Allumer le feu ! Un outil de prévention

Un « brûlage dirigé » est un feu allumé volontairement et sous contrôle. Sur la photographie, on voit un sapeur-pompier mettre le feu aux broussailles : les bandes végétales ainsi brûlées forment des pare-feu puisqu’un végétal brûlé ne peut plus s’embraser. L’objectif de cet exercice de prévention est de « nettoyer » par les flammes les espaces vulnérables (les broussailles, les feuilles sèches, etc.) aux abords des massifs forestiers, comme le montre la petite photographie en haut à droite. Ce « brûlage dirigé » est un excellent exercice d’écogestion des ressources forestières en milieux fragiles (méditerranéen, sahélien, semi-désertique…). Toutefois ce « coupe-feu » doit être réalisé sous haute surveillance, il se fait sous le contrôle de la Sécurité civile hors période estivale, lorsque la végétation n’est pas trop sèche et la température relativement fraîche.

Allumer un feu pour lutter contre le feu... Ce paradoxe est le principe d’une méthode mise en œuvre dans le cadre des programmes de défense de la forêt contre l’incendie. La litière et les broussailles sont les principaux facteurs de développement d’un feu de forêt : en les brûlant, en surface, sans embraser les arbres ni la terre, on crée des coupures de combustible (ce qui est brûlé ne brûlera plus), ce procédé s’appelle le « brûlage dirigé ».

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© F. Montal


Cette technique est plus efficace et a un coût inférieur au broyage mécanique par exemple. Par ailleurs, elle est bien connue des chasseurs et bergers qui l’ont souvent utilisée pour accroître le renouvellement des ressources pastorales (l’herbe de pâturage pour les troupeaux) et la diversité de l’espace naturel. En effet, le feu participe aussi à la gestion de la faune et de la flore et à l’entretien des massifs forestiers : sans intervention humaine, la végétation envahit l’espace et l’homogénéise.
Cependant, derrière son apparente simplicité, le brûlage dirigé ne peut être pratiqué que par des hommes possédant une solide formation, un matériel adéquat, un excellent sens du terrain, une bonne lecture du feu ainsi que la maîtrise des paramètres de sécurité. Les chantiers sont donc mis en œuvre par des équipes aux compétences complémentaires : sapeurs-pompiers, agents territoriaux, unités spéciales de l’Office national des forêts, sapeurs-sauveteurs des formations militaires de sécurité civile…

Un feu en conduite accompagnée

Plusieurs dispositifs tactiques peuvent être adoptés en fonction de la nature de l’espace traité. La présente image montre des sapeurs-sauveteurs réalisant un brûlage par bandes successives, adopté sur les terrains en relief. Des lignes de mise à feu successives sont tracées sur une pente. Le feu est allumé contre le vent, c’est-à-dire qu’il progresse lentement en remontant la pente avant d’être stoppé par le brûlis résultant de la ligne de feu précédente. La dernière ligne de feu, pour sa part, est arrêtée par un espace défriché avant l’allumage. Un arrosage de la surface traitée est parfois nécessaire en fin d’opération pour prévenir tout risque de redémarrage du feu.
Il existe d’autres méthodes comme le brûlage sous futaie sur les espaces boisés, et le mitage, qui correspond à des brûlages circulaires et espacés permettant de maintenir un habitat pour la faune.
Pour que le chantier soit conduit en toute sécurité, les équipes chargées de maîtriser la propagation du feu étudient attentivement le vent, la topographie, la météorologie et l’état hydrique des végétaux (leur teneur en eau). Les campagnes de brûlage dirigé se déroulent ainsi chaque année entre novembre et mars, quand la végétation n’est pas trop sèche et la température relativement fraîche. La mise à feu est même parfois difficile en raison de l’hygrométrie (taux d’humidité dans l’air) et de l’absence de vent.
Pour les formations militaires de sécurité civile, ces opérations ont un autre avantage : elles participent efficacement à la préparation des sapeurs-sauveteurs aux missions estivales de lutte contre les feux de forêts, en les familiarisant aux conditions extrêmes qui caractérisent ce type d’intervention ainsi qu’aux techniques d’extinctions en économie d’eau.

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