La baladodiffusion au service de la réécriture d’un album jeunesse
Ecole Les Trianons de Rueil-Malmaison (92)

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Utilisation d’une solution de baladodiffusion pour travailler l’écoute, la compréhension puis la production d’un oral en continu.

Isabelle Grundy a expérimenté, du 5 janvier au 17 février 2017 en classe de CM1, l’utilisation d’une solution de baladodiffusion.

Nous vous proposons ci-dessous son retour d’usage.

Dans le cadre de la rédaction d’un mémoire pour le CAFIPEMF, option LVE anglais, j’ai emprunté une mallette de baladodiffusion avec 15 iPods Touch et un MacBook afin de poursuivre les expériences que je menais dans une classe de CM2 de 25 élèves. C’est une classe que je suis depuis le CM1 et avec laquelle j’ai déjà expérimenté la baladodiffusion.

Ayant déjà travaillé l’écoute et la compréhension, puis la production d’un oral en continu avec l’enregistrement d’une chanson, je souhaitais, de manière un peu plus rigoureuse, montrer les progrès réalisés par les élèves en LVE anglais au cours des séances de travail, grâce à l’utilisation de cet outil numérique.

Je souhaitais également montrer l’intérêt que l’usage de cet outil m’avait apporté dans ma pratique et ce qu’il avait apporté aux élèves de ma classe.

Les textes concernant l’usage de l’environnement numérique et de la baladodiffusion en LVE m’ont confortée dans l’idée que ce projet avait du sens.

Dans l’idée d’une approche actionnelle où tous les élèves sont acteurs au sein d’un groupe, j’ai proposé la création d’une nouvelle histoire à partir de l’album de littérature de jeunesse anglaise We’re going on a bear hunt, par petits groupes d’élèves.

Dans un premier temps, nous avons travaillé sur l’album lui même, en étudiant la chronologie, le vocabulaire, les onomatopées et le texte « refrain » qui revient chaque fois et que les élèves ont adoré s’approprier. Le texte raconté par Michaël Rosen a permis aux élèves d’être en contact avec un support dit par un natif.

Les enregistrements des élèves disant ce texte m’ont permis de mieux cerner leurs difficultés :

  • ceux qui ne prononçaient pas toute la phrase ;
  • ceux qui n’osaient pas ;
  • ceux qui ne prononçaient pas correctement ;
  • ceux qui ne mettaient pas d’intonation.

Cela m’a permis d’adapter par la suite le travail des élèves en fonction de leurs besoins.
Cet outil m’a permis de m’assurer que tous les élèves prenaient la parole, ce qui n’est pas toujours le cas en groupe classe.

Des autocorrections ont permis aux élèves, au cours des enregistrements, de progresser largement dans la production de leur oral, puisqu’ils pouvaient s’enregistrer et s’écouter autant de fois qu’ils le souhaitaient :

  • sur le plan de la prononciation ;
  • sur le plan de la mémorisation ;
  • sur le plan de l’intonation ;
  • sur le plan émotionnel, en osant parler et prendre des risques, avant de le faire devant le groupe ;
  • 99% des élèves avaient progressé ;
  • 100 % des élèves avaient produit un oral.

Lorsque nous sommes passés à la création d’une histoire, les élèves devaient reprendre le texte « refrain » en changeant quelques mots et en inventant des obstacles à surmonter.

La motivation était très importante et je fus surprise par la qualité de leurs inventions.

Chaque élève du groupe étant chargé de dire le texte, puis un des obstacles imaginés, il fallait retravailler cette production orale. Tout naturellement certains m’ont dit : « Oui mais là, on a besoin des iPods Touch pour s’entraîner… ». Ils avaient donc compris l’intérêt de leur utilisation.

Après une première tentative suivie d’un travail avec la baladodiffusion, le but final, qui était de jouer sa production devant les autres élèves, fut un succès.

Je tiens à souligner l’intérêt des iPods Touch. En effet, leur utilisation est intuitive pour les élèves et ces appareils ressemblent beaucoup à ceux qu’ils ont chez eux. Ils ont l’impression de vraiment travailler avec des outils de leur génération.

L’accès à un environnement numérique prend ici tout son sens et permet à tous d’en bénéficier. Les élèves qui n’en n’avaient pas l’habitude ont également progressé dans ce domaine.
Des interviews d’enseignants m’ont permis de comprendre que la baladodiffusion était encore fort méconnue. Ce retour les incitera, peut être, à essayer à leur tour.

Isabelle Grundy, professeure des écoles à l’école Les Trianons de Rueil-Malmaison
Emprunt réalisé dans le cadre de Créatice