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L’homme qui décrypte les signaux

Expert européen en conception, émission et réception de signaux de radionavigation, Jean-Luc Issler navigue entre recherche, management, conférences et réunions dans le monde entier. Sans compter les récompenses et les prix ! Les yeux tournés vers le ciel, mais la tête froide.

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Exemple d’applications du système de navigation par satellite Galiléo et Giove (© ESA/ZigZag-DR, 2005)

Parce que la recherche est affaire collective. D’autant que Galileo, concept-phare de l’autonomie européenne, s’appuie sur une technologie de pointe qui doit assurer un servicemondial de grande fiabilité en complémentarité avec le système GPS. Jean-Luc Issler confie : « Nous travaillons aussi sur les récepteurs de radionavigation en orbite et au sol. » Des récepteurs sans cesse renouvelés, enrichis, déclinés qui permettent de se positionner plus exactement et plus finement dans l’espace et dans le temps. Compatibles avec GPS et Galileo, tous ces récepteurs visent à « un système compétitif et à bas coût ». Jean-Luc Issler y tient beaucoup : « Je n’oublie jamais de vue l’interopérabilité des signaux et récepteurs, la performance de leur mesure compatible avec un système de très haute sécurité. J’envisage toujours des critères haut niveau de conception. » Pour une navigation satellitaire indépendante, précise, fiable et robuste. D’autant que si Galileo a déjà lancé deux satellites de radionavigation, son homologue chinois Compass peut se prévaloir de cinq succès quand l’acteur indien IRNSS prévoit une constellation nationale de sept satellites de type GPS avec un renfort mondial à venir de trente engins.En 2013, la constellationGalileo comptera elle aussi autant de satellites placés sur trois plans d’orbite.

VOUS AVEZ DIT TMTC ?

Le deuxième pôle de recherche du laboratoire de Jean-Luc Issler, la TMTC, recouvre les liaisons entre le sol et les satellitesmais encore les liaisons inter-satellites. Il s’agit, par exemple, « d’établir d’ici quelques années une liaison entre un orbiteur tournant autour du noyau d’une comète au-delà de Jupiter et un atterrisseur qui se posera sur le noyau de la comète ». Et si ce projet, initié par l’Agence spatiale européenne, le Cnes et le DLR, s’appelle Rosetta, sa sonde Champollion et son atterrisseur Philae, c’est qu’il servira à analyser les origines du système solaire. Rien de moins ! Et puis, comme il l’explique : « Nous travaillons aussi dans le domaine des liaisons martiennes. Nous développons un prototype miniaturisé et numérisé de transpondeur pour établir des communications entre un orbiteur autour deMars et un atterrisseur ou un robot à roulettes sur le sol martien. » Avec en ligne de mire l’atterrissage prévu pour 2016 de la sonde européenne ExoMars.

L’ALPHA ET L’OMÉGA DU MÉTIER

Le dernier plan d’action de Jean-Luc Issler consiste à étudier « le comportement de la propagation des ondes électriques – qui servent à toutes nos liaisons radio spatiales dans l’atmosphère, l’ionosphère et l’environnement urbain. Une étude qui porte toujours sur les fréquences et les perturbations des signaux.De fait, le traitement du signal est l’alpha et l’oméga de son métier. Et le signal, le chercheur ne l’a jamais vraiment quitté depuis ses cours sur la radiofréquence et le GPS. Et s’il anime aujourd’hui une équipe de quatorze ingénieurs joliment surnommés les « sculpteurs de spectre », il reste passionnément attaché à « l’impulsion » : « J’essaye de faire aboutir des idées que je pense utiles et pratiques au Cnes et à la société ».

Jean-Luc Issler ? Un homme pondérémais toujours enmouvement et qui ne cesse de déposer des brevets et d’engranger des récompenses. Déjà primé à l’âge de 16 ans par l’Agence spatiale européenne, en la personne d’Albert Ducrocq pour sa proposition d’observer depuis une orbite la trajectoire des éclairs vers l’espace, par le prix scientifique Philips à 17 ans pour un système d’observation d’unemélasse d’atomes froids en impésanteur, il vient de recevoir le prestigieux prix de l’Académie des sciences et de la Fondation d’entreprise EADS pour les applications des sciences aux domaines de l’aérospatial.Une belle consécration à la hauteur de la créativité qui l’habite.Mais une reconnaissance qui n’entachera en rien son appétence de la plongée sousmarine et de planeur ! Nimême à la saveur de passionnants romans de science fiction.

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Contact Cnes – Service Culture spatiale 18, avenue Édouard-Belin 31401 Toulouse cedex 9 education.jeunesse cnes.fr

Pour en savoir plus : CNES pour les enseignants