Aller directement au contenu de la page
Aller au plan du site
Aller au menu bas de page
Logo ESPACES CNDP

Pour mémoirePour mémoire

Les jeux olympiques : des enjeux multiples

L’olympisme, un monde de symboles : mythes et réalités

Timbre

Timbre paru en 1956 rendant hommage à Pierre de Coubertin, le rénovateur des Jeux olympiques
(© L'Adresse Musée de La Poste, Paris / La Poste, 1956).

Présentation des documents : une histoire de l’objet

Le premier timbre-poste voit le jour en Angleterre en 1840. Il inverse l’ordre communément admis de paiement du courrier par le destinataire. La France en adopte le principe en 1848, sur proposition de François Arago, sous la IIe République, et produit un premier timbre (modèle Cérès) en janvier 1849. Le timbre est une production graphique qui comporte également des informations liées à sa finalité : le pays émetteur, l’auteur, le prix notamment. L’Union postale universelle impose que le nom de l’émetteur figure sur le timbre en lettres latines. En France, le timbre est une production de l’État, officielle et contrôlée. Le terme « POSTES » rappelle sa fonction et évite de le confondre avec un timbre fiscal.

Les timbres français, contrairement aux timbres britanniques (figure royale), comportent des motifs divers et variés, de types illustratifs, commémoratifs, faisant appel à des artistes, des graveurs pour en faire des pièces d’exception et de collection, même s’ils sont produits à des milliers d’exemplaires. Les élèves peuvent ici appréhender cette relation intime entre l’objet usuel qu’est le timbre, et le support d’expression artistique qu’il est devenu.

Un commentaire du timbre présenté développe l’interprétation des symboles figurant sur le support. Ce document, émis en 1956 à l’occasion des Jeux de Melbourne, est un timbre créé par les Postes françaises en hommage à Pierre de Coubertin. Il associe un portrait du rénovateur des Jeux à un âge déjà avancé, une représentation de stade en toile de fond, théâtre des débats sportifs modernes, un athlète anonyme saluant sur le modèle de salut mis en place à Anvers en 1920, et un jeu de drapeaux associant le drapeau olympique, le drapeau national français (identifiable aux trois parties du tissu) et des drapeaux au contenu national illisible mais matérialisant la présence de toutes ces nations membres du CIO. Le timbre sert donc de support à l’apprentissage de la signification des symboles.

Deux symboles essentiels ressortent de ce timbre : le fondateur et le drapeau des jeux.

Le drapeau olympique

Les cinq anneaux olympiques inscrits sur un fond totalement blanc forment le drapeau olympique créé par Pierre de Coubertin en 1913, utilisé pour la première fois aux Jeux d’Anvers en 1920. Son usage dans la cérémonie d’ouverture lui donne une dimension particulière : son entrée dans le stade se fait après l’ensemble des athlètes, porté horizontalement puis hissé en haut d’un mât dominant le stade sur lequel il flotte pendant toute la durée des jeux, à proximité de la flamme. Lors de la cérémonie de clôture, le drapeau est transmis au premier édile de la ville organisant les jeux suivants symbolisant un temps olympique qui ne s’arrêterait jamais.

Les anneaux olympiques

Cinq anneaux entrelacés de taille identique, d’une ou de cinq couleurs différentes, bleu, noir, rouge en partie supérieure, jaune et vert en partie inférieure, exprimant l’universalité de l’olympisme par l’union des cinq continents. Associées au blanc en toile de fond, ces couleurs forment un groupe de six couleurs présentes dans chacun des drapeaux de tous les pays membres. Contrairement à ce qui est communément répandu, aucun anneau n’est particulièrement associé à un continent, mais ils les représentent tous. Il aurait été particulièrement malvenu d’associer une couleur particulière à un continent particulier (le noir à…, le jaune à…), ce que le mouvement olympique s’est bien gardé de faire.

L’olympisme s’appuie sur d’autres symboles constamment investis et autour desquels se construisent des rituels.

La flamme olympique

Symbole de l’idéal olympique, la flamme allumée sur le site d’Olympie est acheminée par un ensemble de relayeurs jusqu’au stade olympique accueillant les Jeux. Elle fait son entrée lors de la cérémonie d’ouverture, portée par un sportif, figure emblématique du pays organisateur, incarnant généralement un passé, des valeurs. Si une flamme a brûlé lors des Jeux d’Amsterdam en 1928, ce sont les Jeux de Berlin qui lui ont donné cette dimension originale. Les conditions de création de ce cérémonial, proposé par Carl Diem, président du comité d’organisation, et dont Joseph Goebbels comprit vite l’intérêt, créent bien évidemment la controverse. La flamme quitte la Grèce, parcourt quelques milliers de kilomètres dans l’Europe des Balkans, en Autriche puis entre en Allemagne.

Le cérémonial s’est maintenu à partir de Londres comme un déplacement des valeurs olympiques du site d’origine vers le lieu du déroulement moderne des Jeux. Fraternité du relais, rituel collectif de l’allumage, rôle de l’histoire sportive nationale par l’identité du dernier relayeur, la flamme occupe une place fondamentale dans les symboles et rituels olympiques.

L’hymne olympique

Composé par Spyros Samaras, sur des paroles écrites par Kostis Palamas, l’hymne olympique a été joué pour la première fois lors des Jeux d’Athènes en 1896. Cependant des musiques diverses furent jouées jusqu’aux Jeux de Rome en 1960 (hymnes nationaux, musique de R. Strauss à Berlin, une musique de R. Quilter sur un texte de R. Kipling à Londres en 1948…), année à partir de laquelle l’hymne devient officiel par décision de la session de 1958 du CIO. Auteur de la partition, Samaras (1863-1917) est un compositeur précoce dont les œuvres ont disparu pendant la Seconde Guerre mondiale. Palamas (1859-1943) est quant à lui un poète connu et estimé dans toute l’Europe littéraire.

Cet hymne remplace les hymnes nationaux pour les athlètes participant à titre individuel lors des Jeux de Moscou en 1980, pour les athlètes de pays en guerre comme ceux de Yougoslavie dans les années 1990.

Paroles de l’hymne olympique

Esprit antique et éternel, créateur auguste
De la beauté, de la grandeur et de la vérité
Descends ici, parais, brille comme l'éclair,
Dans la gloire de la terre et de ton ciel.

Dans la course et la lutte et le poids
Des nobles jeux éclaire l'élan,
Prépare la couronne 
Faite de la branche immortelle,
Et donne au corps la force 
De l'acier et la dignité.

Les campagnes, les monts, 
Les mers brillent autour de toi,
Comme un grand temple fait 
De pourpre et de blancheur,
Et dans le temple ici accourent tous les peuples
Pour se prosterner devant toi, 
Esprit antique et éternel.

Musique disponible sur www.youtube.com/watch?v=xio0TcKhRUI

La devise olympique

La devise olympique « Citius, Altius, Fortius » (Plus vite, plus haut, plus fort) a été employée pour la première fois par le père Henri Didon le 7 mars 1891 à Arcueil lors de la cérémonie de clôture des compétitions athlétiques du collège Albert-le-Grand dont le dominicain était le prieur et en présence de son ami le baron de Coubertin, qui l’adopta ensuite pour le CIO, au moment de sa création en 1994. La formule latine, chère au monde de la culture classique, est présentée par son auteur comme la raison d’être des sports athlétiques, un appel au dépassement de soi. Le père Didon, présent avec ses élèves lors des premiers Jeux d’Athènes , est même le père d’une messe olympique.

Timbre émis l’occasion des Jeux olympiques de Los Angeles en 1984

Timbre émis l’occasion des Jeux olympiques de Los Angeles en 1984 (© L'Adresse Musée de La Poste, Paris / La Poste, 1984).

Pour le quatre-vingt-dixième anniversaire de la rénovation des Jeux olympiques, les Postes françaises font créer ce timbre marqué par le mouvement, application de la devise olympique « plus haut, plus vite, plus fort ». Le regard sur les trois timbres conduit à revenir sur l’histoire de la rénovation des Jeux.

Le discobole

Le Discobole, symbole universel du geste sportif idéal, lien entre l’antique et le moderne, est une des statues les plus célèbres de l’Antiquité, attribuée à Myron, sculpteur du Ve siècle, œuvre citée par Pline ou par Lucien de Samosate : « […] courbé dans l'attitude du lancer, tourné vers la main qui tient le disque, légèrement fléchi sur le pied opposé, prêt à se relever après le jet. » Le modèle original de la statue classique athénienne a disparu mais a été copié, comme presque toutes les statues des Ve et IVe siècles avant J.-C. Des multiples copies, la plus connue est celle attribuée à Lancellotti et a pris place dans le musée Massimo alle Terme de Rome. Réalisée au IIe siècle, à l’époque impériale, retrouvée au XVIIIe siècle à Rome, la statue montre le geste idéalisé du lanceur de disque au moment de la prise d’élan, la musculature tendue. Après la Seconde Guerre mondiale, la ville de Londres organisant les Jeux du retour à la paix mondiale propose une affiche polysémique incluant le discobole.

Affiche officielle des Jeux olympiques de Londres en 1948

Affiche officielle des Jeux olympiques de Londres en 1948 (Collection Kharbine-Tapabor).

Big Ben, le Parlement, siège d’une monarchie constitutionnelle, les anneaux olympiques fixent le lieu et l’objet. La réunion des meilleurs sportifs du monde entier est matérialisée par le discobole.