Planète Chinois
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Le peuple wa « 佤族 Wǎ zú »

Entre tradition et modernité

Comme de nombreuses minorités chinoises, les Wa sont attachés à leur culture traditionnelle très ancienne. À travers la création artistique, les plus jeunes générations font vivre cette tradition en l’adaptant à la vie contemporaine, à l’image des six jeunes membres du groupe司岗里 sī găng lĭ, « partir de la colline où l’on a grandi ». Retrouvez leur histoire dans le n°5 de Planète Chinois.

Compléments, à propos des Wa…

Langage

La langue Wa fait partie de la famille austro-asiatique. Avant la création de la République populaire de Chine en 1949, certaines communautés wa utilisaient déjà un alphabet, mais le langage parlé n’avait pas de transcription spécifique. Auparavant, notes et rapports étaient transmis avec des objets concrets, ou bien gravés sur du bambou. Par exemple, la canne à sucre, la banane ou encore le sel signifiaient l’amitié, une plume était synonyme d’urgence, le piment de la colère. Un script alphabétique fut spécialement créé en 1957 pour le wa.

Coutumes familiales

La monogamie était l’unité de base de la famille wa. Le fils héritait des biens familiaux, les filles n’ayant aucun droit de succession. Avant son mariage, un homme pouvait fréquenter plusieurs femmes. Il n’était pas nécessaire de se rendre vierge au lit nuptial. Des groupes de jeunes hommes et femmes se rencontraient et se chantaient des chansons d’amour. Après avoir donné à l’élu de son cœur des feuilles de tabac ou des noix de bétel en guise de preuve d’amour, le couple pouvait faire ce qu’il voulait. Mais une telle liberté ne durait pas après le mariage arrangé par les parents. Le mari devait payer une dot en bétail Et, mariées de force, les jeunes femmes prenaient souvent la fuite.

Légende du tambour en bois

Il y a longtemps, les villages wa étaient régulièrement victimes de catastrophes naturelles. Les habitants décidèrent de fabriquer un tambour afin d’invoquer la protection des dieux. Comme aucun son ne sortait de l’instrument, une vieille femme conseilla de donner au tambour la forme d’une femme. Les artisans réfléchirent, puis comprirent qu’elle sous-entendait « la forme d’un sexe féminin ». Le tambour de bois (keluoke en langage Wa) produisit alors des sons. Depuis, il symbolise la mère. Le tambour traditionnel wa mesure généralement deux mètres de long pour un diamètre de cinquante centimètres à un mètre. Il en existe deux sortes : le tambour mâle, qui produit des sons graves et forts, et le tambour femelle à la tonalité plus mélodieuse et plus aigue.

revue associée : Planète Chinois n°5

article associé : Les gens p.34