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Jouets chinois d’hier

Aujourd’hui, en Chine comme ailleurs, les enfants ont accès à d’innombrables jouets électroniques, aux jeux vidéo, etc. Mais à quoi jouaient leurs parents et leurs grands-parents ? Quels sont ces jouets très simples qui ont bercé l’enfance des générations précédentes et qui subsistent encore aujourd’hui comme les plus classiques ?


Quelle que soit la famille dont nous sommes issus, fortunée ou plus modeste, occidentale ou orientale, les jouets ont illuminé notre enfance. En Chine, les plus vieux jouets, des sculptures d’animaux en argile trouvés par des archéologues, datent d’il y a six ou sept mille ans. Des jouets très complexes ont remplacés les petits objets du passé, mais aux yeux d’un enfant, la différence entre une maquette d’avion et un bout de bois n’est pas si grande.

1.

Les jouets chinois anciens ont souvent des noms poétiques, comme par exemple « le vaisseau en flèche » (tóuhú 投壶), un jeu de fléchettes. Leur seul nom résonne dans la culture populaire et dans les expressions chinoises. Le jeu du « cheval de bambou » (竹马 zhúmǎ), simple bâton de bambou, était aussi très répandu. Bien qu’il ne soit plus aussi populaire qu’il l’a été, il a inspiré un idiome qui restera à jamais, « prune verte et cheval de bambou » (qīngméi zhúmǎ青梅竹马》), et qui évoque des amours de jeunesse : une fille respirant timidement des prunes vertes tandis qu’un garçon vient à sa rencontre sur un cheval de bambou.

2.

Pour n’importe quel adulte chinois aujourd’hui, le jouet le plus classique est une crécelle en forme de tambour (bōlanggǔ 拨浪鼓). Autrefois véritable instrument de musique, elle fut utilisée comme un jouet pendant un millénaire.

3.

Les petits jouets en fer blanc étaient très répandus dans les années 1980. Mais au début de leur fabrication à Shanghai, dans les années 1920, la plupart des enfants n’y avaient pas accès. Pour une famille ordinaire de l’époque, acheter un jouet comme le classique « poulet picorant du riz » (xiǎojī zhuó mǐ 小鸡啄米), dont les deux barres coulissantes actionnent les deux poulets qui picorent alternativement, était impossible. Transmis de génération en génération, les fameux poulets picorent toujours.

4.

Pour les familles qui n’avaient pas les moyens d’acheter un jouet en métal dans les années 1920 (la majorité), les jouets étaient souvent fabriqués à la main. Tout objet de la vie quotidienne pouvait servir. La plupart des enfants jouaient avec des feuilles d’arbres. Les plus prisées étaient les feuilles de caroubier. Il fallait d’abord retirer la feuille, en ne gardant que la tige. Puis on enroulait sa tige autour de celles des autres, pour voir laquelle casserait en premier. Les enfants tordaient aussi les feuilles pour jouer à cuisiner des beignets frits à la manière des (yóutiáo 油条) ou de la pâte entortillée frite (máhuā 麻花), une spécialité de Tianjin.

5.

Autrefois, les garçons ne jouaient pas encore au lance-pierre ou aux pistolets électriques qui n’arrivèrent qu’à la fin des années 1980. Jusqu’à la fin des années 1970 au moins, le cerceau (tiěhuán 铁环), avec sa baguette en métal, était très répandu. Aujourd’hui, on n’en trouve plus.

6.

Au début des années 1980, les parents achetaient rarement des jouets dans les magasins. Ils fabriquaient des pistolets en bois et des jouets en papier pour leurs enfants. À la campagne, les enfants jouaient avec tout ce qu’ils pouvaient trouver. La boue était utilisée comme pâte à modele. On la récoltait le long des rivières et on pouvait réaliser des voitures, des figurines ou toute sorte de petits objets.

7.

Les enfants jouaient parfois avec des os qu’ils pouvaient trouver. Au nord-est de la Chine, un des jeux favoris était le yángguǎi (羊拐), composé de quatre ou cinq osselets de chevilles d’agneau. Les règles étaient compliquée, mais consistaient, en résumé, à ajuster et empiler les os sur une seule main pendant un certain temps. Comme un agneau ne possède que deux de ces os, il était difficile de se procurer un jeu entier. Par la suite, les osselets en plastique ont été produits et le jeu est devenu populaire dans toute la Chine.

8.

À la fin des années 1980, beaucoup de nouveaux jeux apparurent, qui étaient aussi populaires en Occident. Le jeu favori des filles était la balle aki (shābāo 沙包), littéralement « sac de sable », que l’on remplissait avec du riz. Les filles jouaient aussi à l’élastique, ou à la corde à sauter (píjīn 皮筋), en chantant des airs tels que Petit cheval sautant la rivière (Xiǎomǎ guòhé 小马过河) et Fleur de Malan (Mǎlán huā 马兰花).

9.

Avec les années 1980, les jouets mécaniques firent leur apparition, mais restaient trop chers pour la plupart des familles. Un des plus populaires, « Petit Ours prend des photos » (Xiǎoxióng pāizhào 小熊拍照), était un petit ours en plastique habillé d’un costume qui marchait et prenait des photos. Une petite lumière placée dans son appareil déclenchait un flash, ce qui en faisait l’intérêt à l’époque.

 

Zhao Lei

Retrouvez le dossier « Grandir en Chine » dans le n°7 de Planète Chinois.

revue associée : Planète Chinois n°7

article associé : Dossier p.18

crédits photo : Lj