Planète Chinois
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Très bonne année du Dragon !

龙年大吉 !

Lóng nián dà jí !

Cette année, le nouvel an chinois a lieu le 23 janvier 2012. Nous quitterons l’année du lapin pour entrer dans celle du dragon. L’occasion de rappeler la place essentielle que tient le dragon dans le panthéon des créatures mythiques chinoises…

Huang Rui, « Dragon », dessin, 2011

 

Huang Rui, « Dragon », dessin, 2011 - © Thinking Hands

Retrouvez le travail de cet artiste emblématique du 798, haut lieu de l’art contemporain à Pékin, sur le site de la galerie Thinking Hands :www.thinkinghands.org

Le dragon

Des créatures mythiques existent dans la culture chinoise depuis des millénaires et demeurent omniprésentes dans la Chine contemporaine. Bien sûr, le dragon occupe la première place dans ce bestiaire mythologique. Il est un symbole de royauté bien différent des dragons kidnappeurs de princesse des légendes occidentales.

La mythologie raconte qu’il a neuf fils, la plupart représentés par un dragon croisé avec un autre animal. Contrairement à l’effigie du dragon qui ne peut figurer que dans le palais de l’Empereur, on rencontre très fréquemment celle de sa progéniture dans les temples chinois. Les neuf fils du dragon ont eux-mêmes engendré une descendance nombreuse. En effet, selon les textes de la dynastie Ming, la libido exacerbée du dragon le pousse à se reproduire avec toutes les espèces, donnant naissance à des animaux hybrides très divers. Par exemple, le Qilin (麒麟 Qílín), sorte de cheval à tête de dragon – même s’il peut revêtir de multiples apparences – apparait seulement aux sages et punit les individus malfaisants, notamment en crachant du feu.

Monstres mythiques

D’autres monstres mythiques animent ces récits millénaires. Bashe (巴蛇 Bāshé) est un serpent géant qui se nourrit exclusivement d’éléphants. Le Jian (鹣Jiān) a la forme d’une paire d’oiseaux cyclopes disposant chacun d’une seule aile et qui ne peuvent survivre qu’enlacés ; ainsi le Jian est-il un symbole ancestral de l’union entre l’homme et la femme. Le Kui (夔Kuí), le bœuf à une patte, est quant à lui très répandu dans la mythologie chinoise. Beaucoup de ces monstres sont liés à l’au-delà. Après la mort, la première créature rencontrée est un horrible bœuf à tête de cheval (牛头马面niú tóu mă miàn). Les mondes souterrains chinois sont peuplés de démons qui cherchent à gagner l’immortalité en dévorant des humains pour capturer leur âme. La plupart du temps, ces démons, appelés Yaoguai (妖怪Yāoguài), peuvent prendre forme humaine pour tromper leur victime. Par exemple, le Jiutou Zhiji Jing (九头雉鸡精jiŭ tóu zhì jī jīng) est un faisan à neuf têtes qui revêt l’apparence d’une belle femme lorsqu’il croise un humain.

On trouve une profusion de corps en constante métamorphose dans la mythologie chinoise. La plus gigantesque de ces créatures est le Kun Peng (鲲鹏Kūnpéng), qui prend la forme tantôt d’un oiseau appelé Peng, tantôt d’un poisson, Kun. Selon le Zhuangzi (庄子 Zhuāngzĭ) – texte classique écrit par le penseur chinois du même nom au IVe siècle –, cette bête était tellement gigantesque qu’on ignorait sa véritable taille ; mais lorsqu’elle prenait la forme d’un oiseau, elle pouvait parcourir 3 000 li (environ 1 600 km) en un seul battement d’aile.

Encore aujourd’hui, les Chinois savent imaginer des animaux merveilleux pour désigner de nouveaux artéfacts. Internet a suscité une création linguistique donnant vie à de nouvelles créatures hybrides, souvent basées sur un jeu de mots, très vite populaires. Par exemple, Guge (古鸽Gŭ gē), une « colombe ancestrale » mythique, désigne le moteur de recherche aux mêmes sonorités en chinois, Google (谷歌Gŭgē).

Dites-le en chinois

过年好                       guònián hăo                         bonne année

春节快乐                   chūnjié kuàilè                      joyeuse Fête du printemps

万事如意                   wàn shì rú yì                         meilleurs vœux

Expressions avec un dragon et un tigre

龙争虎斗                   lóng zhēng hŭ dòu                 lutte acharnée (lutte entre dragon et tigre)

龙腾虎跃                   lóng téng hŭyuè                    plein de vitalité (dragon et lion bondissant)

Chengyu

画龙点睛                   huà lóng diăn jīng                  rajouter des yeux au dragon (dernière touche heureuse pour animer l’œuvre)



Dragons et Dragon pour la jeunesse

Dragons et Dragon - CouverturePour marquer cette nouvelle année, le très beau coffret Dragons et Dragon parait au rayon jeunesse (éditions Picquier).

Il s’agit d’une série de quatre albums de Catherine Louis et Marie Sellier sur le thème du dragon, qui reprennent et illustrent quatre contes classiques chinois, coréen, vietnamien et japonais. Ces histoires, présentées ici pour un jeune public, sont des légendes merveilleuses et des contes souvent fondateurs de ces cultures. Façonné en accordéon, chaque album, une fois déplié, constitue un très bel objet qui dépasse le simple livre.

L’album tiré d’un récit chinois, Tout-rouge et le dragon, est adapté du conte yao Yangmeizi et le dragon. Il relate la manière dont Tout-Rouge libère sa sœur, un petit chaperon rouge chinois, des griffes du dragon.

Le rassemblement au sein d’un même coffret de ces quatre récits révèle la place fondamentale que tient le dragon dans les mythes et dans les cultures populaires d’Asie. Une lecture jeunesse recommandée en cette nouvelle année !

  Marie Sellier, Catherine Louis, Dragons et Dragon, Arles, éditions Ph. Picquier, 2012