CRDP

Accueil > Les numéros > DocSciences 12 : L’évolution en marche

Un reptile panchronique

JPEG - 184.1 ko
Un reptile panchronique - © Tony Whitaker, Nouvelle-Zélande

Le sphénodon est l’unique représentant de l’ordre des Rynchocéphales, les proches parents des lézards et des serpents actuels apparus au début de l’ère secondaire, il y a 220 Ma.

Les Rynchocéphales ont prospéré sur toute la planète depuis le Trias puis ont décliné il y a 60 Ma, après la disparition des dinosaures. Aujourd’hui, il ne subsiste que deux espèces endémiques, Sphenodon punctatus et Sphenodon guntheri, dans les îles de la Nouvelle-Zélande. Le sphénodon était appelé aussi tuatara (pointes sur le dos) par les Maoris au xviiie siècle qui voyaient en lui un monstre anthropophage.

Le sphénodon ressemble à un petit iguane épineux de 60 à 80 centimètres de long pour les mâles et 50 centimètres pour les femelles. Le corps est recouvert d’une carapace de plaques écailleuses pourvue d’une crête dorsale et cervicale constituée d’écailles cornées et mobiles.

Comme les lézards, il est capable de sectionner une partie de sa queue (autotomie) pour échapper à un prédateur, et comme les crocodiles il possède des arcades sourcilières. Le sphénodon a cependant des caractéristiques anatomiques propres qui le rapprochent d’espèces fossiles. Ses dents sont soudées aux mâchoires, il n’a pas d’oreille externe ni de tympan et possède un troisième œil avorté sur le sommet du crâne, l’œil pinéal, qui joue un rôle particulier dans la thermorégulation et les biorythmes.

C’est un animal nocturne et adapté à des températures basses, entre 10 et 15 °C, ce qui est rare chez les reptiles. Enfin, le mâle n’a pas d’organe copulateur, fait aussi unique chez les reptiles. L’accouplement a lieu par contact des cloaques, comme chez les oiseaux. La reproduction est ovipare et très rare en captivité, mais un événement s’est produit en 2009 au Muséum Southland de la ville d’Invercargill, en Nouvelle-Zélande : des œufs ont éclos après deux cent vingt-trois jours d’incubation, suite à l’accouplement d’un mâle vieux de 111 ans et d’une femelle de plus de 70 ans.

Un spécimen naturalisé est exposé à la ménagerie du Jardin des plantes à Paris.

Remerciements

  • Ivan Ineich, MNHN, département Systématique évolution
  • Jean-Claude Rage, MNHN, département Histoire de la Terre.