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Éditorial DocSciences 8

« Le grand livre de la nature est écrit en langage mathématique »

Cette phrase de Galilée, célèbre sous cette forme synthétique – un vrai slogan – marque les débuts de la science moderne. Et il est vrai que les quatre derniers siècles ont largement confirmé la puissance des mathématiques pour la compréhension du monde physique.

Mais il n’est pas certain que la nature dont parlait Galilée incluait le monde vivant…
De fait, la biologie n’a pas bénéficié des mathématiques à la hauteur de la physique.
Pourquoi ? Plutôt que de mettre en cause les biologistes eux-mêmes, ce que d’aucuns n’hésitent pourtant pas, malicieusement, à faire, il est certainement plus juste de s’interroger sur les spécificités de cette science. La quasi-absence de lois universelles directement exprimables sous forme mathématique et la très grande variété d’objets biologiques, et plus encore de leurs interrelations, peuvent expliquer le rôle sans cesse croissant de l’informatique en biologie, non pas seulement à travers les moyens de calcul qu’elle rend disponibles, mais par la diversité des modélisations qu’elle permet.

Cette diversité est manifeste dans les articles de ce numéro de DocSciences, rédigés par des chercheurs qui ont placé leur domaine d’activité à l’interface du numérique et du vivant. De la population à la molécule, le tout dans le contexte des processus évolutifs, leurs travaux font appel aux équations différentielles comme aux techniques de synthèse d’images, aux processus markoviens comme aux algorithmes d’analyse de chaînes de caractères…

Tous les domaines de l’informatique sont désormais sollicités dans cette enthousiasmante exploration du vivant.

François Rechenmann
Directeur de recherche, Inria Grenoble Rhône-Alpes