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La biodiversité en chiffres

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La biodiversité en chiffres © A. Couty/CRDP Versailles
La biodiversité correspond à la diversité du vivant et se définit au niveau des écosystèmes, des espèces et de la génétique.

La biodiversité se définit à trois niveaux emboîtés : la biodiversité des écosystèmes, la biodiversité des espèces, la biodiversité génétique. Combien d’espèces vivent sur Terre ? Tout chiffre ne peut être qu’une estimation. Cependant, un grand nombre d’espèces actuelles reste encore à découvrir (on parle de 8 à 12 millions). Une évaluation d’autant plus difficile que l’extinction peut toucher des espèces non encore découvertes, et que cette dernière s’est accélérée du fait des activités anthropiques (valeur maximale estimée 0,1 % d’extinctions par an, soit 8 000 à 12 000 espèces concernées, sachant que 18 000 nouvelles espèces sont décrites par an).

Par ailleurs, au cours des temps géologiques, la biodiversité spécifique s’est modifiée : des espèces sont apparues, d’autres ont disparu, donc les espèces actuelles ne représentent qu’une très faible part de la biodiversité spécifique ayant existé (1 millième). Pourtant, l’identification de nouvelles espèces et leur classification permettent d’améliorer la compréhension de l’évolution. La biodiversité n’est pas équivalente dans chaque taxon, ainsi il existe une plus grande biodiversité chez les insectes ou les bactéries que chez les vertébrés. La survie face aux changements environnementaux dépend de cette biodiversité qu’il faut préserver, d’autant plus au regard de l’interdépendance des espèces.


Valérie Oliveira
Professeure
Sciences de la vie et de la Terre

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État des connaissances pour cinq grands groupes d’êtres vivants (représentation non proportionnelle). © A. Couty/CRDP Versailles
La biodiversité correspond à la diversité du vivant et se définit au niveau des écosystèmes, des espèces et de la génétique. Le nombre des espèces à découvrir ne peut être qu’une estimation (entre 8 et 12 millions) puisque beaucoup disparaissent avant d’avoir été découvertes. C’est au sein de cette biodiversité que des solutions existent pour faire face aux changements environnementaux et son étude contribue à notre compréhension de l’évolution.

La biodiversité en chiffres

Parce que la diversité du vivant est une caractéristique fondamentale de notre planète et parce qu’en biologie l’espèce est le pivot sur lequel on articule toutes les connaissances sur le vivant, dresser l’inventaire des espèces décrites et évaluer celles qui restent à découvrir est une nécessité. Il permet de documenter la biodiversité et d’organiser l’acquisition des nouvelles connaissances en biologie pour une meilleure compréhension générale de l’évolution et de l’organisation de la vie sur Terre. Quelque 18 000 nouvelles espèces sont décrites chaque année, mais toutes les inventorier depuis Linné, et trier celles qui auraient été décrites plusieurs fois ou confondues sous un même nom, est un travail d’expert bien plus difficile qu’il n’y paraît.

Depuis 2001, le projet Catalogue of Life en a recensé près de 1,4 million à partir des données de quelque 120 bases taxonomiques à travers le monde. Arthur Chapman, un scientifique australien, évaluait en 2009 à environ 1,9 million d’espèces déjà décrites, dont près d’un million d’insectes, 280 000 plantes, 99 000 champignons, 55 000 unicellulaires et 5 487 mammifères. Mais parallèlement à leur découverte, on estime que des espèces décrites ou non décrites s’éteignent à un rythme accéléré de 0,01 % à 1 % toutes les décennies. Alors combien y en aurait-il ? Des extrapolations prenant en compte l’éthoécologie des espèces connues, ou des modélisations à partir de ce qui est déjà connu, fournissent une fourchette large de 3 à 100 millions d’espèces. Pour Chapman, il y en aurait 11,3 millions, dont quelque 5 millions d’insectes, 370 000 plantes et 5 500 mammifères.

Avec les insectes, ce sont surtout les champignons (estimés à 1,5 million) et les unicellulaires (estimés à 2,6 millions) où la connaissance de la biodiversité reste la plus lacunaire. Si on estime aujourd’hui qu’il y a entre 8 et 12 millions d’espèces, l’évaluation du cortège des unicellulaires parasites propres à chacune des espèces pluricellulaires reste très difficile. Cependant, quelle que soit l’extrapolation, cela ne constitue qu’une fraction infime de toute la biodiversité qui s’est développée sur Terre : les espèces actuelles ne représenteraient qu’un millième de ce qui a existé ! Nommer et reconnaître n’est cependant pas connaître !

Explorer, décrire et rapporter restent les tâches fondamentales des systématiciens si l’on veut un jour vraiment comprendre comment la biodiversité fonctionne et s’intègre… depuis notre petit coin de jardin jusqu’à l’ensemble de la planète.


Pr Thierry Bourgoin
Muséum national d’Histoire naturelle
Département Systématique & Évolution
UMR 7205 MNHN-CNRS

Place dans les programmes

Sciences de la vie et de la Terre
Cycle III
SCIENCES EXPÉRIMENTALES ET TECHNOLOGIQUES

  • CM1-CM2 : unité et diversité du monde vivant : présentation de la biodiversité ; présentation de la classification du vivant ; les êtres vivants dans leur environnement.

Collège

  • 6e : caractéristiques de l’environnement proche et répartition des êtres vivants ; diversité, parentés et unité des êtres vivants.

Lycée

  • Seconde : la Terre dans l’univers, la vie et l’évolution du vivant : une planète habitée. Sous-partie : la biodiversité, résultat et étape de l’évolution. La biodiversité est à la fois la diversité des écosystèmes, la diversité des espèces et la diversité génétique au sein des espèces.
  • Première S : sujet de TPE.
  • Terminale S : de la diversification des êtres vivants à l’évolution de la biodiversité.