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Clair de Terre

Le voyage imaginaire dans la Lune

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Le voyage dans la Lune (© Georges Méliès : Collection cinémathèque française)
Ce dessin du cinéaste Méliès, représente le paysage lunaire tel qu’on peut l’imaginer en 1930. Il est destiné à illustrer le film Le Voyage dans la Lune. Le paysage lunaire est représenté par une surface trouée par de multiples cratères volcaniques dominés au loin par des sommets montagneux. En réalité, mis à part des falaises, la surface lunaire est presque entièrement recouverte d’une couche de poussières fines et criblée d’innombrables cratères de plusieurs centaines de kilomètres de diamètre, causés par des bombardements de météorites ayant eu lieu il y a 3,8 milliards d’années.

CLAIR DE TERRE

Quelques années après la projection des frères Lumière, le film Le Voyage dans la Lune de Méliès (1902) marque une étape dans l’histoire du cinéma. Le réalisateur y inaugure un nouveau genre, la féerie (qui deviendra la science-fiction) et y expérimente les premiers effets spéciaux encore dénommés trucages. Six savants emmenés par le professeur Barbenfouilli, partent en expédition vers la Lune dans un obus tiré par un canon géant, en découvrent le paysage et y rencontrent les habitants : les Sélénites.

Ce dessin a été réalisé par Méliès en 1930, vraisemblablement à la demande d’Henri Langlois le fondateur de la Cinémathèque française. C’est le dixième d’une série de trente tableaux réalisés en lavis d’encre (dessin utilisant une seule couleur diluée pour obtenir différentes intensités). Au premier plan, on retrouve le professeur Barbenfouilli qui observe avec une longue vue « le clair de Terre ». Un autre astronome sort de l’obus et découvre le paysage lunaire, tandis qu’à l’horizon la Terre éclaire la scène d’un jour fantastique.

Au deuxième plan, une plaine de cratères est délimitée par une chaîne de montagnes et des roches d’aspect volcanique. C’est par l’un de ces cratères que les savants s’engouffreront ensuite vers la grotte aux champignons géants.

Au troisième plan, la ligne d’horizon offre un résumé de ce que voient les astronomes en rêve dans une autre séquence du film : Saturne et son anneau, une étoile filante et le clair de Terre (qui donne son nom au tableau) sur lequel on reconnaît l’Afrique, l’Europe, l’Asie et l’Océanie.

LE VOYAGE IMAGINAIRE DANS LA LUNE

Le document ci-contre est une vision poétique de la Lune. Dans la réalité, la surface lunaire est recouverte d’une couche de quelques centimètres de poussières extrêmement fines et d’une multitude de roches allant du petit caillou au gros rocher. Comment se fait-il que la Lune brille autant la nuit alors que la poussière qui la recouvre est grise ou brun chocolat ? Cette poussière ne réfléchit en moyenne que 10 % de la lumière solaire qu’elle reçoit, mais par effet de contraste, cette faible réflexion suffit à la rendre lumineuse dès que le ciel s’obscurcit. Observée à l’œil nu depuis la Terre, la Lune présente deux grands types de régions : des zones sombres (les mers) au sein de grandes étendues claires (les continents). Regardée avec des jumelles, la surface lunaire apparaît criblée d’innombrables dépressions circulaires (les cratères).

Les continents, qui couvrent 80 % de la surface totale et représentent la croûte externe solide résultant de son refroidissement il y a environ 4,4 milliards d’années, sont en fait des terrains élevés. Il y a environ 3,8 milliards d’années, la Lune a subi un « bombardement cataclysmique » : de très gros astéroïdes l’ont percutée, créant de gigantesques excavations de plusieurs centaines de kilomètres de diamètre dans la croûte, les bassins d’impact.

Le tiers de la face visible est constituée de tâches sombres, empilements de laves basaltiques dans de gigantesques dépressions. Avant la fin du « bombardement cataclysmique », le manteau solide de la Lune a fondu partiellement et les magmas engendrés sont remontés vers la surface, préférentiellement au niveau des bassins d’impact où la croûte avait été amincie et fracturée.

Les cratères d’impacts encore visibles sur la Lune contrairement à la Terre (qui n’en présente que très peu du fait notamment de l’érosion et de la présence d’une atmosphère) montrent qu’elle s’est formée par accrétion, puis différenciation. Ils permettent de mettre en évidence l’absence d’activité interne actuelle de la Lune (la surface de la Lune n’a que très peu été remaniée depuis le bombardement météoritique qui a eu lieu entre – 4,4 et – 3,8 milliards d’années).

DANS LES PROGRAMMES

Histoire-géographie

Collège 4e :

  • Thème transversal au programme d’histoire : Les arts témoins de l’histoire des XVIIe et XVIIIe siècles qui invite notamment à étudier les premiers films de Nadar et des frères Lumière…

Lycée 2de

  • L’âge industriel et sa civilisation du milieu du XIXe siècle à 1939 (une séance doit être prévue sur les mutations des médias et de la culture)

Cycle 3

  • La France dans une Europe en expansion industrielle et urbaine
  • Le temps du travail à l’usine et des progrès techniques