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Conférence de Michel Tozzi : Du devenir élève à l’instruction civique et morale

Michel Tozzi, professeur émérite en sciences de l’éducation Montpellier 3.
Didacticien de la philosophie


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Bibliographie récente de Michel Tozzi

Le CDDP de l’Essonne et la direction des services départementaux de l’Education nationale de l’Essonne ont organisé en partenariat avec Panasonic et Delta système la conférence de Michel Tozzi
« Du devenir élève à l’instruction civique et morale »,
le mercredi 17 octobre 2012.

Michel Tozzi était présent au théâtre de l’Agora d’Evry devant 650 cadres de l’éducation nationale et directeurs d’écoles, cette session était filmée et retransmise en direct par visio-conférence à l’espace Concorde d’Arpajon qui accueillait 350 personnes.

Sommaire interactif :

  • L’instruction civique et morale :

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L’instruction civique est différente de la morale laïque. Vincent Peillon parle de morale laïque, cela comporte une construction du citoyen avec une connaissance des règles de la société, du fonctionnement de la démocratie mais aussi toute les questions que l’on se pose sur le sens de l’existence humaine, sur le rapport à soi et aux autres, sur tout ce qui fait une vie heureuse et bonne. On passe d’un basculement de la vie morale fixée par des cadres normatifs à une réflexion sur le sens de la vie, de son rapport à soi et aux autres. On vise l’enfant à travers l’élève, le petit d’homme à travers l’enfant. On vise la formation de l’homme .
La morale laïque c’est enseigner la liberté et réfléchir au sens de la vie.

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  • Les conceptions de la morale laïque :

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1ère conception : transmettre la civilité et les règles minimum du vivre ensemble
(La civilité, c’est reconnaitre l’existence d’autrui et organiser une vie commune).
2ème conception : développer la tolérance avec l’acceptation de la multiplicité des points de vues
(la tolérance implique la formation d’un jugement éclairé).
3 – Engagement dans la transmission de certaines valeurs et enseignement des valeurs fondatrices de l’Etat républicain, notamment la solidarité (valeur profondément inscrite dans les valeurs de la France).

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  • Le jugement moral chez l’enfant :

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Qu’est-ce que développer le jugement moral ? :
- c’est donner des armes aux enfants concernant leur conduite et leur comportement.
- C’est leur permettre de répondre à la question : qu’est ce qui doit orienter ma vie ?
- c’est accompagner l’élève vers une pensée argumentée et justifiée (Toutes opinions et points de vue devant pouvoir s’exprimer, mais être rationnellement validée).
Un jugement moral vise à poser une affirmation réfléchie comme vraie. Le jugement moral va engager des valeurs concernant la conduite humaine, permettant le discernement dans la pensée et dans l’action de ce qu’on considère comme bien ou mal dans une conduite. Cette conception du jugement moral éclairé par la raison est un héritage de la philosophie des lumières et de la 3° République. Or, il y a des conceptions du jugement moral qui ne sont pas fondée sur la raison. Un exemple : le Care – be carefull , qui signifie faire attention, être attentionné, avoir de la sollicitude, prendre l’autre en considération. Dans cette conception, le sentiment est mis en jeu.
Comment articuler, dans le jugement moral, l’appel à la raison d’une part et au sentiment d’autre part ? Comment, dans l’éducation au jugement moral, peut-on articuler l’appel à l’affectivité avec l’appel à la pensée réflexive, à la raison. C’est ce que l’on essaie de faire dans la discussion à visée démocratique et philosophique (DVDP).

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  • Réponse aux questions :

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Les questions rendent compte des préoccupations et des problèmes auxquels les enseignants sont confrontés.
Les enseignants peuvent notamment être confrontés à des familles qui ne partagent pas les mêmes valeurs que celle de l’école. Ces enfants auront alors des conflits d’appartenance. Les enfants doivent acquérir cette plasticité de passer d’un milieu différent à un autre ; ceci est très difficile pour certains enfants, d’autant plus que les familles sont éloignées culturellement et économiquement de l’enseignant. La solution est alors d’augmenter le seuil de tolérance vis-à-vis de la différence des familles tout en affirmant de façon ferme et raisonnée ses propres différences et celles de l’institution, de façon à montrer à « l’autre » qu’il doit admettre que nous sommes différents.
Il est très difficile d’être exemplaire, car tout enseignant reflète la société de son temps. L’exemplarité est du domaine de l’éthique, c’est un appel à « l’autojugement ». Il est complexe de travailler la cohérence dans une société individualiste où l’on vit dans l’instant et où l’on change souvent d’avis. L’enfant a besoin d’être structuré par une personnalité consistante qui fait ce qu’elle dit. Si nous ne sommes pas vertueux, comment voulons nous que les élèves le soient ? Il y a une remise en cause personnelle qui fait appel à l’éthique.

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  • Le dispositif – Sa visée démocratique :

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Le dispositif :
(l’enseignant met en place le dispositif et anime sur le fond).
- On se met en rond pour voir le visage de tous.
- Il y a un début et une fin précise. Il est important que les élèves aient des repères spatio-temporels.
- Il peut y avoir des rites, ce qui permet un cadre qui donne aux élèves des habitudes qui leur permettent de se repérer dans le temps et dans l’espace, et dans les différentes fonctions.
- Il y a des règles de circulation de la parole. On est dans un dispositif démocratique, il faut que la parole soit donnée au plus grand nombre d’élèves.
Règle 1 : la parole est donnée (on ne la prend pas), on lève la main.
Règle 2 : la parole est donnée dans un certain ordre, l’ordre d’inscription.
Règle 3 : priorité de la parole à ceux qui ne se sont pas encore exprimés.
Règle 4 : au bout d’un certain temps, on tend la perche à ceux qui ne se sont pas encore exprimés.
Règle 5 : on a le droit de se taire.

Il faut trouver les règles peu nombreuses qui vont favoriser la prise de parole par le maximun d’élèves. Ces cinq lois simples incarnent le principe de la démocratie et en même temps sont fonctionnelles.

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  • Les fonctions dans la classe :

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Les fonctions, ce sont les responsabilités particulières que vont prendre des élèves.
-  Un président de séance. Il a le pouvoir de donner la parole aux autres. Il n’a pas à intervenir sur le fond, il intervient sur la forme.
-  Un reformulateur de questions. Il développe trois compétences : être à l’écoute de l’autre, comprendre ce que l’autre dit, être capable de redire ce que l’autre vient de dire. Il n‘intervient pas, il est dans l’écoute.
-  Un synthétiseur. Il écoute, prend des notes et renvoie sa synthèse quand on le lui demande.
-  Des observateurs des fonctions qu’ils auront à remplir pour la prochaine séance.
- Fonctions autres : le porteur de micro, responsable du micro

On va par l’instauration de ce type de dispositif leur faire vivre le principe de la démocratie.

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  • Le rôle du maître et les exigences intellectuelles dans le dispositif :

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Il faut installer progressivement les élèves dans leurs fonctions. Lorsque l’enseignant conduit la séance, le principe est qu’il ne donne jamais son point de vue sur la question de façon à ce que l’élève ne soit jamais dans le désir de (bonne) réponse du maître, mais qu’il soit dans son propre désir de penser.
Dans l’exemple de la vidéo dont la question est « Pourquoi on dit « c’est pas juste » ?, la notion à approfondir est la justice. Chez l’enfant, le sentiment d’injustice est naturel ; ce qui est intéressant, c’est de travailler le passage du sentiment affectif d’injustice à la notion plus rationnelle de justice.
La discussion est donc à visée démocratique, mais aussi philosophique.
Trois processus intellectuels doivent être mis en jeu, sous la vigilance du maître :
- Apprendre à (se) poser des questions, à problématiser.
- Apprendre à savoir ce dont on parle, à conceptualiser, faire des distinctions conceptuelles.
- Apprendre à savoir si ce que l’on dit est vrai, à argumenter une thèse, une objection.

On travaille l’éveil de la pensée réflexive de l’enfant. On peut aisément le faire à partir de la littérature de jeunesse (ex : Yacouba le guerrier) ou de mythes (ex : le mythe de Gygès). Les mythes présentent l’avantage d’être porteurs de conflits archétypaux.

Philotozzi.com

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  • Ressources associées à la conférence :

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    Bibliographie "Instruction civique et morale"
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    Bibliographie récente de Michel Tozzi

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Voir en ligne : Le site de Michel Tozzi "l’apprentissage du philosopher"


Article publié le vendredi 14 décembre 2012