Planète Chinois
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Retour à Pékin (première partie)

L’avenue grouille de monde et la circulation est intense. Assis dans la voiture, Wang Yi ne cesse de regarder par la fenêtre ; à droite, à gauche, il n’en finit pas de scruter. Xiao Zhang, le chauffeur, lui déclare :

− Je suis désolé professeur Wang, il y a trop de voitures, je ne peux pas aller plus vite.

− Mais c’est très bien ! N’y a-t-il pas un esthète chinois qui affirme qu’ « aller lentement permet de mieux regarder les belles choses » ? répond Wang Yi gaiement.

− Professeur Wang, vous ne reconnaissez plus Pékin, n’est-ce pas ?

− En effet. Me voilà vieux, et Pékin est âgée elle aussi, elle a l’âme d’une extraordinaire cité antique. Qu’importe les changements qu’elle a pu traverser autrefois comme aujourd’hui, rien ne modifie son apparence. Pékin est toujours magnifique !

 

La voiture emprunte une petite rue pour s’arrêter au pied d’un immeuble. Les deux hommes descendent. Wang Yi dit :

− Autrefois, ici, c’était une grande cour à l’intérieur de laquelle il y avait de vieilles maisons. J’en louais une. Par la suite, je suis rentré en Angleterre, mais j’ai continué à payer mon loyer pendant quarante ans pour garder la maison. C’est seulement l’année dernière, quand ils ont décidé de reconstruire ici, que j’ai cessé mes versements.

− Vous aimiez vraiment cet endroit !

− À l’époque, tous les matins au réveil j’entendais les cris des vendeurs ambulants : vendeurs de légumes, de fleurs, etc. C’était une atmosphère très familière.

− Pour ça, maintenant, il n’y a plus aucun vendeur !

− Hélas ! C’est pareil à Londres : autrefois, il y avait un marché célèbre, avec toutes sortes de vendeurs qui criaient, c’était très vivant. Aujourd’hui, c’est devenu un centre commercial. L’atmosphère médiévale a complètement disparu.

− Alors vous ne vous sentez plus du tout à votre aise, n’est-ce pas ? demande Xiao Zhang. Il sait que le vieux sinologue est nostalgique.

− Certes. Mais une ville doit suivre son époque, on ne peut pas la laisser devenir un magasin d’antiquités ! répond Wang Yi en riant.

− Pas étonnant que votre conférence porte sur le thème : « Comprendre le présent en se souvenant du passé » !