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Evaluer sans notes ! Dispositifs numériques et utilisation des résultats !

Dans cette période assez mouvementée autour de l’évaluation, nous nous proposons de faire état d’un dispositif inspiré de recherche faites sur le terrain de l’EPS à propos de l’évaluation des élèves, en termes de progrès et d’apprentissages...


Tout commence il y’a quelques années, avec des outils bureautiques classiques et un jeu de dossard constitué de 4 couleurs. Le principe était de permettre aux élèves de se situer dans un contexte d’apprentissage sur la base de 3 items forts dans les objectifs assignés au cycle. Un dispositif que nous étudierons ultérieurement. Mais un dispositif cherchant à identifier les élèves qui avancent vite et ceux qui avaient un peu plus de difficultés.
Il y a un an, lors d’un travail de recherche sur l’évaluation des connaissances, je me suis attaché au côté théorique et ai découvert avec les membres du GEPEPS de Versailles, une application très intéressante, d’origine anglo-saxonne. Nous n’entrerons pas dans les considérations qui ont permis de développer une telle application, mais je propose que nous étudions ensemble comment elle peut être utilisée dans un but de validation des acquis et de remédiations diverses au sein de cycles d’apprentissage.

Plickers est un système basé sur la reconnaissance à distance de QR-Codes simples à l’aide d’un smartphone ou d’une tablette (iOS et Androïd), en parallèle d’un fonctionnement en ligne.
Le QR-Code, réduit à sa simple, expression agit comme un boîtier de réponse lu grâce à l’appareil photo numérique du périphérique utilisé. Le carton, imprimé à partir de son compte en ligne, porte un numéro et 4 côtés différents, permettant d’identifier un élève et sa réponse, fonction de l’orientation haute du carton. Voilà pour le dispositif. description succincte que nous vous laissons la possibilité de découvrir sur le site.

En termes d’usages, nous les identifions comme nombreux. Ils sont présentés lors des stages de formations numériques de l’académie de Versailles en EPS :

  • un usage permanent (des classes, un élève, un numéro)
  • des questions pouvant être créées hors-ligne, in situ, directement en rapport avec les savoirs dispensés
  • un temps de mise en oeuvre très court
  • la lecture immédiate des résultats (réponses individuelles et statistiques de groupe)
  • la possibilité d’utiliser un mode « Live View » pour exploiter le potentiel numérique des salles de classe ou aménagements spécifiques, en étant connecté à internet


D’un point de vue pédagogique

L’expérience s’est déroulée dans le cadre de différentes activités :
sur un contrôle de connaissances général validant une fin de trimestre (EPS).
sur une activité de fin de séance visant à définir les contenus assimilés (Histoire, Sciences Physiques).
sur une séance postérieure à la leçon afin d’évaluer les acquis au retour en classe (Histoire).
sur une sortie pédagogique (Géographie).
L’idée est de travailler dans des environnements et des temps pédagogiques très différents avec un outil similaire. Les classes choisies sont des classes ayant très peu d’expériences dans la pratique de l’application. Les élèves ont malgré tout très vite intégré le dispositif et se le sont appropriés immédiatement. Nous avons travaillé avec tous les niveaux du collège.

Accédez à l’article correspondant sur le site du collège Les Pyramides en cliquant sur l’image

Les analyses concernant l’intégration de l’application dans les séances sont les suivantes :
- Elle est parfaite pour vérifier les apprentissages des notions importantes de la leçon, à savoir le "savoir" stricto-sensu et peut être fait en début d’heure et/ou en fin d’heure.
Le problème concomitant à cette interrogation en fin d’heure est finalement qu’elle serait incomplète sans une nécessaire explication aux élèves qui n’auraient pas compris/acquis les notions du questionnaire. Or, revenir sur ces notions dans le cadre d’une leçon réduite dans le temps serait chronophage.
- Dans ce cas, on pourrait avec le temps, l’utiliser dans le cadre d’une leçon en 2 parties. La première permet de dégager un vocabulaire spécifique et la seconde, de lancer les élèves en autonomie sur la compréhension d’un document qui l’utilise. L’application servirait alors à vérifier que tous les élèves ont compris et acquis les notions soulevées en première partie. Pendant que les élèves ayant validé par le questionnaire se lancent dans l’application, le professeur a alors tout le temps de former un groupe avec les élèves n’ayant pas saisis toutes les données de la première activité.
- Sur le long terme, je pense qu’il faudrait que chaque question soit liée à une compétence plus précise. La question 1 porterait toujours sur la présentation d’un document (nature, auteur), la 2 sur une analyse de carte ce qui permettrait de cibler les difficultés et évolutions ou progrès de chaque élève.
- Je pense qu’elle peut également être très utile en géographie dans l’analyse de paysage. Elle permettrait de faire définir aux élèves les éléments les plus importants et de définir une hiérarchie avec la classe (élève et professeur). Cela permet en outre au professeur d’avoir une idée de la vision/hiérarchisation propre aux élèves, et ainsi de partir de cette dernière plutôt que de bâtir un cours ayant pour objectif de déboucher sur la projection finale prévue par le professeur.

Nous nous sommes livrés en parallèle à l’étude du comportement des élèves dans 2 cas très précis, sans toutefois vouloir en tirer des conclusions hâtives, mais en cherchant à renforcer la posture de l’enseignant dans le déroulé de ses séances, et avons constaté le niveau de déperdition d’une séance à l’autre, autant que la notion de renforcement. C’est à partir de ces remarques que nous sommes partis sur l’idée de l’intérêt de l’évaluation/contribution formative à la restructuration des contenus, permettant, en fonction des résultats obtenus, de renforcer des points de cours soit de manière globale ou en personnalisant les besoins...

A l’issue de ce premier travail, le dispositif intéresse des professeurs des autres disciplines et a déjà inspiré ceux de divers établissements.

Il manque des éléments essentiels à ce dispositif, permettant de pouvoir se centrer sur un élève et suivre de manière précise son parcours.
Ces éléments se retrouveront très certainement dans la capacité qu’ont les enseignants à s’adapter aux outils qu’on leur propose et à les exploiter en fonction d’objectifs qu’ils se fixent avec leurs classes. Il n’en demeure pas moins qu’en l’état l’outil est ponctuel et peut s’avérer très utile pour qui souhaite simplement faire état d’un bilan formatif et constructif.


Article publié le jeudi 18 décembre 2014, par Martial Pinkowski