les structures en béton armé pliées et les gravats contraignent l’intervention des secours. Derrière le ruban qui délimite le périmètre de sécurité, les voitures ont subi des déflagrations, c’est-à-dire des dommages collatéraux provoqués par le souffle de l’explosion. Enfin, le premier plan montre des détritus et des matériaux de constructions éjectés par ce souffle.

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L’explosion d’AZF - © J. Bertrand, SC

Le 21 septembre 2001, entre 20 et 120 tonnes d’un stock de plus de 300 tonnes de rebuts de nitrate d’ammonium explosent dans l’usine d’engrais chimiques AZote Fertilisants (AZF) à Toulouse.

Les causes et circonstances de l’accident firent l’objet de plusieurs enquêtes et expertises dans les mois qui vont suivre. À ce jour, elles ne sont toujours pas totalement élucidées. L’énergie libérée par cette explosion correspondrait à celle d’un séisme d’une magnitude 3,4 sur l’échelle de Richter. Elle aurait été perçue à plus de 75 km de distance. La catastrophe a tué 30 personnes et 2 242 blessés sont recensés. Les dégâts matériels sont considérables : le site a été dévasté, de nombreuses entreprises industrielles (21 000 salariés), commerciales et artisanales ont dû suspendre leurs activités pendant de longues semaines et des milliers de logements ont été sinistrés. À l’époque, Laure était étudiante à Toulouse, elle se souvient : « Le jour de la catastrophe j’étais absente de chez moi lorsque quelques jours plus tard j’ai pu regagner mon domicile, j’ai constaté avec effroi que sous le souffle de l’explosion, les vitres de mon appartement avaient été brisées et que des morceaux de verres se retrouvaient plantés dans les murs comme des poignards ! Je n’ose imaginer ce qui me serait arrivé si j’avais été présente à ce moment. ».

L’ensemble des moyens de secours et de sécurité sont rapidement mobilisés : le Samu de Haute-Garonne mais aussi ceux des départements voisins donnent les premiers soins, 1 430 personnes de la Sécurité civile et sapeurs-pompiers interviennent dans la ville sinistrée, les divers établissements hospitaliers accueillent les blessés, des médecins de Paris viennent renforcer les équipes, police, gendarmerie et armée apportent également leur soutien.

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Des enseignements à tirer

Cette catastrophe a entraîné tant au niveau européen (directive Seveso) que national, des mesures se traduisant par une amélioration des outils de connaissance des risques liés aux installations industrielles et par un renforcement de la maîtrise de l’urbanisation autour de ces établissements à risque (loi du 30 juillet 2003 relative à la prévention des risques technologiques et naturels et à la réparation des dommages). Les enseignements tirés de la catastrophe ont également contribué à l’évolution du dispositif de gestion des situations d’urgence (Orsec) à travers la loi de modernisation de la Sécurité civile du 13 août 2004.

Au-delà de la catastrophe, les conséquences sanitaires...

En mai 2003, une étude (prévue pour durer cinq ans) sur les conséquences sanitaires de la catastrophe, débute. Elle concerne un échantillon de personnes (2 500) ayant vécu l’explosion que l’on nomme la « cohorte santé AZF ». L’objectif est de mieux envisager le suivi face à de tels accidents industriels. Les premiers résultats montrent que les victimes souffrent principalement de troubles auditifs, de syndrome de stress posttraumatique (SPT) et d’épisodes de dépression. Par exemple, sur le suivi 2004-2005, 30 % des personnes sont victimes d’acouphènes, 15 % des hommes et 22 % des femmes souffrent d’un SPT et 34 % des hommes et 50 % des femmes rapportent des épisodes dépressifs. Ces troubles varient suivant la proximité du lieu de l’explosion, l’âge et le milieu social.
Source : Institut de veille sanitaire, Cohorte santé AZF (www.invs.sante.fr/cohorteazf/index.htm)

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