Utiliser des appareils photos en primaire École Paul Langevin 2, Villiers-le-Bel (95)

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Dynamiser la création et l’expression des élèves, autour de projets incluant la photo.

Utilisation d’une mallette d’appareils photos

Compte-rendu d’utilisation

Classe de CP/CE1 A de l’école P.Langevin 2 de Villiers-le-Bel (Val d’Oise)

1) Facilité d’utilisation, aspects techniques, aspects humains

Aucun problème majeur n’a été constaté à l’usage. Les élèves ont vite pris possession des appareils, découvert la fonction zoom (sans intervention de l’adulte) et manifesté un réel appétit pour prendre des photos (aucun d’entre eux n’avait pris de photo auparavant). Ils ont également vite intégré qu’il s’agissait d’appareils coûteux qui nécessitaient de prendre des précautions et il n’y a pas eu d’accident, que ce soit lors de la prise de vue ou lors du transfert des appareils d’un élève à un autre.

Quelques aspects à signaler tout de même :

  • Je n’ai pas trouvé comment afficher le témoin de charge des batteries (certains appareils l’affichaient, d’autres non).
  • Lors du chargement des batteries, la diode lumineuse ne change pas de couleur pour signaler la pleine charge.
  • J’avais pris la peine d’insister sur deux précautions majeures : toujours enfiler la manique autour du poignet, ne jamais mettre de doigt devant l’appareil.

Ressenti des élèves : beaucoup d’enthousiasme, sans pour autant que cette activité leur semble étrangère au fonctionnement normal de la classe.
Ressenti des parents : je n’ai pas eu de retour.
Ressenti des collègues : des retours positifs sur les activités réalisées et les résultats obtenus me sont parvenus de la part de plusieurs collègues. Par contre, ils ont trouvé lourde la démarche administrative requise pour procéder à l’emprunt.

2) Activités réalisées avec les appareils, aspects pédagogiques

Les activités 1 et 2 avaient été annoncées lors de la demande, la troisième a émergé en cours de période.

1. Réalisation du portrait photographique d’un camarade.

Contexte : cette activité est intervenue dans le cadre d’une correspondance scolaire. Les photos réalisées ont servi de prétexte à un premier courrier aux correspondants, dans lequel chaque élève complétait le portrait photographique par une production d’écrit.

Compétence des programmes travaillée : réalisation d’images fixes (pratiques artistiques : arts visuels).

Démarche de mise en œuvre : un premier élève a été invité à se placer où il le souhaitait (dans la classe ou à ses abords). Une fois qu’il avait trouvé cet emplacement, son voisin de table le prenait en photo et montrait au sujet le résultat obtenu. Si celui-ci n’était pas satisfaisant (pour chacun des deux élèves, pour l’enseignant), une nouvelle prise de vue était réalisée. L’élève photographié devenait à son tour photographe, réalisant le portrait de son autre voisin (une chaîne circulaire a donc été réalisée, avec un seul appareil, pendant que le reste de la classe travaillait à d’autres activités).

Sous-compétences travaillées à cette occasion : choix d’un cadrage, contre-jour, flou de bougé.

2. Photographies de l’école et du quartier

Contexte : cette activité est intervenue dans le cadre d’une correspondance scolaire. Il s’agissait de présenter l’école et le quartier aux correspondants.

Compétences des programmes travaillées : réalisation d’images fixes (pratiques artistiques : arts visuels), représentation de milieux familiers (découverte du monde : espace).

Démarche de mise en œuvre : plusieurs campagnes de photographies ont eu lieu, dans l’école et en dehors. Les élèves ont été mis en petits groupes. Chaque groupe était responsable d’un appareil photos et était chargé de définir et réaliser ses photos.
Dans une seconde étape, toutes les photos réalisées ont été visionnées collectivement, afin de faire émerger ses qualités et ses limites (pertinence, aspects techniques, vocabulaire relatif à la ville).

Sous-compétences travaillées à cette occasion : pertinence du choix du sujet, choix du cadrage, description orale de la photographie d’un milieu familier.

Exemples de clichés réalisés :
(j’ai délibérément sélectionné des images de qualités diverses)

3. Lignes et points

Contexte : Notre classe participe au projet « Ginkgo », qui conduit 25 classes de Villiers-le-Bel à exposer fin juin des réalisations plastiques dans un parc de la ville ouvert aux écoles et au public. Ce projet s’articule chaque année autour d’un thème. Celui qui a été retenu cette année est :« lignes et points ».

Compétence des programmes travaillée : réalisation d’images fixes (pratiques artistiques : arts visuels).

Démarche de mise en œuvre : deux campagnes de photographies ont eu lieu : en intérieur, puis dans le préau et la cour de l’école. Les élèves ont été mis en petits groupes. Chaque groupe était responsable d’un appareil photos et était chargé définir et réaliser ses photos, avec pour consigne : « trouvez et photographiez le plus possibles de lignes et points ».
Comme pour l’activité précédente, une analyse de toutes les photographies produites a été réalisée.
Une dernière activité, non encore réalisée, est prévue : identifier, parmi les photos prises du quartier pour les correspondants (activité 2), celles qui pourraient s’inscrire dans le thème « Lignes et points ».

Sous-compétences travaillées à cette occasion : pertinence du choix du sujet, choix du cadrage, créativité, expression. Certains élèves ont eu spontanément l’idée de créer des « mises en scène », qu’ils ont photographiées.

Exemples de clichés réalisés :
(j’ai délibérément sélectionné des images de qualités diverses)

3) Conclusion

Cet emprunt d’appareils photos a constitué une expérience positive, que je renouvellerai avec d’autres classes.

Je soulignerai notamment les points suivants :

  • Sans cette mallette, il aurait été plus difficile de faire prendre des photos par les élèves. Pourtant, il s’agit d’un item explicite du programme d’arts visuels.
  • Cette activité est tout à fait accessible aux élèves dès le cycle 2.
  • Les situations de mise en œuvre ont permis facilement l’apprentissage par partage entre pairs.
  • Les phases collectives d’analyse des photographies ont, elles aussi, constitué des moments forts d’apprentissage et trouveront un écho qui semblera naturel et logique lors de phases ultérieures d’analyse d’autres productions plastiques plus « classiques » (dessins par exemple).
  • Au fil des séances, la qualité des productions des élèves s’est accrue : moins de photographies non pertinentes ou techniquement faibles lors des dernières utilisations.
  • Au départ, mon projet se limitait essentiellement à de la photographie documentaire. L’ajout d’une activité permettant plus directement de faire appel à la création et à l’expression m’a convaincu de la nécessité, lors d’utilisations ultérieures autres que ponctuelles, de concevoir des projets incluant ces deux types d’approche de la photographie.

François Leclerc, école P. Langevin 2
Villiers-le-Bel (95)

Matériel prêté dans le cadre de Créatice