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Accueil > Les numéros Junior > DocSciences Junior n°3 : L’énergie De nouveaux horizons

Les énergies qui font tourner le monde

Notre modèle énergétique a montré ses limites. Aujourd’hui, se posent de sérieux problèmes. Il faut assurer la sécurité d’approvisionnement, la compétitivité économique et autant que possible l’indépendance énergétique alors que les importations d’hydrocarbures pèsent lourdement dans le déficit de la balance commerciale. Notre planète se réchauffe du fait de l’utilisation croissante d’énergies fossiles émettant des gaz à effet de serre, ce qui génère des changements climatiques. Il devient donc nécessaire de repenser notre mode de production et de consommation d’énergie.

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© Wahid Mendil, Réseau Canopé, 2014

Notre pays ne dispose pas de grandes ressources énergétiques. Nos gisements de pétrole et de gaz conventionnels sont limités et en cours d’épuisement. L’exploitation du charbon, économiquement déficitaire, a été abandonnée.
La France doit donc élaborer une politique énergétique permettant d’assurer la sécurité d’approvisionnement de ces énergies et des prix maîtrisés.

La France engagée dans une transition énergétique

Un projet de Loi sur « la transition énergétique pour la croissance verte » est actuellement en discussion. Il fait le choix de ne pas opposer les différentes énergies mais d’organiser leur complémentarité pour créer un nouveau modèle énergétique évolutif plus diversifié.

Pour cela, il propose de :

  • porter la part des énergies renouvelables à 23 % (de notre consommation énergétique finale brute en 2020) et à 32 % en 2030 ;
  • réduire la consommation d’énergies fossiles de 30 % en 2030 (par rapport à 2012) ;
  • réduire la consommation énergétique finale de 50 % en 2050 (par rapport à 2012 ;
  • réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % (entre 1990 et 2030 et les diviser par 4 à l’horizon 2050).

Ce projet de loi prévoit également de développer les transports propres afin d’améliorer la qualité de l’air que nous respirons et de lutter contre les gaspillages en faisant évoluer nos modes de production pour réduire notre impact environnemental.

Pour atteindre ces objectifs ambitieux, il est notamment nécessaire de réduire notre facture énergétique :

  • dans le secteur du bâtiment, des aides vont être développées pour favoriser la rénovation. Cela devrait générer 70 000 emplois en 3 ans !
  • dans le secteur des transports, l’État souhaite favoriser le renouvellement du parc automobile et développer les véhicules électriques, notamment en déployant les bornes de recharge.
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Le quartier de La Défense la nuit. © Sylvain Giguet/MEDDE-MLETR

Sur tout le territoire, de nombreuses actions sont déjà engagées dans cette transition énergétique, et notamment :

  • les « 200 territoires à énergie positive pour la croissance verte », une initiative qui vise à couvrir les besoins énergétiques d’un territoire par des sources renouvelables locales tout en réduisant les besoins d’énergie au maximum. Ces projets, portés par des élus, s’inscrivent dans le cadre de démarches participatives qui associent les acteurs économiques, les associations et les citoyens.
  • le défi « Familles à énergies positives » ou comment 7 500 familles ont tenté de diminuer, sur l’année 2014, de 8 % leur consommation d’énergie par rapport à l’hiver précédent, grâce à leurs seules actions sur le chauffage, l’eau chaude, les équipements électriques... Ces familles ont, en moyenne, réalisé une économie de 15 % (soit près de 13 GWh sur une année) et un gain sur la facture d’environ 200 euros. Cette initiative, lancée depuis 2008, a déjà permis à 16 000 familles de prendre conscience qu’il est possible de réduire sa consommation d’énergie, et donc sa facture, avec quelques bonnes habitudes. Une réussite qui incite certains à aller plus loin : un tiers des familles a investi dans des appareils de chauffage plus performants, de la régulation ou encore l’isolation et plus de la moitié des participants envisage des travaux à plus long terme pour pérenniser les économies réalisées, et en réaliser encore davantage.

En Europe et dans le monde

La consommation d’énergie mondiale a plus que doublé depuis 1973.
Les pays émergents consomment de plus en plus d’énergie. La Chine est devenue en quelques années le premier consommateur mondial d’énergie. Le charbon reste souvent l’une des principales sources d’énergie de ces pays.

Les énergies renouvelables (solaire, éolien, géothermie) connaissent une croissance rapide mais ne représentent encore qu’une faible part de la consommation finale d’énergie mondiale.

Suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima, au Japon, les réflexions sur la poursuite ou le lancement de programmes nucléaires sont relancés. Le Japon engage une révision globale de sa politique énergétique, l’Allemagne accélère son programme de sortie du nucléaire. En 2012, en Europe, le pétrole demeure la source d’énergie prépondérante. Il représente plus du tiers de la consommation intérieure brute d’énergie. La part des énergies renouvelables est plus modeste mais l’Union européenne a pour objectif d’amener cette proportion à une valeur moyenne de 20 % de la consommation finale énergétique en 2020 (et de 27 % en 2030).

De même, l’Europe veut réduire les émissions de gaz à effets de serre de 20 % d’ici 2020 (et de 40 % d’ici 2030) par rapport au niveau de 2005. Ces objectifs moyens ont été déclinés pour chaque État membre selon sa propre situation.

La France est encore loin de son objectif pour la part des énergies renouvelables, mais proche de celui des émissions de gaz à effet de serre.

  • Consommation finale d’énergie mondiale
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Consommation finale d’énergie mondiale

Dans le monde, la consommation d’énergie est encore trop liée aux énergies fossiles : pétrole, charbon, gaz. Il est nécessaire de développer les énergies renouvelables qui représentent encore aujourd’hui moins de 15 % de notre consommation d’énergie mondiale.

  • Consommation finale d’énergie en France
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Consommation finale d’énergie en France

Le bouquet énergétique primaire de la France est stable depuis le milieu des années 2000. En 2012, les principaux phénomènes notables ont été la légère poussée des énergies renouvelables thermiques et de la valorisation des déchets, au détriment du pétrole et du gaz naturel.

  • Consommation finale d’énergie de l’Union européenne par source d’énergie
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Consommation finale d’énergie de l’Union européene par source d’énergie

Dans l’Union européenne, en 2012, le pétrole constitue la principale source d’énergie de la consommation intérieure brute énergétique et assure plus d’un tiers de celle-ci. Le gaz est la deuxième forme d’énergie la plus importante (23,3 % de la consommation primaire), l’électricité non renouvelable se situant en troisième position (13,6 %). Les énergies renouvelables contribuent encore trop faiblement à la consommation intérieure brute européenne.