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Dispositif pédagogique en EPS : course de relais, tablettes, vidéo et ENT


La séquence se déroule au Collège Les Pyramides, à Evry. Il s’agit d’une classe de 6ème pratiquant l’activité course de relai 2 x 30m. Il s’agit de la quatrième séance…

Ces quelques détails pour identifier le cadre d’intervention. Nous sommes en présence d’un dispositif pédagogique accompagné du numérique, dans une optique de travail sur des objectifs à partir d’un recueil d’information aussi précis que possible. A priori, le niveau d’exigences peut paraître élevé. Il s’agit toutefois de faire appel à des moyens technologiques simples pour aider les élèves à améliorer leur travail par l’étude et la compréhension des causes.

Ici, dans une précédente séance, un travail sur le temps de transmission et la posture des élèves a été fait au travers d’une analyse vidéo (application Coach’s Eye : https://www.coachseye.com/) qui a permis de mettre en évidence beaucoup de choses sur cette zone étudiée :

1. temps de transmission comparé de chaque groupe
2. position des coureurs porteurs du témoin (conservation de la vitesse)
3. attitude des coureurs au relais (pré-action, orientation, début de course)

Sur cette séance, l’accent est mis sur la vitesse du 1er coureur (conservation de cette vitesse) jusqu’à la transmission du témoin. Il s’agit pour chaque élève :

1. de franchir la ligne des 30m en un minimum de temps, lorsqu’il est 1er relais
2. de prendre un repère pour démarrer au meilleur moment quand il est second relais

Tout l’espace d’évolution est géré par les élèves. Que ce soit l’organisation des départs, la mise en place des relais, la relève des temps à l’arrivée.

Deux dispositifs sont intégrés à la prise de performance.

1. à 30m un dispositif automatique utilisant un iPad monté sur un pied d’appareil photographique, équipé de l’application Sprint Timer (https://itunes.apple.com/fr/app/sprinttimer-photo-finish/id430807521?mt=8) :
* démarrage du chronomètre au coup de sifflet du starter (objectif : préparer un départ dans les meilleures conditions, à commencer par la limitation des déplacements, de l’agitation et du bruit)
* prise des images au rythme de 60fps (images par seconde) afin de pouvoir évaluer chaque attitude pour chaque coureur (un balayage au doigt permet de repérer chaque coureur, indique sont temps au centième de seconde, permet de constater son attitude au moment du franchissement de la ligne)

Les temps sont intégrés sur l’application CHRONOPERF (http://www.pro-eps.fr/site/applications/chronoperf/) sur les 2 distances 30m et 60m. les données sont saisies par les élèves.

La position de l’enseignant est externe aux dispositifs de prélèvement des données. Il s’agit pour chaque élève de prendre une responsabilité dans la saisie des résultats et dans l’organisation de la séance. C’est ce qui est défendu dans cet article très récent de Ludomag, une idée développée par Sophie Pène, sur la posture de l’enseignant et sa plus grande disponibilité dans la transmission de ses savoirs : http://www.ludovia.com/2014/11/reflexions-fonction-du-numerique-leducation/
Chaque étape du dispositif a fait l’objet ou fait l’objet d’une formation. La nécessité d’avoir un calme relatif au départ de chaque course en est un exemple, mettant bien en avant les apports progressifs du numérique dans l’évolution des élèves. Il en est de même pour la manipulation de la tablette comme chronomètre ou espace de saisie des temps provenant d’un autre périphérique.

Les données sont stockées au fil des séances, répertoriées sous forme de bilans de cycle ou de séances. Elles permettent un bilan immédiat sur le travail venant d’être effectué,mais également sur celui ayant été effectué. Cette capacité à comparer les résultats au regard des observations faites par l’enseignant et transmises aux élèves permet un premier niveau de conclusion.
A préciser, aucun des dispositifs ne nécessite de connexion et rend l’enseignant complètement autonome en dehors de toute forme de réseau. Cet aspect est essentiel pour un travail en mobilité devant permettre d’effectuer des bilans à chaud et également assurer la restitution des données aux élèves.

En l’occurence, une fois un réseau accessible, les informations contenues sur la tablette sont transmises en ligne sur un espace dédié (PRO-EPS : http://pro-eps.fr) où chaque élève va pouvoir s’identifier et accéder à ses propres réalisations, l’enseignant pouvant de son côté avoir accès à l’ensemble de ses élèves.

Du point de vue de l’élève, l’accès à son travail est organisé sous différentes formes afin de lui permettre de faire des étapes de comparaison au fur et à mesure du temps.

La conséquence inattendue, anecdotique, et pourtant significative d’un tel travail a été, lors de la première séance … d’oublier de rentrer ! Il y a un côté passionnant à expérimenter certains outils, et à l’usage, à les rendre efficients et pratiques dans le temps.

L’exploitation pédagogique de ce dispositif ouvre de nombreuses pistes dans l’autonomie, l’autoscopie et la capacité de l’enseignant à mettre en avant son savoir et ses compétences. Le travail demandé aux élèves reste celui d’une pédagogie et didactique en rapport avec les exigences de formation et d’éducation. Il s’adjoint toutefois des objets techniques de grande qualité et pouvant s’intégrer assez facilement dans un dispositif pédagogique. Il n’est pas question de s’engager dans la comparaison entre un travail plus classique et ce dernier, plus technologique, mais bien de montrer les plus-values de dispositifs s’invitant sur le terrain des pratiques physiques avec force et efficacité.

De nombreux autres exemples seront développés dans d’autres activités, l’écosystème PRO-EPS contenant à lui seul 17 applications à ce jour, offrant 23 applications au total, et s’adaptant à des usages de formes variées et différenciées.


Article publié le mardi 25 novembre 2014, par Martial Pinkowski