CRDP

Accueil > Les numéros > DocSciences 6 : L’espace pour gérer la Terre

La Terre sous étroite surveillance

La Terre est un jardin planétaire aux ressources naturelles limitées que se partagent tant bien que mal presque 7 milliards de personnes. Grâce à l’espace, l’homme prend pleinement conscience de son empreinte durable sur l’environnement à toutes les échelles, du local au global.

Avec les premières images de la Terre vue de l’espace et les premiers vols habités, l’homme a fait coup double : accomplir une véritable prouesse technologique, mais aussi réaliser son plus vieux rêve, celui de s’élever dans l’espace. « L’homme doit s’élever au-dessus de la Terre – aux limites de l’atmosphère et au-delà – ainsi seulement pourra-t-il comprendre tout à fait le monde dans lequel il vit », disait Socrate en 450 av. J.-C. En même temps, l’homme a découvert avec émerveillement une planète d’une incroyable richesse. Ce fabuleux trésor que nous révèle l’espace cache en réalité de grandes fragilités : la capacité des écosystèmes à s’adapter aux variations du milieu semble inexorablement faiblir sous la pression croissante des effets anthropiques et du changement climatique.

JPEG - 147.6 ko
Transport de poussières du Sahara au-dessus du delta du Nil (© Cnes 2003/by courtesy of the Vegetation Programme, produced by VITO)
D ÉlèvCe Les observations satellitaires permettent de suivre la progression des poussières du Sahara. Elles sont transportées dans l’atmosphère vers le Nil et la Méditérranée et ont pour effet d’empêcher la lumière du soleil de passer.

POINT DE RUPTURE : LA BIODIVERSITÉ MENACÉE

L’environnement aurait-il atteint un point de rupture, au-delà d’un seuil d’équilibre qui permet d’assurer aux générations futures les mêmes avantages et services que ceux que la planète nous procure actuellement ? Les ressources naturelles, grâce auxquelles l’homme se procure l’énergie et se nourrit, ne parviennent plus à se régénérer au rythme des prélèvements et des activités humaines : la forêt tropicale continue de régresser et paraît menacée jusque dans les zones les plus reculées, la biodiversité subit des pertes importantes avec la disparition d’espèces avant même que l’homme ne les découvre, rien ne semble pouvoir arrêter l’avancée des déserts, la dégradation et parfois la salinisation des sols s’accélère dans certaines régions, la raréfaction de l’accès aux ressources en eau pourrait provoquer des conflits, le spectre des famines et des crises alimentaires mondiales refait son apparition… Globalement, c’est l’accès et le partage équitable des ressources qui paraissent menacés.

UN DÉFI MONDIAL

Seize ans après Rio, six ans après le Sommet mondial de Johannesburg, on doit constater que le concept de développement durable, présenté bien souvent comme la solution miracle, n’a pas encore rempli toutes ses promesses. En l’absence d’une gouvernance mondiale qui reposerait sur les trois piliers (économie, environnement, social) du développement durable nous ne sommes pas encore passés d’une croissance quantitative à une croissance qualitative. Mais la prise de conscience a au moins le mérite de poser le problème dans sa globalité, en mettant en lumière les limites du court terme et du matériel et en responsabilisant tous les acteurs politiques, institutionnels, gouvernementaux, internationaux, ONG… Le développement durable ne se limite pas aux enjeux scientifiques et économiques, intimement liés à la mondialisation des échanges, mais s’impose comme un défi de gouvernance mondiale fondé sur des références éthiques : solidarité entre les générations et entre les pays, partage des ressources vitales, ou encore application du principe de précaution.

L’ESPACE À LA RESCOUSSE

L’espace s’est très vite imposé comme une source d’information incontournable et objective pour la prise de décision dans la gestion durable de l’environnement, mais aussi comme un levier de réflexion dans la prise en compte de la dimension éthique face aux nouvelles technologies. Ce n’est que depuis une trentaine d’années que les satellites d’observation de la Terre nous renseignent sur l’état de la planète : mais à l’échelle des variations climatiques, c’est si peu ! Dans les années 1970, les observations étaient encore très fragmentaires et incomplètes. Puis les avancées technologiques ont rapidement permis aux gouvernements et aux organisations internationales de développer des programmes ambitieux : aujourd’hui, c’est plus d’une cinquantaine de satellites civils qui surveillent la planète sous toutes ses « coutures », des océans à l’occupation des sols en passant par la composition de l’atmosphère.

En savoir plus

Voir également : la galerie « La Terre vue de l’espace »

Livres

  • Arnould J. et Chabreuil A., (ss dir.), De l’espace pour la Terre, l’oeil du satellite au service des hommes et de leur planète, coll.« Ciels du monde », Cnes, Le Cherche Midi, 2006.
  • Cazenave A. et Massonnet D., La Terre vue de l’Espace, Éd. Broché, 2005.
  • Trompette R., La Terre, une planète singulière, coll. « Bibliothèque scientifique », Belin, 2003.

Sites web