La mallette d’appareils photos en maternelle Ecole maternelle de Bazainville, 78

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Nombreuses utilisations, très riches, en classe avec de jeunes enfants.

Xavier Fontanges, Professeur d’Ecole à l’école maternelle de Bazainville, nous présente son utilisation de la mallette d’appareils photos :

Séance de découverte

La valise bleue renfermant les 5 appareils photos ainsi que tout le matériel nécessaire à leur utilisation et leur fonctionnement a été présentée en groupe classe lors d’une séance de langage.

Avant de l’ouvrir, nous avons émis des hypothèses quant à son utilité et son contenu !
Si c’est dans une valise, « c’est pour protéger ! », « parce que c’est lourd ! », « parce qu’il y a plein de choses dedans ! ».
Les autocollants situés sur la valise ont bien aidé car un enfant a reconnu celui de la marque des appareils photos, « c’est comme sur la télé à la maison...! ». A partir de cette indication, avec l’aide de quelques indices et en procédant par élimination nous avons pu rapidement trouver à quel type d’objet nous avions à faire.
La classe ne s’attendait néanmoins pas à trouver autant d’appareils à l’intérieur.

Une fois dénombrés, les appareils ont librement circulé de main en main. Ce fût l’occasion de définir et poser les règles de manipulation liées à leur utilisation. La première chose à faire avant même d’allumer l’objet, passer la dragonne autour de son poignet afin de limiter les risques de chute.
Pour les photos en classe, la dragonne de poignet suffira, pour se déplacer dans l’école avec les appareils, il faudra utiliser les tours de cou.


Lors de ces premières manipulations, les rudiments d’utilisation sont abordés, mise en marche, position du déclencheur.
Cette phase de découverte est d’autant plus aisée que les appareils sont en nombre, chacun en a forcément un à proximité et peut voir et toucher l’objet sans trop de problème.
Les commentaires vont bon train, chacun commente ou raconte une expérience liée à la photographie, les moins bavards ont l’appareil en main et tentent de prendre leurs premières photos.


Rapidement de très nombreuses photos sont prises et certains demandent à les voir.
Comment faire ?
A chaque hypothèse proposée, nous vérifions directement avec le matériel si cela fonctionne. Il ne peut rien arriver de « grave » si ce n’est de perdre quelques photos qui n’ont pas encore de valeur affective pour la classe et que l’on pourra refaire aisément.
Après quelques minutes, la solution est trouvée, il s’agit de déplacer le curseur situé sur le dessin de l’appareil photo rouge (l’enseignant avait pris soin de bien vérifier que tous les appareils étaient sur ce mode avant le début de la séance !!) et de le placer sur le pictogramme vert représentant une flèche !
Un problème se pose, la taille de l’écran ! Là où il était amplement suffisant pour effectuer la prise de vue, il l’est beaucoup moins pour regarder et partager les photos. Le maître indique que l’on va pouvoir regarder ces premières photos sur le TNI et conclut ainsi cette première séance.

Séance 2 : Rappel des règles d’utilisation et de fonctionnement, premiers regards sur les clichés réalisés.

Avant de regarder les photos prises, le groupe reprend oralement les règles de manipulation et d’utilisation définies auparavant.
Toutes les photographies prises sur les 5 appareils sont ensuite regardées sans exception. Les clichés sont commentés et certains critères qualitatifs apparaissent.
« On ne voit pas bien, c’est toujours la même photo, ça bouge, c’est flou, c’est trop loin, trop près...! »


Il est vrai que certains problèmes de cadrage et de stabilisation apparaissent !!!
L’enseignant en profite pour indiquer qu’avec 5 appareils photos, on ne va pas pouvoir tout garder et qu’il va falloir choisir et faire un tri parmi toutes celles qui ont été prises !!!
Après quelques discussions le groupe s’accorde pour supprimer toutes les photos qui se ressemblent trop ainsi que celles « où l’on ne voit rien » !
La séance va se prolonger de manière informelle toute la journée et chacun va, à tour de rôle et quand il en aura la possibilité, prendre des photos dans la classe, mais également dans la classe voisine et les lieux habituels fréquentés par les enfants lors de leur scolarité.
Cette « liberté » photographique obéit néanmoins à quelques règles simples mais incontournables. Ainsi lorsque deux enfants décident de prendre des photos de leurs camarades lors du passage aux toilettes, certains ne sont, à juste titre, pas d’accord. L’enseignant indique que certains lieux et certaines situations ne sont pas propices à la réalisation de clichés, le cas présent en est un bon exemple.
A la fin de la journée, les appareils ont bien travaillé, et les cartes mémoires ont vu leur capacité se réduire considérablement !!


Séance 3

L’activité débute par le rappel que certaines choses ne peuvent et ne doivent pas être photographiées. Le maître demande donc à tous de prendre la peine de demander aux personnes qu’ils veulent photographier dans l’école, enfants ou adultes, s’ils sont d’accord.
S’ensuit le constat qu’à nouveau, le nombre de photo est important et que toutes ne pourront être conservées, ni même regardées !!??
L’adulte demande donc aux photographes de choisir une ou deux photos parmi celles qu’ils ont réalisées. Mais comment les retrouver sur les cinq appareils ?
Peu ont noté la présence d’une gommette différente sur chacun des appareils. Pour gagner un peu de temps, l’adulte propose de copier toutes les photos sur l’ordinateur pour faire le tri par la suite. Pour éviter cet écueil, le maître propose pour la première fois un sujet « imposé » pour les prises de vue. Il s’agira de faire deux photos maximum de l’objet ou de l’activité préférée dans la classe. Pour bien illustrer son propos par l’exemple, l’enseignant sera le premier à se plier à cet exercice.


Quatre appareils sont utilisés pour prendre des photos en fonction de la consigne donnée, le cinquième sert de modèle au groupe occupé à dessiner l’objet. Les résultats sont assez probants, rien ne manque. L’appareil est représenté tour à tour selon que l’enfant est sujet, ou photographe.
Ce choix sera une source d’échanges très importante lors des divers ateliers, chacun voulant faire prévaloir son point de vue.
Dans tous les cas, les productions répondront tout à fait aux exigences de l’enseignant. (cf portfolio)


Une nouvelle fois, la réalisation des photos selon les critères indiqués se déroulera sur toute la journée. Beaucoup moins nombreuses, elles seront regardées avec chaque groupe sur un ordinateur de la classe, afin de procéder à une sélection avant de les montrer à toute la classe.


Séance 4

C’est avec l’arrivée en classe d’un nouvel objet que va s’amorcer cette séance. _ Enfermé dans un sac de toile noire, accroché à la « grande » chaise du coin regroupement, le pied d’appareils photos attend que quelqu’un le remarque !!??
C’est chose faite lorsqu’une élève demande à prendre un appareil dans la mallette posée près de la chaise en question.
« C’est quoi !!?? ».
Le maître l’invite à prendre le sac et l’ouvrir. Replié, recroquevillé sur lui-même pour tenir le moins de place possible, l’objet a une allure quelque peu déconcertante !! Sa manipulation est d’autant moins aisée que tous les axes de mobilité sont verrouillés !!
C’est en écartant le trois pieds que les choses se mettent en place, « cela ressemble à un pied d’appareil photos », « mais il n’y a pas l’endroit pour accrocher l’appareil !! ?? « (la platine est en effet en position verticale et difficile à voir). Le pied posé au sol, tout le monde se rassemble et pendant que les derniers terminent le rangement de la classe, une partie du groupe commente et émet des hypothèses quant à l’utilisation et l’utilité de l’objet.


Rapidement, un appareil photos est installé dessus, tout le monde comprend bien l’intérêt d’avoir un support qui ne bouge pas, « les photos seront pas floues, ça bougera pas ! ».
Par la suite toutes les fonctionnalités proposées par le pied sont passées en revue. Agrandissement des pieds, mise en position verticale ou horizontale de l’appareil etc. _ Pour tester cela, le maître propose de réaliser des photos de chacun des enfants de la classe. Les photos devront avoir une unité de lieu et de posture, l’idée étant de faire un réglage du pied et de l’appareil, puis d’enchainer les clichés.
Alors que certains dessinent l’appareil photos, un groupe s’installe dans le dortoir inoccupé attenant à la classe. L’enseignant indique que les photos doivent montrer chaque enfant « tout entier », des pieds à la tête. Après quelques essais et réglages, les photos correspondent à la demande. Le maître précise alors qu’il faudrait voir les jambes et les bras bien distinctement. S’ensuit une série de photos où les enfants adoptent différentes attitudes devant la porte jaune qui sert de fond !
Très rapidement la bonne posture est trouvée, elle semble un peu étonnante et questionne le groupe. L’adulte précise que ces photos vont servir à une activité future où il est important de bien voir chaque partie du corps. Une fois l’appareil en place, seul un réglage de zoom sera nécessaire en fonction de la taille de chacun.
Les enfants sont satisfaits, il n’y a plus de photos floues ou « qui ont bougé ! ». L’enchainement des groupes se fait simplement, ceux qui partent expliquant et montrant aux arrivants, photos à l’appui, ce qui doit être réalisé.


Tous les élèves de la classe se photographieront selon les mêmes modalités durant la matinée. Entre chaque groupe, le maître prendra soin de déplacer et dérégler le pied de l’appareil photos afin que le travail de réglages soit réel pour tous.

Prolongement

L’après-midi débutera avec l’utilisation de ces mêmes photos sur le TNI. L’idée est de réinvestir de façon très libre, le jeu dit « des animaux extraordinaires » où l’on crée de nouvelles espèces à partir de morceaux d’animaux existants. Ce seront ici les « enfants extraordinaires ».
Pour débuter, trois morceaux suffiront, la tête, ventre et bras, pieds et jambes. Intégrées dans le logiciel du TNI, SMART Notebook, chacune des photos est devenue une page. Il suffit d’effectuer une capture de chaque partie de photo que l’on veut utiliser et la copier dans une nouvelle page vierge. Lorsque les trois "morceaux" sont sur cette même page, il suffit d’organiser les différentes parties du corps de façon cohérente pour obtenir un nouvel élève !!
Chaque élément pouvant être redimensionné et orienté, l’assemblage se révèle assez simple et rapide. Durant cette activité, les interactions langagières entre enfants et enfants/adulte seront très importantes. Par la suite, le prénom de chaque nouveau camarade virtuel sera construit en utilisant une syllabe de chacun des prénoms des enfants d’origine !
C’est au moment où le premier groupe allait se mettre en activité, que le vidéoprojecteur du TNI est tombé en panne nous obligeant à mettre prématurément un terme à la séance...

Séances 5 et 6

Depuis la seconde période, la classe pratique régulièrement « Drôles de bobines ». Encore appelé le « jeu des portraits », cette activité propose de dessiner en neuf ou dix consignes simples, la tête d’un animal ou d’un personnage.
C’est dans ce cadre que l’utilisation des appareils photos s’est orientée vers la réalisation de portraits.
Les groupes ont fonctionné en autonomie lors de ces séances. Pour des raisons pratiques, les prises de vues se sont effectuées dans la salle de motricité attenante à la classe. L’installation du matériel, du fond, du mobilier (chaises et bancs) a été assurée par les élèves.

Les réglages et la mise au point ont fait l’objet de nombreux échanges et essais. Les photos qui ne correspondaient pas au projet n’ont pas été conservées.


Certains clichés sont réalisés plusieurs fois avec des changements d’expression de la part de l’enfant photographié.


A l’issue de ces séances, chaque groupe est invité à représenter ce qui a été fait. Chaque enfant viendra ensuite en dictée à l’adulte, légender son dessin et donner un maximum d’informations.

Prolongement

Les photos des visages ont ensuite été importées dans le logiciel libre Tux Paint. Utilisé en classe depuis le début de l’année, il peut être considéré comme une toute première application d’infographie. Ses fonctionnalités sont multiples et bien adaptées aux enfants de ce niveau de classe.
La consigne était en premier lieu de se déguiser en modifiant son portrait avec tous les outils proposés par le logiciel. Une contrainte importante était de plus imposée par le fait que chaque modification devait se faire de façon symétrique sur l’image.
L’élément texte est venu en dernier lieu finaliser les productions qui ont été nommées par chacun en fonction des changements apportés à son visage.

Ces appareils photos, il a bien fallu les rendre !
Cela a bien déconcerté certains enfants qui avaient pris l’habitude de faire des photos et de les regarder avec leurs camarades, tout comme on fait un dessin, où l’on utilise la pâte à modeler. Les nombreuses prises de vue effectuées font toujours l’objet d’activités, on s’amuse à modifier son visage, mais aussi celui des autres, et quand le TNI le permettra, nous reprendrons le jeu des « enfants extraordinaires » !!