Itinéraire 5 : Le tourisme et la mer : un couple infernal ?

Conférence-débat : « Se baigner, se montrer : du bon usage de la plage »

Organisée par Anthony SIMON, professeur, université de Lyon 2
Animée par Bernard KAPP, Courrier International
Participants : Jean RIEUCAU, professeur, université de Lyon 2

Résumé

La promenade maritime et sa playa, forme urbaine innovante en Espagne1

L’Espagne, dans la période 1955-1970, donne naissance à un modèle de tourisme, le sol y playa ou tourisme de plage, fondé par ordre décroissant d’importance au sein des pratiques sur : le soleil, la plage, la mer. Ce tourisme destiné à des populations de niveau social moyen se caractérise par des investissements désordonnés, insuffisants en infrastructures ainsi qu’en aménagements. Ce tourisme massif présente bien des effets économiques, spatiaux et environnementaux négatifs : indifférenciation du produit entre stations devenues rapidement obsolètes, prolifération touristique incontrôlée, importante spéculation foncière et immobilière, envahissement des littoraux, altération des paysages et du milieu côtier.

En Espagne, au début du XXIe siècle, la fonction balnéaire stricto sensu de la playa se transforme. La plage et la promenade maritime contiguë, aménagées en symbiose, constituent une forme urbaine innovante qui s’intègre progressivement à l’espace public ainsi qu’au tissu urbain. En Europe et dans le monde, l’Espagne occupe une place spécifique et précurseuse pour l’aménagement des façades maritimes (front de mer et plage) de ses villes et stations touristiques. Sur l’ensemble des côtes du pays, est mis en œuvre le concept de fachada maritima qui permet un usage public diurne et nocturne différencié, du binôme paseo/playa. À l’intérieur de cette forme urbaine renouvelée, les promenades maritimes marquent la limite d’extension de la ville et doivent protéger le littoral. La promenade maritime assure un lien entre les zones urbanisées et la plage en tant qu’espace naturel et doit également faciliter l’accès public au littoral. Le double impératif, de socialisation spécifique aux paseos et de contact, le plus aseptisé et sécurisé possible avec l’espace marin, devient un enjeu majeur de la gouvernance urbaine des stations littorales.

En Espagne, déambuler en bord de mer, en début de soirée, le long d’une promenade urbaine, constitue une tradition citadine, revisitée dans les stations et les villes côtières, par les aménageurs et les urbanistes, depuis les années 1990. Dans le monde méditerranéen non musulman, la vie publique prend place dans la rue. L’ensemble de la société prend part à la promenade de début de soirée, en été, en Italie (passegiatta) en Espagne (paseo). En Espagne, il existe un goût plus prononcé qu’ailleurs sur le pourtour de la Méditerranée, pour la déambulation nocturne, au sein d’espaces publics dans lesquels la foule est essentielle pour une mise en scène de la vie citadine. La promenade nocturne constitue un trait de l’urbanité hispanique, puisque le paseo castillan, dans un climat plus rude, sert aussi de linéaire de déambulation.

D’autre part, pour diversifier le tout balnéaire, les acteurs du tourisme multiplient, dans le rétrolittoral, les équipements distractifs de nature hors-sol (port de plaisance, golf, parc animalier, centre aquatique, parc à thèmes…). Au sein des parcs thématiques, la mise en place des plages artificielles, au fonctionnement désaisonnalisé, commence à concurrencer les plages maritimes, longtemps unique pilier de l’offre touristique du sol y playa.

Ces thématiques seront développées à partir d’exemples pris dans des stations côtières de la Costa Daurada en Catalogne (Salou, Cambrils, la Pineda, Tarragone), de la Costa Blanca dans la Communauté valencienne (Benidorm, Torrevieja), de la Costa del Sol en Andalousie (Fuengirola, Torremolinos, Marbella).

1Ordinateur portable Macintosh fourni par l’intervenant. Conférence appuyée sur un Power Point de 20 diapositives

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