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De la démarche de création à l’oeuvre : Gustave Caillebotte


Gustave Caillebotte

Après avoir commencé des études de droit, il entre dans l’atelier du peintre académique Léon Bonnat. En 1873, il réussit l’examen d’entrée de l’École des beaux-arts. Issu d’une riche famille d’industriels, il hérite, à la mort de son père, en 1874, d’une propriété à Yerres (aujourd’hui dans l’Essonne), et d’une importante fortune, qui lui permet de se consacrer à sa passion pour la peinture. Elle lui permet également de devenir le mécène de ses amis peintres, notamment Renoir, Degas ou Monet, et de financer l’organisation d’expositions impressionnistes.

En 1875, son tableau Les Raboteurs de parquet est refusé au Salon, le sujet heurtant par son extrême quotidien — c’est aujourd’hui l’une de ses plus célèbres œuvres. Les années suivantes, il participera à différentes expositions impressionnistes, puis avec la Société des XX.

Son œuvre est originale par ses thèmes, notamment l’ennui et l’extrême solitude des personnages dans le nouveau Paris haussmannien, mais aussi à la campagne et au sein même du cercle familial — même dans ce cadre privilégié, les personnages semblent indifférents les uns aux autres. Son œuvre est également originale par sa technique : elle semble proche de l’art photographique, mais, par de puissants effets de perspectives tronquées, les distances et les premiers plans sont écrasés et l’horizon absent, d’où la perception instable et plongeante de ses toiles. Au point de vue de la finition et de la composition de ses œuvres, on peut dire que Caillebotte est à la première époque de l’impressionnisme ce que Seurat représentera pour la seconde période (néo-impressionnisme et pointillisme).

Caillebotte est l’un des premiers grands peintres français à exposer régulièrement aux États-Unis, où il rencontre un vif succès, et où se trouvent aujourd’hui nombre de ses toiles. Il est l’un des fondateurs du courant « réaliste », qu’illustrera par exemple au XXe siècle l’Américain Edward Hopper.
Gustave Caillebotte, v. 1878.
(collection privée).

À partir de 1876, Caillebotte collectionne les peintures de ses amis peintres, et se montre très généreux dans l’acquisition des œuvres. Mécène éclairé, il acquiert par exemple Coin d’appartement, de Claude Monet, ou Bal du Moulin de la Galette, d’Auguste Renoir. Il achète également des tableaux à Paul Cézanne, à Edgar Degas, à Édouard Manet et à Camille Pissarro.

Son activité de collectionneur s’est aussi étendue à la philatélie, dont il a été un adepte assidu avec son frère musicien Martial Caillebotte. Il a été l’un des fondateurs, avec le docteur Jacques Legrand et Arthur de Rothschild, de la Société française de timbrologie, le 14 juin 1875.

Personnage aux multiples facettes, Gustave Caillebotte était également un horticulteur émérite. Il a correspondu avec le peintre Claude Monet à Giverny, et a créé des orchidées dans ses serres.

Sa passion pour le yachting n’a cessé de croître. En 1881, sous l’influence de Monet, il emménage au Petit Gennevilliers, et rachète le chantier naval Luce (du nom de l’ancien propriétaire). Régatier, il se passionne pour la vitesse et cherche à perfectionner ses bateaux. Architecte naval, il construit des prototypes de voiliers, aux multiples innovations (voile en soie, lest extérieur, coques hydrodynamiques...), qui lui permettent de remporter des titres internationaux. En 1882, il construit le voilier Jack, en 1885, le dériveur La Pioche, et les voiliers le Lézard en 1891, Roastbeef, le plus connu, en 1892, Dahud, en 1893, considéré comme son chef-d’œuvre, et Mignon lancé en 1894 après la mort de son inventeur[1]. Il est l’initiateur, en 1889, de la jauge des 30 m2 du C.V.P. (Cercle de la voile de Paris), dont il était vice-président depuis 1876.

Dans son testament, il léguait à sa mort soixante-sept tableaux impressionnistes de sa collection personnelle à l’État, qui n’en accepta finalement que trente-huit, après deux ans de négociations menées par Renoir, exécuteur testamentaire de Caillebotte, et de violentes polémiques. L’Académie des beaux-arts protesta officiellement contre l’entrée de ces tableaux au musée du Luxembourg, en qualifiant l’événement d’« offense à la dignité de notre école ».

La maison et le parc qu’il possédait à Yerres, en bordure de la rivière homonyme, sont aujourd’hui propriété communale, et le parc est ouvert au public. C’est là qu’il a peint certaines scènes de périssoires.

Le talent de Caillebotte fut longtemps méconnu — sauf aux États-Unis —, au profit de son rôle de « mécène éclairé ». Le peintre fut redécouvert dans les années 1970 à l’initiative des collectionneurs américains. Les rétrospectives de ses œuvres sont désormais fréquentes. Certains de ses tableaux se trouvent maintenant au musée d’Orsay, à Paris.

Il a fait l’objet d’expositions montées à Houston et Brooklyn en 1976, au Grand Palais, à Paris, fin 1994, ainsi qu’à la fondation de l’Hermitage, à Lausanne, du 24 juin au 23 octobre 2005.
Ses œuvres[modifier]

* Femme à sa toilette (1873), collection privée.
* Femme nue étendue sur un divan (1873), 87 x 113 cm, collection privée.
* Les Jardiniers (1875-1877).
* Les Raboteurs de parquet (1875), musée d’Orsay, Paris.
* Jeune homme à la fenêtre (1876), New York, collection privée.
* Le Pont de l’Europe (1876), Musée du Petit Palais, Genève.
* Rue de Paris, temps de pluie, dit aussi Temps de pluie à Paris au carrefour des rues de Turin et de Moscou, voire La Place de l’Europe à Paris, temps de pluie (1877), Art Institute, Chicago.
* Les Périssoires (1877), National Gallery of Art, Washington.
* Canotiers (1877), collection privée, France.
* La Partie de bateau (1877), collection privée, Paris.
* Peintres en bâtiment (1877), collection privée.
* La Gare Saint-Lazare (1877), musée d’Orsay, Paris.
* Vue de toits, effet de neige (1878), musée d’Orsay, Paris.
* Les Orangers (1878), Museum of Fine Arts, Houston.
* Baigneur s’apprêtant à plonger (vers 1878).
* Canotiers ramant sur l’Yerres (1879).
* La Partie de bésigue (1880), collection privée.
* Boulevard vu d’en haut (1880).
* Homme au balcon, boulevard Haussmann (1880), vendue 14 306 000 $ par Christie’s en mai 2000
* Nu au divan (1880), 132 x 196 cm, Minneapolis Institute of Arts, Minnesota, États-Unis.
* Nature morte, poulet et gibier à l’étalage (1882).
* Dans un café (1890), musée des Beaux-Arts de Rouen.
* Gustave Caillebotte, autoportrait (1892).
* Arbre en fleurs, Petit Gennevilliers, vendu 1 046 583 € en juin 2004.

Galerie[modifier]
Quelques œuvres de Gustave Caillebotte
L’Yerres, pluie (1875)
Indiana Art Museum - Bloomington

Jeune homme à la fenêtre (1875)
collection privée

Les Raboteurs de parquet (1875)
Musée d’Orsay - Paris

Le Déjeuner (1876)
collection privée
Portraits à la campagne (1876)
Musée Baron Gérard - Bayeux

Le Pont de l’Europe (1876)
Petit Palais - Genève

La Place de l’Europe, temps de pluie (1877)
Art Institute - Chicago

Les Périssoires (1877)
Art Museum - Milwaukee
Baigneur s’apprêtant à plonger (1878)

Pêcheur au bord de l’Yerres (1878)

Les Orangers (1878)
Museum of Fine Arts - Houston

Les Périssoires (1878)
Musée des Beaux-Arts - Rennes
Vue de toits, effet de neige (1878)
Musée d’Orsay - Paris

L’Homme au balcon, boulevard Haussmann (1880)

Un balcon (1880)
collection privée

Dans un café (1880)
Musée des Beaux-Arts - Rouen
Intérieur (1880)
collection privée

Fruits sur un étalage (1882)
Museum of Fine Art - Boston

Homme portant une blouse (1884)
collection privée

Villas à Trouville (1884)
Montgomery Gallery / Kemper Corporation
Voiliers à Argenteuil (1888)
Musée d’Orsay - Paris

La Plaine de Gennevilliers (1888)

Nasturces (1892)
collection privée

Le Jardin du Petit Gennevilliers en hiver (1894)
collection privée

Voir en ligne : Visite de la maison Caillebotte à Yerres


Article publié le dimanche 21 octobre 2012