Bluebot : les élèves deviennent les maîtres École élémentaire Marcelin Berthelot A, Colombes (92)

Publié le

Les CP-CE1 animent un atelier de découverte de BlueBot pour les autres élèves de l’école, semaine des sciences.

Madeleine Villegas, professeure CP-CE1 (23 élèves), à l’école élémentaire Marcelin Berthelot A, Colombes (92) a emprunté un kit de robots Bluebots.
Voici son témoignage.

Le projet pédagogique

Domaines d’apprentissage

  • Mathématiques > Espace et géométrie > (Se) repérer et (se) déplacer en utilisant des repères
    • Coder et décoder pour prévoir, représenter et réaliser des déplacements dans des espaces familiers, sur un quadrillage, sur un écran.
      Repères spatiaux
      Relation entre l’espace dans lequel on se déplace et ses représentations
      Exemple de situations pour l’élève : programmer les déplacements d’un robot
    • Situer des objets ou des personnes les uns par rapport aux autres ou par rapport à d’autres repères
      Vocabulaire permettant de définir des déplacements (avancer/reculer, tourner à droite/à gauche, monter/descendre...)
  • Français > Langage oral > Dire pour être entendu et compris en situation d’adresse à un auditoire
    • Prise en compte des récepteurs ou interlocuteurs
    • Mobilisation de techniques qui font qu’on est écouté (articulation, débit, volume de la voix, intonation, posture, regard, gestualité…)
    • Organisation du discours

Objectifs de la séquence
Les élèves de la classe animeront un atelier de découverte du robot BlueBot (BB) à destination des autres élèves de l’école, dans le cadre de la Semaine des Sciences qui aura lieu du 27 au 31 mars 2017.
Les séances se dérouleront en ateliers de 4 ou 5 élèves, pendant que le reste de la classe travaillera en autonomie.

  • Phase de découverte
    Dans un premier temps, les élèves découvriront les BB et apprendront à s’en servir. Leur expliquer que ce sont des robots qui se déplacent sur un quadrillage. Sur chaque robot, il y a des boutons qui permettent de programmer le déplacement. Avant de programmer le déplacement, il faut décider de l’endroit où on veut faire aller le BB et prévoir tout le déplacement dans sa tête ou sur une feuille, car on ne peut toucher les boutons qu’une fois. Une fois que le BB commence à se déplacer, on ne peut plus le toucher. On ne pourra programmer un nouveau déplacement qu’une fois que le BB sera arrêté.
    Présenter les touches de déplacements.
    Présenter la touche GO qui permet de faire démarrer le BB.
    Présenter la touche Clear qui permet d’effacer la programmation pour en faire une nouvelle.
    Lors de cette phase de découverte, utiliser un tapis très simple, où chaque case comporte une couleur différente par exemple. Demander à chaque élève de programmer son BB pour le faire aller sur une couleur donnée. Commencer par des déplacements simples (avancer/reculer) puis introduire des rotations progressivement.
  • Phase d’entraînement
    Les élèves s’entraînent à déplacer le BB ; les déplacements sont de plus en plus longs et complexes.
    On peut demander aux élèves de faire se déplacer le BB d’un point A à un point B en introduisant progressivement des arrêts obligés pour rendre la tâche plus difficile.
    Exemples d’activités :
    • Le BB doit aller butiner différentes fleurs avant de revenir dans sa ruche. L’élève doit programmer le déplacement du robot. Pour garder en mémoire la programmation, il la note sur une feuille sous la forme d’une succession de flèches.
      Matériel nécessaire : un quadrillage (cases de 15x15cm) comportant des fleurs de différentes couleurs sur certaines cases et une ruche sur une case.
    • Faire deux groupes d’élèves. Un groupe prévoit un déplacement (ex : l’abeille va sur la fleur bleue, puis la rouge et retourne dans sa ruche) et note la programmation sur une feuille sous forme d’une succession de flèches. Il donne cette feuille à l’autre groupe qui réalise la programmation et vérifie que celle-ci était correcte (et que le déplacement est bien conforme à celui prévu par le premier groupe).
    • Faire réaliser aux élèves différents tapis qui leur permettent de s’entraîner.
      Exemples :
      en CE1, des cases comportant des multiplications et des cases comportant leurs résultats
      en CP, des cases comportant des mots ou des phases simples et des cases comportant les dessins correspondants.
  • Préparation d’un atelier pour la Semaine des Sciences
    Les élèves doivent préparer un exposé oral expliquant le fonctionnement du BB à destination des élèves de l’école, ainsi que des tapis qui seront utilisés lors de l’atelier. Ils sollicitent l’aide d’élèves de cycle 3 pour pouvoir préparer des tapis adaptés aux élèves les plus âgés.

Bilan des activités

Aspects techniques : facilité/difficulté, obstacles rencontrés lors de la prise en main du matériel
Les beebots sont très faciles à prendre en main, elles fonctionnent de manière très intuitive. Les élèves ont très vite compris comment s’en servir et ont vite pris le réflexe d’utiliser la touche "effacer" avant de programmer un nouveau déplacement.
J’ai fait le choix de toujours utiliser la bee-bot avec le son en marche, car je trouve que cela permettait de marquer encore davantage chaque déplacement et de bien se rendre compte du moment où elle s’arrêtait.
Les élèves avaient parfois du mal à ne pas attraper la beebot en plein déplacement (alors que je leur avais interdit) lorsqu’ils voyaient que leur programme était faux. J’ai bien insisté sur ce point pour ne pas abîmer les robots et également dans un souci pédagogique, en leur expliquant qu’il était important de voir où elle allait s’arrêter afin de comprendre son erreur.
En ce qui concerne le tapis, il était facile de glisser des étiquettes entre le tapis et sa protection en plastique, afin de placer des images, des mots... sur certaines cases. Il est également très facile de fabriquer son propre tapis, en respectant la contrainte de faire des cases de 15x15cm.
 
Dans le cadre d’une formation j’ai eu l’occasion d’utiliser une Blue-Bot avec sa barre de programmation sur laquelle on place les instructions. Il aurait été intéressant d’avoir ce matériel en plus afin de visualiser le programme. A défaut de cette barre, il est intéressant et primordial à mes yeux de faire écrire aux élèves leur programme avant de le rentrer dans la beebot.

 

Aspect humain devant l’expérience innovante : ressenti des élèves, des parents, des collègues
Les beebots ont un gros capital sympathie et ont tout de suite plu aux élèves qui se battaient pour être les premiers à l’utiliser. Elles ont plu aux collègues et aux parents qui ont eu l’occasion de les voir lors de la Semaine des Sciences : c’est un matériel qui change du matériel classique, et même les adultes prennent du plaisir à s’y essayer et n’ont pas toujours de très bons résultats du premier coup !
 

Aspect pédagogique : démarche pédagogique, apport du matériel et des TICE dans la pratique du cours
Les Beebots permettent de travailler la représentation dans l’espace et les déplacements de manière très concrète. Ce qui me paraît très intéressant est la validation qui est faite par le robot lui-même et non par l’enseignant : cela change le rapport enseignant-élève et la place de l’enseignant durant ces séances.
Certains élèves arrivaient à programmer les déplacements de manière très intuitive et pour d’autres cela était plus difficile. Pour ceux-là, il est important de passer par le dessin : dessiner le parcours de la beebot dans un premier temps, puis dessiner les flèches du programme en décomposant tout dans un second temps. En amont, il est également possible de les faire se déplacer eux-mêmes sur un quadrillage.
Dans le cadre de la Semaine des Sciences, mes élèves de CP-CE1 ont présenté leur atelier Beebot (avec des défis Beebot : le robot devait se rendre sur telle ou telle fleur) à l’ensemble des élèves de l’école. Cela a été l’occasion de travailler l’oral et le lexique des déplacements de manière très précise : avancer, reculer, pivoter... Ils ne devaient pas se tromper puisque c’était à eux d’expliquer comment fonctionnent les beebots à tous leurs camarades de l’école. Il a été très instructif de réfléchir à comment on pouvait aider un élève qui n’y arrivait pas : que lui dire, comment décomposer le déplacement pour l’aider, etc.
A chaque niveau de classe, les élèves ont été très heureux de participer à l’atelier Beebot. Il a été intéressant pour mes élèves de constater que même un élève de CM2 n’y arrive pas forcément du premier coup !

Madeleine Villegas, professeure
École élémentaire Marcelin Berthelot A, Colombes (92)

Matériel prêté dans le cadre de Créatice