Baladodiffusion au collège : doublage de film, dialogues improvisés, souvenirs d’enfance...
Collège André Derain de Chambourcy (78)

Publié le

Utilisation de deux solutions de baladodiffusion pour travailler la compréhension orale, l’expression orale en continu/en interaction et à des fins d’évaluation.

Stéphanie Germanier a expérimenté successivement, de mars à avril 2016 en classes de 4ème et de 3ème, l’utilisation de deux mallettes de baladodiffusion.

Nous vous proposons ci-dessous son retour d’usage.

Première expérimentation

Matériel emprunté : mallette Balado 78-6 Apple 15 baladeurs iPod Nano caméra, avec platine de synchronisation et ordinateur MacBook
Durée : 6 semaines des vacances de février à celles d’avril
Utilisation : compréhension orale, expression orale, doublage de film
Classes concernées : 4ème et 3ème

J’ai emprunté cette mallette dans le but de mieux gérer l’hétérogénéité de mes classes, en compréhension et expression orales, pendant la phase d’entraînement à ces activités ainsi qu’en évaluation. Je souhaitais également créer avec une classe de troisième une sorte de journal télévisé, un « journal des bonnes nouvelles », j’ai donc emprunté des baladeurs avec lesquels on pouvait filmer.

Aspects techniques

La prise en main de la mallette a été assez simple, malgré quelques baladeurs qui n’étaient pas de suite reconnus par le logiciel, car je suis habituée à l’utilisation d’iTunes. Côté élèves, les classes de 3ème ont été globalement plus rapides à comprendre le fonctionnement des baladeurs et l’intérêt de ces derniers que les classes de 4ème. Disposant de 15 baladeurs, les élèves ont souvent travaillé en binômes, cela rassurait ceux qui étaient le plus mal à l’aise avec cet outil.

Activités proposées

J’ai d’abord fait des exercices de compréhension orale avec les classes de 4ème. J’ai déposé plusieurs enregistrements, de longueurs et difficultés différentes, sur le thème des activités de la vie quotidienne. Le but était que les élèves soient autonomes et puissent écouter un maximum d’enregistrements si leur niveau le leur permettait. Avec ce premier travail, je me suis aperçue que les élèves les plus en difficulté en compréhension orale réussissaient mieux que d’habitude. Grâce aux écouteurs, ils se concentrent davantage et s’impliquent mieux du fait que l’écoute est individuelle. Par ailleurs, le baladeur permet de réécouter autant de fois que nécessaires un passage qui pourrait s’avérer difficile.

Une classe de 3ème s’est enregistrée en expression orale en continu. Il s’agissait de raconter un projet de voyage, de vacances : dire où on ira, combien de temps, ce qu’on emportera, ce qu’on fera une fois sur place. Les élèves ont tout de suite été séduits par l’utilisation du baladeur pour ce travail évalué : la possibilité de se réécouter afin de vérifier si toutes les consignes avaient été appliquées, effacer un enregistrement jugé peu satisfaisant, faire un autre enregistrement pour améliorer la qualité de la langue. Les élèves les plus timides osent s’exprimer davantage. Enfin, les élèves prennent davantage au sérieux leur travail, ils savent que l’enregistrement « reste ». Certains ont néanmoins parfois eu du mal à se concentrer, gênés par le fait que quelqu’un puisse parler à côté d’eux. En effet, la prise de son est de très bonne qualité mais il ne faut pas non plus que les élèves chuchotent si on veut bien les entendre.

Je n’ai pas mené à bien le projet de journal télévisé, me rendant compte que je pouvais faire cela avec n’importe quel autre outil pouvant filmer. Avec deux classes de 3ème, j’ai préféré faire un travail de doublage de film. Lors d’une séquence sur l’amour et l’amitié, nous avons travaillé en classe sur le début du film « Que se mueran los feos » de Nacho Velilla, film espagnol de 2010. J’ai enlevé la bande son et nous avons juste commenté les images, émis des hypothèses sur ce qui se passait dans la séquence visualisée. On comprend qu’il s’agit d’un rendez-vous entre deux personnes qui ne se sont jamais vues auparavant. En binômes, les élèves ont imaginé puis rédigé le dialogue des personnages qui leur semblait cohérent par rapport aux images. Le but étant une activité de doublage, il fallait en plus s’adapter au temps de prise de parole de chaque personnage, de façon à ce que l’ensemble soit bien synchronisé. Les élèves se sont ensuite enregistrés en prenant soin de la prononciation, de l’intonation, en veillant à ne pas balbutier (impossible dans un film !) et à être bien synchronisé avec l’image. Ce travail a été laborieux mais riche en apprentissages.

Conclusion

La baladodiffusion permet un réel travail de pédagogie différenciée, l’élève ne travaillant par forcément sur les mêmes documents que ses camarades, de façon autonome et à son rythme. Pour les élèves les plus timides ou plus en difficulté, la prise de parole est dédramatisée, ils ne passent plus tout « seuls » devant une classe entière. Enfin, l’utilisation des baladeurs permet un gain de temps précieux, notamment pour les activités d’expression orale en continu.
Les élèves ont apprécié le travail avec baladeur, pris très au sérieux, motivés par la nouveauté, les oublis d’écouteurs étaient vraiment rares !

Deuxième expérimentation

Matériel emprunté : mallette Balado 78-4 Balibom 30 mp4 avec platine de synchronisation et ordinateur sous Windows
Durée : 7 semaines des vacances d’avril à la fin de l’année
Utilisation : expression orale en continu/en interaction
Classes concernées : 4ème et 3ème

J’ai emprunté cette mallette après avoir testé une mallette Apple composée de 15 iPods Nano Caméra. Cette première expérience ayant été très positive auprès de mes classes, je souhaitais la prolonger afin d’essayer de garder intacte la motivation de mes élèves jusqu’à la fin de l’année. Je souhaitais aussi tester un autre système, comparer les avantages et les inconvénients, dans l’idée de faire équiper mon établissement.

Aspects techniques

La prise en main de la mallette a été assez rapide, le logiciel Balibom étant très simple d’utilisation, notamment en ce qui concerne la collecte des enregistrements. Un baladeur n’a par contre jamais été détecté par le logiciel. Les élèves n’ont rencontré aucune difficulté, ils ont vite compris comment fonctionnaient ces nouveaux baladeurs. Nous avons simplement regretté de ne pas trouver comment on pouvait effacer un enregistrement.

Activités proposées

Les élèves de 3ème se sont enregistrés en expression orale en continu. Il s’agissait de raconter des souvenirs d’enfance et de comparer l’enfant qu’ils étaient avec le jeune homme ou la jeune fille qu’ils sont devenus. Les élèves qui avaient travaillé avec la première mallette, en binômes, sur un exercice de doublage de film, ont trouvé bizarre de se retrouver tout seuls, à s’enregistrer. Ils ont cependant apprécié la possibilité de se réécouter afin de vérifier si toutes les consignes avaient été appliquées et pouvoir refaire un enregistrement pour améliorer leur production. Avec certaines classes, perfectionnistes, cette activité a finalement pris plus de temps que je ne le pensais. Cela dit, l’utilisation du baladeur reste plus rapide que de faire passer les élèves à l’oral, un à un, en classe. L’évaluation est plus juste aussi, étant donné que le professeur a la possibilité, lui aussi, de réécouter les productions orales.

Les classes de 4ème ont produit un dialogue en binômes. Les élèves avaient comme support le menu d’un restaurant. A partir de celui-ci, ils devaient improviser un dialogue client/serveur, sans notes. Les élèves se sont beaucoup impliqués dans ce travail, réalisant jusqu’à 5-6 enregistrements dans le but de s’améliorer. Ils ont apprécié le fait de pouvoir s’écouter, se corriger, s’inter-corriger, réfléchir à deux sur leur production.

Conclusion

J’ai trouvé que la mallette Balibom était bien plus facile d’utilisation que la mallette Apple et les baladeurs plus solides car bien protégés par une coque. Cette deuxième expérience en baladodiffusion m’a réellement convaincue de l’intérêt pédagogique de cet outil : gain de temps sur le travail en classe, autonomie, auto-évaluation, notation plus juste. Cela demande par contre pour le professeur un travail personnel plus important : en amont, pour préparer des activités de compréhension orale par exemple (sélectionner des fichiers audio, les diffuser sur les baladeurs) et en aval, pour écouter toutes les productions. J’aurais voulu, une fois les productions corrigées, les transmettre aux élèves (par mail par exemple), de la même façon qu’on leur remet une copie corrigée, mais je n’ai pas eu le temps de l’organiser.

 

Stéphanie Germanier, professeure d’espagnol au collège André Derain de Chambourcy
Emprunt réalisé dans le cadre de Créatice