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Introduction

Avant la guerre, le Front populaire décide de prolonger la scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans. Cette mesure n’a eu qu’une faible incidence sur le recrutement des lycées, car étudier dans un lycée reste un privilège auquel n’accède qu’une petite partie de la jeunesse scolarisée. Écoles et lycées sont encore deux mondes séparés. Les enfants que leurs parents destinent à des études secondaires commencent souvent leur cursus dans un « petit lycée » qui couvre tous les niveaux du primaire et du collège, avant de passer dans les « grandes classes » qui préparent au bac.
En 1941, le gouvernement de Vichy supprime le primaire supérieur et les écoles normales d’instituteurs, trop identifiés à la Troisième République. Les élèves-maitres sont, par conséquent, transférés dans les lycées dont ils étaient jusque-là absents.
Traditionnellement ces établissements sont fermés, protégés du monde extérieur par leur finalité éducative et par un règlement auquel externes et internes doivent se plier. La défaite et l’occupation perturbent les certitudes. La guerre passe les murs des établissements et s’invite parfois jusque dans les salles de classe.
Courbés sous le même joug que le reste du pays, les lycées, en apparence, ne s’en démarquent pas. On y trouve chez les professeurs comme chez les élèves des individus engagés, des attentistes et des indifférents. Une nuance cependant, elle tient à la jeunesse. Ceux qui expriment leur refus de l’occupation et de Vichy, le manifeste avec l’audace, voire l’imprudence de leur âge. On peut avec Raymond Aubrac « reconnaître que cette génération de jeunes qui avaient au moins 14 ans en 1940 fut en grande partie engagée tôt ou tard dans ce refus du prétendu ordre public, souvent en acceptant des risques, par une réaction de la conscience contre les injustices. Constater l’injustice, la refuser et la combattre, c’est tout simplement “résister” ».
Les documents et les pistes pédagogiques que nous présentons dans ce dossier n’ont pas la prétention de dresser un tableau complet des lycées dans la France des années de guerre. Ils invitent simplement à réfléchir sur le cheminement qui conduit des membres de la communauté scolaire du refus à l’engagement dans la Résistance, parfois au sacrifice de leur vie.