Planète Chinois
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Retour à Pékin (suite)

À l’intérieur du café, les gens buvaient ou grignotaient, certains étaient devant leurs ordinateurs, d’autres téléphonaient avec leurs portables. À peine Wang Yi entra-t-il qu’il vit Zhou Xin.

– Que fais-tu donc ici ? demanda-t-il pour rire.

– Je prends du bon temps ! répondit Zhou Xin avec humour.

Les deux hommes âgés se serrèrent dans les bras, infiniment heureux.

– « On ne se voit guère une vie durant ! », n’est-ce pas ? Vraiment, malgré ces dizaines d’années sans te voir, je t’ai reconnu immédiatement ! déclara Wang Yi.

– Cette fois, il faut que tu profites un peu de Pékin !

– Oui, Pékin est tellement agréable, on y apprécie nourriture, boisson et civilisation.

– N’avais-tu pas dit aimer les dialogues comiques ? Je t’ai acheté des billets.

– Très bien ! Les Pékinois sont éloquents, ils aiment plaisanter, et l’art des dialogues comiques est formidable.

– Et je t’accompagnerai à l’université de Pékin et de Qinghua !

– Oui, il y a bien des livres à Pékin, les lecteurs sont nombreux, les universités célèbres également, c’est ce qu’il y a de mieux.

– Les universités et librairies que tu avais mentionnées, j’ai tout noté. Dit encore Zhou Xin fièrement.

– Et puis les Pékinois savent recevoir, ce sont de fins buveurs. Il faudra absolument que je vienne passer un moment chez toi, que nous buvions du Baigan et mangions des raviolis !

– Ma fille Jingjing a déjà écrit le menu, on attend plus que toi.

– Est-ce qu’elle n’est pas en train d’écrire un mémoire ?

– Oui. Sur le Yin et le Yang, les huit caractères, la géomancie… Elle en a attrapé la grosse tête !

– Oh j’ai connu ça ! J’étais devenu grinçant et glacial à l’époque où je rédigeais mon mémoire.

– Et c’est parce que je parlais toujours de ton travail sur le « Yi Jing » qu’elle a voulu traiter de cette question. Hier encore, elle m’a expliqué à n’en plus finir qu’« une chose poussée à son extrême se transforme en son contraire ». 

– Et elle s’est encore chargée d’écrire un menu, on dirait qu’elle est également capable de nous préparer un bon repas.

– Mais oui ! Connais-tu un seul Pékinois qui ne soit pas capable d’apprécier la bonne chère ?

– Allons-y, allons donc chez toi faire bonne chère !

– Ah mais ce n’est pas possible aujourd’hui, il y a toute une bande de vieux camarades qui t’attendent !