Des ardoises Bic en Maternelle Ecole maternelle de Bazainville, 78

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Ecrire et dessiner en maternelle sur une ardoise numérique.

Xavier Fontanges, professeur à l’école maternelle de Bazainville, 78, a emprunté la station d’ardoises Bic durant six semaines et nous présente son expérimentation.

Objectifs visés :

  • Découvrir et utiliser les ardoises dans une utilisation quotidienne en classe.
  • Intégrer à bon escient l’outil dans des séquences et des séances déjà existantes.
  • Créer des supports en complément ou en remplacement de supports déjà existants.
  • Évaluer la facilité de mise en œuvre et l’efficience des supports développés.

Compétences travaillées :
Ce sont celles prévues dans le déroulement initial de la classe, je n’avais pas prévu de créer et proposer d’apprentissages spécifiques à l’utilisation des ardoises, mais bien d’intégrer celles-ci (dans la mesure du possible), aux apprentissages en cours.

Quelques aspects techniques avant de commencer :
Pour fonctionner les ardoises BIC sont connectées (sans fil) à un ordinateur équipé du logiciel BIC Connect. Cette application, outre la création de supports pédagogiques (9 modules de création disponibles), permet la gestion des ardoises par groupes ainsi que l’analyse des travaux effectués.
Afin de pouvoir travailler sur plusieurs ordinateurs et préparer les supports adaptés aux ardoises, il faut créer avec le logiciel BIC Connect, ce qui est appelé le « cartable numérique », à savoir une clé USB, spécialement préparée et spécifiquement dédiée à l’acheminement des supports d’un ordinateur à l’autre. On ne peut préparer une activité à la maison, la mettre sur une clé USB quelconque et espérer la récupérer en classe pour la proposer aux élèves. Il faut absolument passer par le « cartable numérique ». La création de ce « cartable numérique » est simple à effectuer pour peu que la clé USB utilisée soit en état de marche et offre suffisamment d’espace.
Les supports créés sont acheminés aux ardoises par une liaison sans fil générée par un mini-hub relié à l’ordinateur en USB. Durant la première semaine, le fonctionnement du mini-hub a été erratique et n’a pas permis d’acheminer correctement les supports sur les ardoises, cela s’est résolu avec le changement de l’ordinateur.
Séance de découverte
La station BIC a été présentée à la classe lors d’une séance de langage.

Il a été assez difficile de trouver ce que pouvait bien contenir ce drôle de chariot !! Après avoir relevé les indices extérieurs, : "ça roule, ça se branche, c’est solide, ça s’ouvre .... ", le groupe est arrivé à une réponse proche de la réalité (ce sont des tablettes !!) par le biais du questionnement de l’enseignant.
Aucun enfant ne connaissait les ardoises BIC avant de les voir dans la classe. Beaucoup avaient déjà manipulé et utilisé des tablettes. Il a donc fallu définir les similitudes et les différences entre l’ardoise et la tablette.
Rapidement les ardoises ont circulé de mains en mains, préalablement chargées, elles se sont allumées dès que les premiers ont trouvé le gros bouton Marche/Arrêt situé en haut à droite de chacune des ardoises.
Au lancement, les ardoises proposent une « feuille blanche » et des outils de dessins.

C’est tout naturellement que tour à tour, chacun a réalisé un dessin ou un croquis !

Lorsque tous ont pu manipuler et utiliser les ardoises, elles ont été rangées dans la chariot.
Séance 2 : Lors de cette séance, les règles d’utilisation des ardoises dans la classe ont été définies.
Deux types d’utilisation étaient possibles. Une utilisation « libre » avec l’interface de dessin déjà utilisée, une utilisation en situation d’apprentissage avec un support spécifique et une démarche d’identification des élèves au début de chaque séance.
Dans les deux cas, avant de prendre une ardoise dans le chariot, il faut questionner l’enseignant sur la possibilité de les utiliser, s’assurer qu’il y en a de disponibles et vérifier qu’elles sont chargées (led verte allumée).
Très vite les limites des outils de dessins proposés sont atteintes, l’intérêt ne diminue pas pour ce nouveau support mais on voudrait en faire plus !!
Les ardoises ont ensuite été utilisées lors d’ateliers, il s’agissait en fait d’introduire un nouvel outil dans une organisation et un fonctionnement de classe déjà existant. L’utilisation qui a été faite des ardoises est abordée ci-dessous avec la présentation des modules.

BIC Connect, la gestion du cartable numérique, de la classe et des groupes.
La création du cartable numérique n’a pas posé de problème. Le principe a bien fonctionné durant l’expérimentation, les supports créés sur un autre ordinateur que celui de la station ont été récupérés rapidement et correctement.
De la même manière, la création du groupe classe n’a pas posé de souci. Chaque élève a simplement été créé dans l’application en utilisant son prénom. Au lancement des activités, la liste de tous les prénoms de la classe apparaissait sur l’ardoise, chacun s’identifiait alors en cliquant sur son étiquette avec le stylet.
Au sein de la classe, il a été possible de créer des groupes d’élèves selon que l’on souhaitait leur proposer des activités et des supports différents. Pour ce faire, il suffit de nommer les groupes et d’y mettre les élèves que l’on souhaite. Par la suite, on crée une séance en distribuant sur les groupes les supports et les activités prévues. D’apparence tout à fait anodine, cette fonctionnalité est d’une redoutable efficacité. En effet, très simple à utiliser et à modifier, les groupes permettent une grande flexibilité et une réelle adaptabilité des contenus par rapport aux élèves.

Les modules de création.
Au nombre de neuf, ces modules doivent permettre la création d’activités et de supports pédagogiques dits « interactifs ».
Parmi ces neufs modules (Importer des documents, activité écrite, étiquettes, Internet, tables de calcul, textes à trous, tableau libre, QCM et calculs), seuls trois ont vraiment été utilisés (étiquettes, tableau libre et activités écrites).
Par ailleurs, la possibilité d’importer des documents a permis de proposer sur les ardoises, des photos et dessins en rapport avec les séances de langage menées en classe entière. Avec une répartition d’une ardoise pour cinq enfants et une fois les « problèmes » de gestion résolus, il a été intéressant d’utiliser ce nouvel outil notamment pour proposer une grande variété de supports (pas identiques sur toutes les ardoises) pour rechercher des éléments distinctifs et indices significatifs en fonction d’une demande de l’enseignant ; mais également pour étayer, recueillir et opposer des points de vue en fonction des éléments et constatations de chacun des groupes.

Le module « étiquettes » permet, comme son nom le laisse présupposer, la création d’étiquettes afin de les associer entre elles ou à d’autres éléments. Très simple à mettre en œuvre, l’intérêt de ce module a très rapidement montré ces limites, d’autant plus que la possibilité d’enregistrer une consigne sonore ou d’importer des sons n’était pas encore implémentée !!

Le module « activité écrite » a été utilisée lors d’activités graphiques et d’apprentissage de l’écriture. Rapides à créer, ces feuilles d’écriture proposent plusieurs options d’utilisation, (avec modèle, avec le modèle s’effaçant progressivement, sans modèle). Les tailles et polices de caractères proposées sont bien adaptées. Néanmoins, la taille de l’écran (10,1 ‘’) ne permet que rarement l’écriture de plusieurs mots sur une même ligne et ne peut proposer que peu de lignes. L’utilisation du stylet ergonomique et la surface de l’écran n’ont pas posé de problème. Il est à préciser qu’une fonctionnalité « vidéo » permettant de revoir la séance et le travail de chaque élève devait être installée sur la version suivante du logiciel. Idéalement, on pourrait ainsi revoir et suivre grâce aux vidéos enregistrées, les tracés réalisés par chacun des enfants sur chacune des ardoises.

Le module « tableau libre » est basé sur le principe de création d’activités reposant sur la manipulation libre d’objets multimédia. Il ressemble quelque peu à un logiciel de création de supports pour TNI. On y retrouve des fonctionnalités d‘édition pour des éléments textuels, sonores et visuels. Ce qui a posé problème lors de l’utilisation de ce module, c’est la limitation ou l’absence de certaines options. Par exemple, les grandes sections voulaient reproduire sur les ardoises, les trois plus belles figures du jeu de Tangram de la classe et proposer ensuite à la classe des moyens de l’utiliser. La création des figures géométriques s’est faite sans problème, mais en terme d’utilisation, il n’a pas été possible de changer leur orientation une fois les formes créées. Globalement, la création de supports demande parfois beaucoup de temps et certains outils et fonctionnalités font encore défaut.

Cette expérimentation s’est déroulée courant 2013. Le logiciel et notamment les modules de création étaient encore semblent-ils en phase de développement pour certains. Il était prévu d’adjoindre aux séances des consignes sonores, ainsi que l’intégration du son et de la vidéo en tant qu’objets multimédia dans la version 2. Ces modifications importantes pourront prendre toute leur importance si l’on souhaite par exemple utiliser les ardoises BIC dans le cadre de la pédagogie inversée.

Xavier Fontanges, Professeur d’école à l’école maternelle de Bazainville
Emprunt réalisé dans le cadre de Créatice