Une netclasse en lettres Collège Le-Racinay, Rambouillet

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Carine Naudin, professeur de Lettres Modernes, collège Le Racinay (Rambouillet).
Nous avons bénéficié du prêt de la mallette netclasse au printemps 2011, pour
une classe de 6e à effectif allégé : 16 élèves en difficulté. Le niveau de la classe était extrêmement hétérogène du point de vue des résultats, mais un point était commun à la plupart des enfants : la perte de motivation face au travail scolaire.
Par ailleurs la classe bénéficiait de la fin de l’expérimentation Podclasses mise en place 4 ans auparavant. Ce petit effectif nous a donc permis de doter l’ensemble des élèves de 16 iPod Nano 8 Go (petit modèle, sans caméra), dans le cadre d’une convention de prêt à l’année. Cette classe était donc sensibilisée à l’usage des TICE dans le cours de français.
En classe entière, les ordinateurs ont surtout été utilisés pour travailler l’écriture. En effet, plusieurs de mes élèves présentaient des troubles de la graphie et l’outil informatique a permis de les valoriser en leur donnant l’occasion de rendre des travaux propres, et agréablement rédigés.
Mais ceci aurait pu se faire dans une salle informatique traditionnelle. Le grand intérêt de ces petits ordinateurs, à mon sens, est la possibilité de réactivité de l’enseignant face à une tâche donnée, surtout si l’utilisation de l’outil informatique n’avait pas été anticipée. Ce fut plusieurs fois le cas lors de mes cours : le netbook s’est plusieurs fois substitué au dictionnaire pour sa consultation (via Lexilogos), mais il a également permis la vérification rapide d’un point de culture (situer un auteur dans le temps, dans son milieu, par rapport à ses contemporains...).
Ensuite, tous les élèves n’ont pas la même maîtrise de l’outil informatique. Ce genre de séance est très prenante, au début, pour l’enseignant : il faut accompagner chaque groupe pour vérifier que l’activité proposée peut être menée correctement. En revanche, cela permet d’évaluer plus pertinemment les compétences des enfants dans le cadre du B2I.
Après avoir longuement travaillé sur les techniques du récit, j’avais envisagé une séance avec les netbooks afin d’aller sur l’exposition virtuelle de la BNF consacrée aux contes. À la fin de cette dernière, est proposé un atelier d’écriture qui permet à l’élève de créer la trame d’un conte qu’il devra rédiger ensuite. Il s’agit de sélectionner les différents éléments actanciels parmi des choix multiples et, in fine, d’imprimer cette trame pour entamer la rédaction du conte. Impossible, comme au collège, d’imprimer directement sur l’imprimante la plus proche... Qu’à cela ne tienne ! Nous avons créé des documents PDF et une fois récupérés sur une clef USB, les huit documents ont pu être imprimés... dans la salle d’à côté !
J’ai également utilisé les netbooks dans le cadre de la remédiation en 6e. Dans ce cas, je n’avais que 8 élèves et chacun pouvait bénéficier d’un ordinateur. C’est évidemment l’utilisation optimale de cet outil. Le netbook permet alors un vrai travail de remédiation individualisé via des sites comme Ortholud ou encore CCDMD, qui proposent des parcours au cours desquels l’élève peut s’évaluer lui-même et voir sa progression. Un jour, alors que le wifi était en panne, j’ai dû mener la même séance via le TNI : nous n’avons eu le temps de faire que la moitié des activités proposées et les élèves étaient nettement moins concentrés. En effet, l’élève n’a plus la perspective de sa progression personnelle et se déconcentre facilement à chaque déplacement au TNI. Lorsque l’activité est menée avec les netbooks, le TNI devient en revanche un excellent relais en cas de difficulté partagée par plusieurs élèves : le professeur peut alors donner une explication commune en projetant la page concernée et en intervenant directement sur le point difficile.
Pour finir, la mise à disposition de ce matériel a permis de tenter l’utilisation de logiciels que je n’aurais pas forcément envisagés vu le niveau des élèves, leur autonomie et la logistique de la réservation de la salle informatique, le déplacement des élèves, etc. Ainsi, suite à des recherches sur Jean de la Fontaine dans le cadre de notre séquence sur la fable, les élèves on réalisé une présentation de l’auteur sur OpenOffice Impress par groupes de deux (pour que les plus aguerris en matière d’informatique puissent aider leurs camarades moins autonomes). La disponibilité du matériel a permis, en deux séances seulement, de finaliser des réalisations de qualité (effets sur les transitions, effets sonores...) au cours desquelles les élèves ont appris à sélectionner et hiérarchiser des informations recueillies sur internet, à les présenter de façon claire et cohérente, à leur associer des images pertinentes... Et j’ai pu constater que les élèves étaient très motivés de voir le travail de qualité qu’ils étaient en train de réaliser.

Le prêt de cette mallette s’est donc avéré très fructueux. Les élèves ont apprécié travailler avec, ont sensiblement progressé en autonomie et ont eu plaisir à se projeter dans la réalisation d’un travail scolaire.
Si j’ai parfois regretté de n’a pas avoir un netbook par élève (j’aurais aimé pouvoir travailler la remédiation orthographique en classe entière), cette contrainte s’est parfois avérée positive lorsque les travaux menés à deux ont permis aux moins autonomes de progresser grâce à leurs camarades.

Matériel prêté par le CRDP de l’académie de Versailles