Biotechnologies : des tablettes en lycée PRO LPO Jean-Rostand, Mantes-la-Jolie (78)

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Recherche web, consultation de documents, visionnage de vidéos...

Patricia David-Dussart, professeure de Biotechnologies au lycée Jean-Rostand à Mantes-la-Jolie (78), a emprunté une mallette de tablettes.
Voici sa démarche, et son témoignage quant à l’utilisation de ce matériel en classe.

Le projet

En accord avec Madame CHAJAI-SHAKI, IEN SBSSA, il m’a semblé opportun de mettre en place le dispositif de la classe inversée lors de mes séances de Prévention Santé Environnement.
Ce dispositif passe par des phases de construction de savoir et des phases de production, qui nécessitent l’apport de documents de travail aux élèves.
Il me semblait intéressant de permettre l’accès à ces documents par la plateforme de formation à distance ELEA sur laquelle j’ai été retenue, ainsi que deux collègues qui expérimentent le même dispositif dans leur établissement respectif.

Le frein principal à l’accès à ces informations est aujourd’hui l’absence de matériel informatique dans ma salle de cours. L’installation de quelques postes fixes, solution que j’avais envisagée, ne règlerait pas le problème de l’accès à la plateforme dans la mesure où la connexion wifi est aujourd’hui insuffisante.

Je privilégie également l’usage de tablettes, outil mobile, qui permet une prise en main rapide dans les îlots, et de dynamiser les séances.

L’ensemble de mes classes de baccalauréat professionnel est concerné par l’utilisation d’ELEA et la mise en place du dispositif classe inversée en PSE, à savoir 5 classes de premières et 6 classes de terminales.

Bilan

Une mallette de tablettes Samsung mini a été prêtée à l’établissement pour une période allant du 03/11/16 au 03/02/17.

Mon objectif initial motivant la demande de prêt était de permettre l’accès à la plateforme Eléa à mes classes, ce dans une période d’expérimentation, visant à évaluer la cohérence d’un achat de tablettes par l’établissement.

Voici le retour de l’expérience :

  • le contexte : les tablettes ont été utilisées par six classes de terminale baccalauréat professionnel, soit environ 115 élèves. Ce chiffre est à modérer par les périodes de formations en milieux professionnels, reste cependant que l’ensemble des élèves a manipulé les tablettes.
    L’utilisation des tablettes s’est faite soit individuellement, soit par binôme, soit par îlot, en fonction des usages.
  • les usages par les élèves :
    • recherches d’informations sur le net afin de répondre à des questions dans les activités ;
    • accès aux documents ressources via le lecteur de QR Code (QR Code présent sur le document –activité de l’élève, renvoyant sur les documents-ressources) ;
    • visionnage de capsules de classe inversée,
    • réalisation de QCM ;
    • transfert d’informations par mail.
  • les points forts :
    • un retour très positif de la part des élèves qui ont exprimé un sentiment de fierté. La majorité d’entre eux a dans un premier temps été très surprise de constater que l’institution leur faisait confiance en leur prêtant du matériel numérique, et dans un second temps a sollicité un usage régulier des tablettes dans les séances.
      A noter également que plusieurs élèves m’ont fait part de leur satisfaction face à ma démarche d’aller chercher du matériel à Canopé pour faciliter leur travail. J’ai entendu également que la marque des tablettes était un élément valorisant pour eux ;
    • une prise en main très rapide par les élèves qui, une fois la surprise passée, se sont vite approprié le matériel pour l’utiliser dans le cadre fixé par les activités ;
    • l’aspect catalyseur de l’outil qui permet d’accélérer le rythme de la séance, à condition que les activités soient très cadrées – d’où l’intérêt du QR Code.
  • les freins :
    • un débit internet très irrégulier, qui devient un handicap pour visionner des vidéos ou répondre aux QCM ;
    • la « fièvre » provoquée par l’apparition des tablettes, qui crée alors beaucoup d’agitation dans la classe. Ce phénomène s’est amenuisé au fur et à mesure des séances, les élèves prenant malgré tout toujours autant de plaisir à manipuler l’outil ;
    • la maintenance des tablettes (rangement, chargement, remise à zéro du bureau, etc…) qui est à prendre en considération dans le déroulement de la séance ;
    • le stress de la responsabilité : les élèves ayant accueilli avec une telle ferveur la mallette, j’ai été très inquiète de voir disparaître des tablettes, ce qui n’a pas été le cas ;
    • la fin du prêt : une habitude de travail s’est installée avec les tablettes, l’usage est devenu fluide, le retour par les élèves positif. Je suis aujourd’hui un peu démunie de devoir revenir à un fonctionnement « papier ».

A noter également que j’ai délibérément choisi de ne pas faire travailler les élèves sur mes parcours Eléa, devant faire face à un débit internet très aléatoire.

En conclusion

Je tiens à insister sur l’aspect très positif de cette expérience, et notamment sur le caractère valorisant pour les élèves de lycée professionnel.

Les tablettes ne sont pas des « baguettes magiques » mais elles sont un catalyseur si elles sont bien utilisées. J’espère vivement pouvoir reproduire, généraliser et confirmer leur usage.


Patricia Dussart, enseignante en Biotechnologies
Lycée Jean-Rostand à Mantes-la-Jolie (78)

Matériel emprunté dans le cadre de Créatice