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Un film de Stéphane Benhamou

L’école est à nous ! ou comment Jean Zay révolutionna l’Éducation Nationale

coproduit par Canopé avec Siècle productions

À l’heure de son entrée au Panthéon, quelle image reste-t-il de Jean Zay dans la mémoire collective française ?
Davantage celle d’une victime de la barbarie que celle d’un grand homme d’État lié au Front populaire, semble-t-il. Et pourtant...

Repères chronologiques :

  • 1904 : naissance à Orléans
  • 1932 : élu député du Loiret
  • Juin 1936 : Nommé ministre de l’Éducation Nationale et des Beaux-Arts du gouvernement par Léon Blum
  • 2 septembre 1939 : Démission et engagement dans l’armée
  • 20 juin 1944 : Assassiné par des miliciens
  • 27 mai 2015 : Entrée au Panthéon

Une ascension fulgurante

Nommé à la tête du ministère de l’Éducation nationale en 1936 sous le gouvernement du Front populaire, Jean Zay est alors le plus jeune ministre de la IIIe République (31 ans).
Malgré la montée du fascisme en Europe et la virulence des ligues en France, l’époque aspire au progrès social et c’est dans ce climat de réforme qu’il inscrit son action politique.
Porté par la conviction que la République se bâtit et se renforce par l’école, il lance alors un grand chantier de modernisation du système scolaire français visant à valoriser l’élève et à démocratiser l’enseignement.
Soucieux de faire entrer la culture dans tous les foyers, il est à l’origine du Crous, du CNRS, des bibliobus, du Palais de la découverte et de la Réunion des musées nationaux.
Il sera aussi l’instigateur du Festival de Cannes ouvert à tous les films, qu’il aurait du organiser en septembre 1939 si le début de la Seconde Guerre mondiale n’avait pas mis un frein à une carrière jusqu’ici fulgurante...

Un homme dans la tourmente

Juif, laïc et républicain, Jean Zay aura été durant sa carrière de ministre du Front populaire une cible privilégiée de l’extrême-droite française.
Au sein du gouvernement, il lança des expérimentations afin de contourner habilement les réticences des législateurs...
C’est le paradoxe d’un homme en avance sur son temps, qui aura incarné une conception moderne et généreuse de l’homme face à une représentation opposée.
Finalement, la guerre et le régime de Vichy auront raison de lui.
En prison, et jusqu’à sa mort en juin 1944, Jean Zay ne cessa de croire en son destin politique comme en témoignent ses carnets de détention où pendant trois ans, il laissa libre cours à son esprit réformateur.
Aujourd’hui encore, nous mesurons toute la modernité de la pensée de ce héros de
la République, qui jeta les bases du système éducatif et de la politique culturelle dont
nous avons hérité.

Fiche technique

Un film conçu à partir de photos de classe d’époque et d’extraits de films :
Zéro de conduite de Jean Vigo et La vie est à nous, réalisé par un collectif de réalisateurs à la demande du PCF en 1936, permettent de replonger le spectateur dans l’ambiance de l’école des années 1930.
Un film d’entretiens également, recueillant les témoignages de Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Hélène Mouchard-Zay et Catherine Martin-Zay, filles de Jean Zay, Caroline Piketty, conservatrice en chef du patrimoine à la Section des archives privées des Archives nationales, Antoine Prost, historien et président des Amis de Jean Zay, Olivier Loubes, biographe de Jean Zay, Denis Guthleben, historien attaché scientifique au Comité pour l’histoire du CNRS, Pascal Ory, historien, auteur de La Belle Illusion, Culture et politique sous le signe du Front populaire, Daniel Keller, Grand Maître du Grand Orient de France.

En librairie et en médiathèque : Jean Zay


Article publié le mercredi 20 mai 2015, par Chantal Thos