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Décryptage

Machines à penser

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© A. Couty, CRDP de l’académie de Versailles
Reproduction de l’une des machines de Raymond Lulle.

C’est au XIIIe siècle que Raymond Lulle, philosophe et théologien catalan, conçoit des « machines à penser ». Celle représentée ici est constituée de deux anneaux circulaires mobiles permettant de faire coïncider plusieurs concepts afin de découvrir des relations possibles entre eux et démontrer des vérités théologiques. Ici, les lettres de B à K (cercle extérieur) représentent des attributs de Dieu reflétés dans la réalité créée. En parcourant le triangle vert, on peut obtenir B (différence), C (concordance) et D (contradiction), ce qui permet de former avec le deuxième anneau, les propositions : « la privation des contraires est la cause de la différence et la conjonction des accords » ou encore « la concordance est la conjonction des différentes causes et la suppression des contraires ». Derrière ces jugements souvent obscurs, Raymond Lulle développe le projet de mécaniser des raisonnements logiques, projet qui en passant par Leibniz, Boole et Turing, se concrétise réellement avec l’avènement de l’informatique.