Planète Chinois
Planète Chinois

 

Vous êtes ici : Accueil > Lectures > L’un des quatre trésors du lettré à la Cité de l’écrit

L’un des quatre trésors du lettré à la Cité de l’écrit

L’année dernière, le calligraphe Enzhi Yang avait présenté son travail à Planète Chinois (voir vidéo en ligne). Il ouvre cet été le Palais du papier au cœur de la Cité de l’Écrit, à Montmorillon (Vienne). Installé dans le Vieux Palais de la ville transformé en moulin à papier, cet atelier produira et exposera des papiers de tous les horizons.

Le papier, trésor du lettré

En Chine, durant les dynasties du Sud et du Nord (420-581), le papier de riz (宣纸, xuānzhǐ) a été consacré comme l’un des quatre trésors du cabinet du lettré (文房四宝 wénfángsìbǎo), avec le pinceau à lavis (毛笔, máobǐ), l’encre de Chine (墨, mò) et la pierre à encre (砚台, yàntái). Jusqu’à aujourd’hui, la qualité esthétique de la calligraphie chinoise dépend de ces outils essentiels, c’est pourquoi les Chinois attachent historiquement beaucoup d’importance à ces quatre trésors qui symbolisent le lettré chinois.
Le papier est l’une des plus grandes inventions de la Chine antique et l’histoire de ce matériau est intimement liée à celle de la civilisation chinoise. En calligraphie ou en peinture, on utilise le papier xuan, largement fabriqué à Jingxian, dans la province de l’Anhui. Ce papier de riz se distingue par sa blancheur et sa finesse, alliées à une très grande résistance à l’épreuve du temps. Il est également doué d’une qualité d’absorption idéale de l’encre de Chine appliquée au pinceau à lavis, comme le veut la tradition.

L’Atelier de tous les papiers

Avec l’ouverture estivale de ce moulin à papier, Enzhi Yang fait revivre l’un des plus grands symboles de la tradition chinoise. Le calligraphe installé en France depuis une quinzaine d’années expose ses œuvres au sein de sa galerie d’art, à Montmorillon, où il utilise avec prédilection les matériaux simples et naturels que sont le papier, le pinceau à lavis et l’encre de Chine. En partenariat avec la mairie, cet artiste investit alors une autre partie de la Cité de l’Écrit : le Vieux Palais de la ville, actuellement transformé en moulin à papier, est promis à un nouveau destin plus cosmopolite qu’il ne le fut jamais. Le projet du Palais du Papier est en effet de produire non seulement ce fabuleux papier de riz traditionnel chinois, mais aussi des papiers relevant de traditions très diverses, française, thaïlandaise, japonaise ou encore d’Europe du Nord. Ce sanctuaire du papier fera dialoguer des savoir-faire et des traditions intellectuelles du monde entier car, si le papier est universel, il a été appréhendé de manière infinie de par le monde. Alors qu’en Europe le papier répond à des exigences de rigidité, en Asie, il doit avant tout être fin et raffiné. À l’heure où le papier n’est plus le support exclusif de la lecture, ce moulin au bord de la Gartempe nous rappelle qu’il est depuis des siècles, en Chine comme ailleurs, un trésor.

Pour en savoir plus :

  • Enzhi Yang futur maître papetier, Gil Beucher, Presse service 86, 27/04/2010.
  • Enzhi Yang, Un Écho de la nature, poésies et calligraphies chinoises, trad. Bernadette Mellet, Utopiarts, 2009.

revue associée : Planète Chinois n°4