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L'armistice du 11 novembre 1918

Ecole

Cycle 2

La Première Guerre mondiale au cycle 2 (CP-CE1)

Positionnement dans les programmes

(B.O. hors-série n° 3 du 19 juin 2008)

Découverte du monde : Se repérer dans l’espace et le temps

Les élèves apprennent à repérer l’alternance jour-nuit, les semaines, les mois, les saisons. Ils utilisent des outils de repérage et de mesure du temps : le calendrier, l’horloge. Ils découvrent et mémorisent des repères plus éloignés dans le temps : quelques dates et personnages de l’histoire de France ; ils prennent conscience de l’évolution des modes de vie.

Instruction civique et morale 

Les élèves apprennent à reconnaître et à respecter les emblèmes et les symboles de la République (la Marseillaise, le drapeau tricolore, le buste de Marianne, la devise « Liberté, Égalité, Fraternité »). 

Commémorer

Comme l’indiquent les instructions, en cycle 2, « il ne s’agit pas encore de faire de l’Histoire » (Documents d’application des programmes - Cycle 2, 2003, p.7), mais de passer progressivement de la structuration du temps commencée au cycle 1 à l’histoire qui commencera au cycle 3. La démarche proposée ici s’inscrit dans le cadre de la structuration du temps chez l’enfant, qui va lui permettre de passer progressivement du temps perçu au temps social.

Ce passage s’effectue au cycle 2 en distinguant progressivement les événements de la vie personnelle de l’élève et ceux de la vie sociale. Cette prise de conscience s’effectue notamment à partir d’événements cycliques comme Noël et le 1er mai. Il s’agit en CE1 de reprendre ce travail en donnant à l’événement du calendrier sa dimension commémorative, c’est-à-dire de mettre en évidence le caractère exceptionnel de l’événement qui a frappé la mémoire des hommes au point que l’on en célèbre le souvenir collectivement. La date du 11 novembre permet de mettre en évidence l’importance de la Première Guerre mondiale dans la mémoire collective des Français (temps social). Plus que le 8 mai, elle fédère, comme le 14 juillet, autre commémoration qu’il serait intéressant de marquer dans cette perspective mais qui tombe pendant les grandes vacances.

Objectifs pour un travail autour de la commémoration de l'armistice au CE1 :

  • définir une commémoration ;
  • mener une enquête ;
  • associer la date du 11 novembre à la guerre des tranchées.

Activité :

La lecture du calendrier montre que le 11 novembre est un jour férié, sans école. On questionnera la classe à ce sujet (Qu’est-ce qu’un jour férié ? Savez-vous pourquoi le 11 novembre est un jour férié ?).

On peut ensuite présenter un reportage filmé sur la cérémonie du 11 novembre dans la commune ou dans une autre commune, ou travailler à partir d'une photographie d’une commémoration. Sur la photographie, on relève les détails qui concernent à la fois l'idée de la commémoration (se remémorer ensemble) : autorités, public, écoliers… et l'idée de la fin de la guerre (références à la guerre) : soldats, porte drapeaux, monuments aux morts (« morts pour la France »).

Ce travail peut être complété par une sortie au monument aux morts de la commune (souvent à proximité de l'école) et la lecture des inscriptions portées sur le monument. 

Toutes ces observations peuvent initier un travail d'enquête dans la famille : qui a fait la guerre dans la famille ? Quel est son lien familial avec l'élève ? A-t-on conservé des souvenirs de cette période (objets, documents) ? La construction d’un arbre généalogique (ou une arborescence complétée si cet arbre a déjà été construit) faisant apparaître les hommes qui ont fait la guerre pourra mettre en évidence l'impact de la guerre aux niveaux de la famille et de la commune.

On peut dans un deuxième temps, en partant des morts à la guerre de l’arbre généalogique ou de la liste des morts du monument (à dénombrer), réfléchir sur la guerre, ses formes et ses effets : une guerre coûteuse en vies humaines, la guerre des tranchées qui a conduit à ce désastre. Ce travail s'appuiera sur une photographie et d’un texte de poilu décrivant les combats. 

L'attaque d'une tranchée allemande par des soldats français :

Au signal, les lieutenants s'élancent en criant : « en avant ! », « à l'assaut ! », « Pour la France » ; et l'un d'eux entonne la Marseillaise. Derrière eux, toute la section. (...) Les lieutenants meurent, frappés à la tête. Les soldats tombent à leur tour. Impossible d'avancer. Les vivants se couchent et tentent d'amonceler de la terre devant leur tête pour se protéger des balles. Le commandant leur fait dire de se replier. Hélas, on ne peut avancer ni reculer. Il faut attendre la nuit.

Lettre du docteur Martin-Laval à sa sœur, 1915, cité dans J.-P. Guéno : Paroles de Poilus, Librio, 1998.

Une frise chronologique utilisée pour les activités de structuration du temps au cycle 2 peut alors être complétée. Elle permet de situer la période par rapport aux autres périodes étudiées (ex. : la vie au temps des châteaux forts, l'école de mes parents). Chaque période est illustrée par un document caractéristique qui peut être, pour la Grande Guerre, une photographie des tranchées, une photographie d'un dessin réalisé par les élèves d'une statue de poilu du monument aux morts de la commune.

À partir de cette approche, on peut envisager une participation de la classe à la cérémonie.

Ce travail permettra ensuite d’identifier dans le calendrier annuel les autres commémorations : 1er mai, 8 mai, 14 juillet, et plus largement les jours fériés.

Cycle 3

La Première Guerre mondiale au cycle 3

Positionnement dans les programmes

Programme 2008

Le Vingtième siècle et notre époque.

La violence du XXe siècle :

  • les deux conflits mondiaux ;
  • 1916 : bataille de Verdun ;
  • Clémenceau ;
  • 11 novembre 1918 : armistice de la Grande Guerre.
Document d'application (2002)

La planète en guerre : l’extrême violence du siècle.

La Première Guerre mondiale marque le siècle : communisme, fascisme, nazisme en sont en grande partie issus ainsi que la Seconde Guerre mondiale.

Elle annonce l’extrême violence du siècle marqué par la guerre totale, les génocides et le goulag. 

Propositions de travail

Depuis le programme 2002, l’étude de la Première Guerre mondiale s’inscrit dans le cadre de la violence du XXe siècle qui est l’entrée principale de cette entrée du programme, et plus précisément (programme 2007 et projet de programme 2008) dans le point fort « les deux conflits mondiaux ».

Plus encore que pour les autres niveaux (collège et lycée), l’entrée dans ce point du programme par les hommes et les femmes en guerre, mise en évidence par les chercheurs : la guerre vue d’en bas, (Stéphane Audoin-Rouzeau veut se situer « dans l’œil du conflit ») sera privilégiée. C’est-à-dire une approche par les hommes : les conditions de vie au front et à l’arrière. Cette approche permettra de mettre en évidence le caractère total de la guerre.

Il s’agira aussi de travailler sur la notion de « guerre » à travers cet exemple, c’est-à-dire de montrer ce qu’est la guerre et de mettre en évidence son caractère violent.

Cette approche montrera que la guerre marque le siècle, qu’elle engendre les autres guerres et que l’histoire du XXe siècle est marquée par les conflits, y compris dans les périodes de paix. Ainsi un travail sur la Seconde Guerre mondiale se fondera sur la comparaison des formes des deux guerres (mise en évidence des caractères communs) et sur le fait que c'est le sentiment d'humiliation ressenti par les Allemands, la situation économique catastrophique et le refus d'accepter les traités qui ont conduit les nazis au pouvoir et à la guerre.

Un travail en CE2 sera plus centré sur la vie quotidienne des soldats.

Un travail en CM pourra aborder les enjeux du conflit, la mobilisation pour la guerre et l’après-guerre (bilan humain et matériel).

Objectifs pour une séquence sur la Grande Guerre en cycle 3

Savoirs :

  • Les origines de la guerre (les rivalités entre puissances européennes) ;
  • Les principaux belligérants (montrer le caractère mondial de la guerre) ;
  • Dates :
    • août 1914 : début de la guerre ;
    • 11 novembre 1918 : armistice marquant la fin de la guerre ;
  • Caractériser la guerre : violence, mort de masse. Caractériser cette guerre par rapport à celles qui l’ont précédée (moderne, implication des civils),
  • Comprendre pourquoi et comment la guerre a marqué les corps et les esprits : mesurer le bilan de la guerre (aspect meurtrier, destructions), le choc moral (répercussions dans les économies et les sociétés européennes : hécatombe et destruction qui ont marqué des générations) et donc de situer les origines et les enjeux des principales commémorations et de l'art patriotico-tumulaire ;
  • Vocabulaire spécifique :
    • guerre des tranchées,
    • poilu,
    • commémoration,
    • armistice.

Savoir-faire :

  • Analyser des documents iconographiques ;
  • Lire et utiliser une frise chronologique ;
  • Décoder une carte pour identifier la succession des situations ;
  • Lire des données statistiques (différencier valeurs absolues et relatives).

Objectifs en éducation civique :

  • Respect de soi, respect de l'autre, respect de ses aînés, devoir de responsabilité ;
  • Préservation de la paix.

Principaux documents à exploiter :

L’observation des documents permet aux élèves de caractériser la Première Guerre mondiale : qui faisait la guerre ? Comment faisait-on la guerre ? Comment vivait-on la guerre ? Les documents permettront d'aborder la mort de masse et les séquelles sur les hommes qui est aussi un caractère de la violence. On montrera que la guerre se déroule au front et à l'arrière et que c'est l'ensemble de la société qui est marquée par le conflit.

La lecture du tableau couplée avec celle du monument aux morts de la commune permettra de réfléchir sur la lourdeur du bilan humain de la guerre et sur le traumatisme engendré. La lecture du tableau permettra en CM d'approfondir la maîtrise des statistiques.

La cérémonie du 11 novembre peut être abordée de la même manière qu'en cycle 2 avec la mise en situation d'enquête (Quand le monument a-t-il été construit ? Quel âge avaient les morts ? etc.) et l'exploitation de la base Mémoire des hommes à partir de la liste des morts de la commune (partie « Étudier un monument aux morts en utilisant la base Mémoire des Hommes »).

Une seule fiche de la base Mémoire des hommes pour un mort de la commune peut être étudiée.

Une recherche dans la presse (écrite et télé, locale et nationale) au lendemain de la commémoration permettra de s'interroger sur les origines et le sens des commémorations. 

Ce travail peut déboucher sur un tableau à double entrée :

Le 11 novembre, on rend hommage aux soldats de la Grande Guerre Où? (quel lieu de commémoration?) Qui (commémore)? Comment?
À Paris Sous l'Arc de Triomphe, sur la tombe du soldat inconnu Le président de la République représentant tous les Français, les autorités civiles et militaires nationales Dépôt de gerbe
Revue des troupes
Sonnerie aux morts
Dans la commune Devant le monument aux morts Le maire, l'armée, les enfants des écoles ...

Un travail autour du tableau permettra de réfléchir (et d'apporter des réponses) aux questions sur le sens des commémorations et débouchera sur les spécificités de cette guerre.

Pour mener un projet pédagogique autour de la Première Guerre mondiale en intégrant la dimension artistique, on peut signaler le concours « Petits artistes de la mémoire », organisé chaque année par l'Office national des anciens combattants, destiné aux élèves des écoles :

Les grands axes

Les lauréats du concours « Les petits artistes de la mémoire »

L'approche par la littérature de jeunesse

L'intérêt de l'approche par la littérature de jeunesse est comparable à l'approche par le cinéma de fiction. L'élève y trouvera une évocation de la guerre, la reconstitution d'une époque à travers une fiction qui respecte les faits historiques. La littérature de jeunesse permet une approche du sujet qui conduit à une mise au point du contexte et par cette voie une construction active des savoirs.

La production est abondante sur le sujet. Dans une recension en 2001, Michel Peltier, spécialiste du récit historique pour la jeunesse, sélectionnait une trentaine d’œuvres :

  • Le Secret de grand-père, de Michael Morpurgo, colt. « Folio Cadet », Gallimard Jeunesse, 2002.

« Mes parents n'ont jamais vraiment aimé la vie à la campagne. Alors que moi j'adore les vacances dans la vieille ferme de Grand-père. J'adore l'écouter parler de son enfance de petit paysan et de Joey, son cheval. Peut-être même me racontera-t-il un jour l'histoire de ce vieux tracteur auquel il tient tant. Mais parfois, je sens que quelque chose le tourmente... Quel est le secret de Grand-père ? Et comment puis-je l'aider ? La touchante histoire d'un grand-père et de son petit-fils, complices d'un secret bouleversant. » (présentation de l'éditeur)

Une exploitation pédagogique sur le site de l'académie de Rouen et sur le site de Littecole, la Littérature à l'école élémentaire : 

  • La Marraine de guerre, de Catherine Cuenca, Hachette (Le livre de poche), 2001.

Un jeune poilu nous fait part de ses conditions de soldat dans les tranchées françaises, à travers sa correspondance envoyée à sa marraine de guerre, entre 1916 et 1918.

  • Les Mutins du faubourg, d'Alain Bellet, Magnard, 1999.

« Printemps 1917, la guerre s'est enlisée dans la boue des tranchées. Or ce matin-là, ce ne sont ni la pénurie, ni les mutineries qui agitent les ébénistes du faubourg Saint-Antoine, mais des lettres anonymes avec menace d'enlèvement. Seule Marthe semble s'en désintéresser... Ce qu'elle veut, c'est partir pour le front retrouver Jacques, son fiancé. Mais Jacques a déserté ! De retour à Paris, il recherche Marthe, mais leurs destins semblent se croiser ! Traqué par les forces de police, Jacques est caché par des amis et se trouve mêlé malgré lui aux enlèvements qui sévissent dans le quartier. Arrivera-t-il à élucider ce mystère ? Et surtout, retrouvera-t-il Marthe ? » (présentation de l'éditeur)

  • De la guerre à la mer, de Gilles Fresse et Michel Riu, Bastberg (Indigo), 1997.

Un lycéen doit rendre un devoir sur la Première Guerre mondiale. Un travail qui l'ennuie mais il rencontre un vieux monsieur passionnant qui a vécu le conflit.

  • Zappe la guerre, de Pef, Rue du Monde, 1998.

Exploitation pédagogique pour le cycle 2 et le cycle 3 proposée sur le site de l’INRP.

  • Grandes vacances 14/18, de Jeanne Lebrun, Flammarion (Castor Poche), 1993.

L'auteur a 11 ans au début du conflit et va connaître l'occupation allemande.

  • Cheval de guerre, de Michael Morpurgo, Gallimard (Folio junior), 1986.

Un cheval se souvient de la folie meurtrière des hommes pendant les quatre années de la Première Guerre mondiale.

Une exploitation pédagogique sur le site de l'académie de Grenoble.

  • Le journal d'Adèle, de Paule Du Bouchet, Gallimard (Folio junior), 1998.

Adèle débute son journal intime en 1914. Elle voit partir son père et ses frères sur le front. Les femmes vont relayer les hommes à l'arrière.