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Travail et pensée d’Ada Lovelace

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Portrait d’Ada Lovelace en 1838
Source : Wikimedia Commons

Ada Lovelace (1815-1852) fut l’assistante de Charles Babbage (1791-1871), le mathématicien qui conçoit, en 1821, le premier ordinateur. Cette machine a presque marché, à quelques roues dentées près ! Trop difficile à réaliser uniquement avec de la mécanique, il a faudra attendre un siècle que la technologie électronique se développe pour que ce « principe » devienne réalisable.

Très concrètement, Ada Lovelace traduit pour Babbage une conférence sur une « machine analytique » en y ajoutant de nombreuses notes. Cette machine effectuerait automatiquement des opérations abstraites pour « nous faire gagner du temps de travail, écrit-elle en 1843, et nous permettre de refaire sans étourderie des opérations que nous aurions bien définies ». Ada complète ces premiers programmes informatiques, un siècle avant que l’électronique permette de les construire de manière satisfaisante. Elle va faire deux choses essentielles :

  • corriger les erreurs qui se sont glissées dans les premières versions des programmes ;
  • rédiger une documentation claire et accessible de cette machine analytique.

Corriger les erreurs, les fameux « bugs », et faire des documentations accessibles représente encore aujourd’hui, un siècle et demi plus tard, deux terribles défis pour tous les informaticiens !

La pensée d’Ada va plus loin, elle a déjà compris quelle est la place de l’informatique : « la machine analytique n’a nullement la prétention de créer quelque chose par elle-même. Elle peut exécuter tout ce que nous saurons lui ordonner d’exécuter [...] Son rôle est de nous aider à effectuer ce que nous savons déjà dominer. » Selon elle, ces « mathématiques incarnées » peuvent être appliquées à l’astronomie, à la physique, etc. ce que personne ne croit à l’époque. Ada, mathématicienne, comprend ce que les futurs ordinateurs pourront faire : « De nombreuses personnes qui entendent mal les études mathématiques pensent que parce que le travail de la machine est de donner des résultats en notation numérique, la nature du processus doit forcément être arithmétique et numérique, plutôt qu’algébrique et analytique. C’est une erreur... La machine peut produire trois types de résultats : [...] symboliques [...] ; numériques [...] ; et algébriques en notation littérale. »
Oui, Ada a raison : des nombres et des signes. Voilà la matière des algorithmes.

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Voir également : Les fiancées des sciences